lundi 15 mai 2017

On the top of the world

Parfois, je me dis que je suis rendu "on the top of the world".

L'expression est nettement exagérée, parce qu'elle était utilisée par les grands groupes de musique des années 70 et 80 lorsque ces derniers ont été brièvement les groupes les plus populaires de la planète.

Je ne suis pas une superstar et je ne suis pas riche. Mais quand je regarde les statistiques salariales, je vois que je suis pas loin d'être dans le 5% le plus riche de la province.

J'ai une blonde, deux enfants, une maison, pas vraiment de soucis hormis des soucis de riche non liés à la survie. Mes parents sont encore vivants. J'ai quelques amis avec qui j'aime bien passer du temps.

Je regarde autour de moi pis je vois des gars et des filles dans la trentaine, avec une petite job, en appart, célibataires pis je me dis que je déprimerais en maudit d'être à ce niveau là, dans la trentaine.

Et malgré tout, je déprime parfois de ma vie, sans raison majeure. Pourtant, si on dressait le diagramme de ma vie, ça donnerait une courbe constamment ascendante, si on exclue bien entendu le fait que je sois maintenant un adulte et que ça implique un déclin à divers autres niveaux.

Je peux pas me plaindre, mais je fredonne régulièrement "I still haven't found what I'm looking for".

mardi 28 mars 2017

Bilan

Voilà presque 7 mois que je n'ai rien écrit. Et pis ça m'a rien fait. Je suis tombé dans l'oubli de moi-même et sans doute de tout le monde. C'est dans ce temps là qu'on voit si on a vraiment le goût d'écrire ou non.

Ai-je le goût d'écrire? Un peu. J'ai le goût de faire un bilan, d'abord et avant tout.

C'est une très bonne période pour moi ces temps-ci.

Travail: Ça a probablement jamais si bien allé pour moi au niveau du boulot depuis... depuis toujours je dirais. Je suis dans une situation où j'ai plein de possibilités de progression de carrière. Mais je me dis aussi que je n'ai jamais été aussi discret à propos de ma job que depuis quelques années et il y a peut-être un lien à faire. Faque je ferme ma yeule pis j'apprécie le moment. On verra si ça se concrétise, mais même si ça se concrétise pas, j'ai la paix. J'ai une bonne job, un bon salaire, je me sens respecté pis je sers à quelque chose. C'est déjà mieux que la majorité des gens et mieux que tout ce que j'ai connu avant.

Famille: On s'est trouvés une place en CPE pour le bébé pis ça m'égaie allègrement. Je pensais qu'on allait être pognés pour retourner dans le système des ostis de milieux familiaux de marde gérés par des idiotes qui ont lâché l'école en secondaire 3. On a été chanceux et je loue Allah pour cette bénédiction. Outre cet élément, tout va bien, à tous les niveaux de la famille: couple, enfants, soeur, parents... Mon gars en arrache un peu à l'école et on lui a diagnostiqué un léger syndrome d'asperger. Mais bon, aujourd'hui, tout le monde a un putain de diagnostic pour expliquer son état. Ça me stresse pas ben ben, en autant qu'il réussisse ses études.

Temps libres: Je traverse une passe de travail intense combiné à des responsabilités familiales assez importantes (j'arrive du travail à 18h, je mange, pis je fais un peu de devoirs avec mon gars, ou je donne le bain au bébé, ou autre chose). Je me ramasse à 21h, effoiré sur un divan ou dans mon autre lieu de prédilection à relaxer en regardant des vidéos de Jimmy Fallon ou d'un de mes groupes de musique préféré sur Youtube. Le temps passe très vite. Demain j'aurai 65 ans.

Amis: Les amis vont et viennent. Ça a toujours été comme ça et ça va continuer à être comme ça au moins jusqu'à demain (mes 65 ans). Les gens ne donnent pas beaucoup de nouvelles. J'en donne assez peu moi aussi. Je me fais des nouveaux amis au boulot. Ils changent de job: je ne les vois plus trop. J'ai toujours trouvé ça plate de voir que des relations s'estompent sans raison, mais c'est la vie. "Qui a piqué mon fromage" m'a enseigné la perte. Quel incroyable bouquin. Certains définissent leur vie comme un avant et un après l'arrivée des enfants. Dans ma vie, il y a eu un avant et un après "Qui a piqué mon fromage".

Justice: Le voisin de chalet de mes parents est mort récemment. Ce type était la pire charogne que j'aie connue dans ma vie. Des dizaines de personnes ont dû célébrer sa mort après avoir attendu ce moment depuis des années (ça a probablement l'air vraiment sale de dire ça comme ça pour un oeil externe). Il n'en demeure pas moins que le monde est vraiment un endroit meilleur maintenant. On va avoir un osti de break, bien mérité. Et j'espère vraiment que Dieu n'existe pas car cette pourriture ne mérite pas la vie éternelle.

