lundi 21 juillet 2014

Remords pour le lit de mort

Sur Facebook, je suis tombé sur un lien qui porte à réfléchir. Ça résumait ce qu’une infirmière a récolté de plus fréquent comme “regrets sur le lit de mort”.
Peut-être que mes cours de philosophie du Cégep ont fait grande impression chez moi, ou peut-être est-ce le film “La société des poètes disparus”.Chose certaine, je suis préoccupé depuis longtemps par le futur, et ultimement, la fin de la vie. Donc, ces regrets généralement partagés par les êtres humains sont susceptibles de m’aider à cheminer avec mon anxiété jusqu’au bout de cette merveilleuse randonnée en montagne qu’est la vie.
Voici donc le top 5 des confidences. J’y joins mes commentaries.
1-    J’aurais souhaité avoir le courage de vivre une vie fidèle à ce que je suis
En lisant ça, la première affaire à laquelle je pense, c’est à un homo qui passe sa vie dans le déni en se privant ainsi de séances de baises mémorables avec des gros bats bien shaftés et bien nervurés.
Sinon, autrement que pour les questions d’orientations sexuelles (sujet encore parfois tabou en 2014), pas mal tout le monde peut faire ce dont il a envie en autant qu’il ne provienne pas d’une ostie de famille de crinqués du genre: “J’étais médecin alors fils,tu seras médecin”.
Je n’aurai certainement pas ce genre de regrets plus tard.

2-    J’aurais souhaité ne pas travailler si fort
J’ai passé un sacré bout de temps, contre mon gré, à occuper des emplois où la charge de travail était nettement insuffisante pour le temps dont je disposais. Depuis quelques temps, je suis beaucoup plus occupé, mais pas de là à dire que je travaille trop fort pour savourer la vie. Évidemment, j’aurais des ostis de plus beaux souvenirs pour plus tard si je passais mes moments actuels à jouer au globe-trotter et à tirer des rhinoceros au Kenya ou à harponner le béluga ou une autre espèce en voie de disparition en Alaska. Mais personne peut faire ça, à part ceux qui gagnent à la loterie ou qui sont des enfants de putains de riches. Et encore là, les enfants de putains de riches reprennent souvent l’entreprise familiale et font comme leurs parents (toujours plus de cash et toujours moins de loisirs).
Pas de regrets à l’horizon pour moi encore une fois.

3-    J’aurais souhaité avoir le courage d’exprimer mes sentiments
Ma vie, du moins, les 10 dernières années, a été une succession de sentiments exprimés. Ça m’a souvent libéré et ça m’a parfois causé du tort. Ainsi, dans mon cas, je risque plutôt de dire: “j’aurais dû garder plus de sentiments pour moi”.
OK, au niveau des sentiments positifs, je pourrais faire mieux (dire à mes proches que je les aime), mais je pense que, lorsque je ne leur dis pas, je sais leur montrer.
J’aurai peut-être quelques légers regrets à ce niveau dans le futur, mais rien de trop lourd.

4-    J’aurais souhaité garder le contact avec mes amis
Ben oui, j’aurais souhaité garder le contact avec mes amis. J’aurais aimé ça, mais mes amis avaient mieux à faire!
Ça, c’est un des sujets de la vie qui me rend le plus amer, mais bon, ça prend au moins un motif d’amertume pour chaque être humain.
J’ai pas été plus rejeté ou plus abandonné qu’un autre. J’ai souvent flushé du monde avant même qu’ils ne me flushent. Mais y’en a d’autres qui ont perdu de l’intérêt pour moi et la relation s’est effacée tranquillement. Récemment, je pensais écrire un texte qui allait s’intituler : “Ces amis qui ne me manquent pas”. Et j’avais le goût de me lancer dans ce texte en nommant tous ces amis qui ne me manquent pas. Mais je suis tellement rendu une ostie de moumoune que je me serais dit qu’ils allaient pouvoir tomber là-dessus et vouloir me nuire dans la vraie vie après coup. Les chances sont pourtant infimes, mais c’est ça une moumoune. D’autres pourraient dire que je fais enfin preuve d’un peu de considération mais il n’en est rien.
La plupart des amis que j’ai perdu de vue ne me manquent pas. Pantoute. J’étais rendu au bout du rouleau de papier de toilette qui symbolisait notre amitié (au début, le rouleau est bien garni mais plus le temps passe, moins y’a de matière, et finalement, y’a plus rien). Y’en a quelques uns qui me manquent. Pas beaucoup. Mais sans doute deux ou trios. Ce qui me déçoit le plus là-dedans, c’est le manque de considération. Ce sont ceux qui se sont mis à chocker les invitations à repetition, ou bien qui m’ont laissé tomber à la dernière minute à plusieurs reprises. On a tous au moins un ami comme ça. Et quand c’en est un qui a de la valeur pour nous, ça nous rend amer.
Il faut se faire à l’idée: les amis vont et viennent.
J’aurai probablement quelques regrets à ce niveau. Mais je suis et serai possiblement surtout en osti après certains d’avoir fait leurs choix de vie (job et/ou blonde, bien souvent) en excluant le reste.

5-    J’aurais souhaité me permettre d’être plus heureux
Je suis pas particulièrement expressif. Plusieurs me qualifient de pince-sans-rire. Je suis pas non plus un grand jovialiste, et je trippe rarement comme un malade sur une activité.
Les moments où je suis le plus heureux? Quand je joue de la musique, quand je fais du vélo dans un endroit tranquille, quand je sors dans un bar et que je déconne. Je peux d’ailleurs déconner plus que 95% de la population, quand je suis motive. On pourrait donc dire que ce sont mes moments de liberté qui me rendent heureux.
Pour se permettre d’être heureux, faut se connaitre et savoir où mettre l’accent. Je me connais assez bien et je sais que je cherche davantage la connaissance ou la discipline que le plaisir dans la vie.
J’aime le fait de mieux maitriser d’année en année la façon dont fonctionne la planète. Je ne pense pas que ça me rend heureux, mais ça me rend satisfait. Je cherche donc plus à être satisfait qu’heureux. Je suis pas génétiquement programmé pour le bonheur doux et paisible. Je suis génétiquement programmé pour autre chose, c’est tout. J’accepte mes limites. Et ça me derange pas vraiment. Je suis bien avec ce que je suis, c’est juste que ce que je suis n’est pas particulièrement bien avec ce qu’est le monde.
Peut-être quelques regrets à ce niveau. Je sais pas trop. Je pense que je suis fidèle à ce que je suis donc si je devenais jovialiste ou un modèle de positivisme, j’aurais l’air fake en sacrament.
Donc voilà pour ce qui pourrait me trotter dans la tête sur mon lit de mort.
À condition bien sûr que je ne meure sur un lit de mort.

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