Ça me semble faire le tour. Ça m'a fait du bien.

dimanche 4 septembre 2016

Éclair d'inspiration

Ça fait des années qu'on me dit assez régulièrement que des gens croisés au hasard me disent que je leur fais penser à telle personne (généralement un acteur) ou à un allemand ou à un australien. Bien entendu, dans 80% des cas, quand on me dit que je ressemble à quelqu'un, la personne à laquelle on fait référence, c'est Jean-Thomas Jobin. J'en parle depuis plus de 10 ans.

Ça fait que, des fois, je suis un peu tanné pis j'aimerais ça que la tournure de la discussion soit différente. Pour ça, faut avoir un éclair d'inspiration soudain, ce qui n'arrive pas si souvent. 

En fin de semaine, j'étais dans un bar et j'ai croisé un gars avec qui j'avais travaillé par le passé. Après avoir engagé la conversation avec lui, une fille qui le connaissait est venue nous voir et s'est adressée à moi:

Fille: "Hey, tu me dis quelque chose toi!"
Moi: "Ben oui, j'ai déjà joué dans Watatatow"
Fille: "Ah oui?"
Moi: "Oui, je jouais la blonde de Michel Couillard. Tsé, elle qui avait le Sida."
Fille: "C'était qui?"
Moi: "Prends ton cellulaire pis cherches "Watatatow Sida" pis tu vas trouver".

Et la fille a pris son cellulaire et a défilé tous les personnages de Watatatow pour trouver de qui je parlais. On n'a jamais trouvé, mais c'est pas grave.

Mention spéciale à la fille pour avoir embarqué dans l'histoire. 

vendredi 12 août 2016

Le bonheur

J'approche de la quarantaine et j'ai toujours pas trouvé le bonheur. Je l'ai trouvé nulle part, pis j'ai essayé quand même pas mal d'affaires dans ma vie. En tout cas, pas mal d'affaires dans mon cercle d'intérêts.

Une image circule sur Facebook. Un bonhomme dessiné sur un tableau demande à un autre, à propos de sa cruche de bonheur: "Où tu l'as trouvé?" et l'autre lui répond: "je l'ai fait moi-même".

C'est ça le bonheur. C'est dans tes gênes ou ben dans ta tête dès le départ ou pas. Cherches d'autres niveaux de la pyramide de Maslow si le bonheur est pas dans ton code génétique. Cherches la sécurité, l'accomplissement, le confort, l'aventure, la nourriture...

Dans les premiers jours de ma vie de papa renouvelée, j'ai découvert quelque chose par la simple observation: après un biberon, ma fillette dormait, l'estomac complètement rempli, le visage relâché, comme quelqu'un qui ne cherche plus rien dans la vie.

Et c'est alors que j'ai réalisé qu'on cherche le bonheur toute notre vie mais que des bébés naissants l'ont eux-même trouvé.

Le bonheur, c'est un bébé qui vient de finir son biberon.

Après, le bonheur, ça devient mal plus compliqué. 

jeudi 14 juillet 2016

Suivi post accouchement

Voilà deux semaines et demi que j'ai eu ma fillette. Voilà donc deux semaines et demi que j'ai un étrange beat de vie et des nuits entrecoupées.

Voici quelques observations que j'ai faites jusqu'à maintenant:

1- Comment un bébé fille peut-il se pisser dessus (sur le ventre et même jusque sur le menton) quand je lui change sa couche? Aussi, comment se fait-il qu'elle se pisse dessus environ une fois sur trois quand je lui change sa couche? Pourtant, je fais ça très vite. L'air frais sur les parties génitales stimulerait les mictions?
2- Une vulve de petite fille, ça ramasse le caca. Y'a donc ben des plis là-dedans! C'était pas mal moins compliqué avec mon garçon (qui ne se pissait pas dessus autant, également);
3- Un biberon de bébé naissant, ça a vraiment un faible débit. Un biberon de 120 ml de lait est parfois bu en une heure. Notez ici qu'un petit jus oasis contient 200 ml et que n'importe quel adulte peut boire ces petits jus en 15 secondes. Précisons également que malgré le faible débit des biberons, le bébé est bien capable de s'étouffer avec une gorgée de 2-3 ml de lait;
4- Je précise que si le précédent biberon de 120 ml est bu en une heure, c'est que le breuvage est interrompu par des cacas, rots et surtout, nombreuses siestes. Bébé boit 5-10 ml puis s'endort 10 minutes. Le rot est parfois long à venir donc ça peut prendre 10 minutes de plus avant de recommencer à boire (si le rot n'est pas fait, le régurgi n'est jamais loin);
5- Un bébé, ça sent toujours bon (le corps et la bouche). C'est merveilleux que la mauvaise haleine arrive plus tard.

Donc voilà, tout se passe bien pour moi, même si je traine continuellement un fond de fatigue. Ma belle petite fille est en forme. Le soutien à sa survie, c'est parfois pénible (surtout à 4h du matin) mais c'est temporaire.

Anyway, quand cette étape sera terminée, y'aura autre chose.

Y'a toujours autre chose. 

dimanche 12 juin 2016

La version

Jusqu'à tout récemment, je ne savais pas que ça existait, mais on peut faire une "version" à une femme enceinte. Ça consiste à prendre le bébé au travers du ventre et le revirer pour qu'il se présente dans le bon sens pour l'accouchement.

Il y a des vidéos de l'intervention sur Youtube. C'est rapide et pas compliqué. Mais ça marche pas tout le temps.

On avait une version de planifiée il y a deux jours. On nous avait demandé de nous rendre à l'hôpital à 8h. Ça ne me semblait qu'une formalité. Rapide, efficace et suivie d'un retour aux occupations habituelles.

Eh bien, on a tout d'abord eu une échographie pour voir si la version était toujours nécessaire. Tout d'un coup que le bébé serait maintenant dans le bon sens, tsé. Mais l'échographie était négative: le bébé était en position assise. Un parfait exemple de siège.

Donc on retourne dans notre minuscule pièce isolée par un rideau. On se fait dire que le médecin a deux césariennes à faire avant de nous voir. On brette là toute la matinée. Vers midi, on se fait emmener au salon d'attente (salon avec des divans et une télé). Vers 12h30, on se fait emmener dans la salle des césariennes pour que la version soit tentée.

Le médecin aidée d'une externe essaie pendant environ 10 secondes de tourner le bébé, mais ça ne marche pas à son goût. Donc il arrête tout.

Par la suite, une prise de sang doit être faite pour voir si le sang du bébé et de la maman ne se sont pas mélangés. On est encore à jeun. En fait, on est à jeun depuis qu'on s'est couchés la veille. Vers 2h30 de l'après-midi, on se fait dire qu'on peut manger enfin.

On attend encore 2-3 heures avant de se faire voir par deux externes qui nous annoncent l'air grave qu'ils ont trouvé quelque chose dans la prise de sang. C'est-à-dire du sang du bébé et de la maman et non pas seulement le sang de la maman. Qu'est-ce que ça veut dire? Que les choses vont mal ou qu'on va faire une césarienne d'urgence pour intervenir? On sait pas.

On reste sous observation encore un bout. Puis, finalement, vers 17h30, après s'être fait dire que tout était correct, on peut quitter l'hôpital mais il faut rester vigilant au cas où il y aurait eu un décollement placentaire (événement un peu ennuyeux qui peut entrainer la mort du foetus).

Pour moi, c'est ça une version: 10 secondes d'intervention pour 10 heures de présence à l'hôpital.

mercredi 1 juin 2016

30 jours

Je reviens après une longue absence. Reviens-je pour le long terme? J’en doute, mais je vais essayer.

Ça a été ma première longue période sans écriture depuis 10 ans. Et je ne peux pas vraiment dire que le blog m'a manqué. Mais je me suis quand même dit que ce pourrait être une bonne idée d'écrire quelques nouvelles traces de ma vie.



Je reviens dans une salle vide et je suis parfaitement conscient que ça va pas se remplir après un, deux ou trois textes. Ça se remplira probablement même pas avec 25 textes. Mais bon, il faut écrire pour soi, pas pour les autres.



La raison principale de ce retour est que dans 30 jours, à moins d’une bad luck incroyable de la vie, je serai père une deuxième fois. J’ai hâte. C’est long, une grossesse. Avec ce deuxième enfant, je vais avoir atteint mon but principal dans la vie (attention au punch) : avoir deux enfants.



C’est dur de prendre de la distance par rapport à soi-même, par rapport à ce qui nous manque vraiment et ce dont on est satisfait. Au quotidien, tout est comme une grosse bouillie abstraite. Un mélange d’émotions dont on est pas certain de la couleur dominante: de l’ennui, à la fatigue, au dégoût, à la satisfaction, à la rigolade, etc. On sait jamais trop trop pourquoi on se sent comme on se sent. On sent juste un vague malaise, ou une vague satisfaction. Et presque tous les jours sont comme ça.



C'est tellement une habitude de pas exactement connaitre notre niveau de satisfaction qu'il faut se concentrer pour l'évaluer. Et quand je le fais, je réalise que j'ai jamais rien voulu de plus qu'une famille avec deux enfants. 

Faque c'est ça sti. Je suis à 30 jours d'atteindre l'objectif de ma vie.