vendredi 18 octobre 2013

De l'autobus à la maison et vice versa

Voisinage
Je courais fébrilement jusqu’à l’autobus puisqu’il était 7h25 et que l’autobus passait à 7h27. Pendant que je sprintais, un char s’est arrêté à côté de moi. Au volant, c’était une mère et du côté passager, c’était une jeune femme de mon quartier qui prend parfois l’autobus avec moi. Notons ici que je vois ces deux personnes à l’occasion mais que je ne leur avais jamais parlé.
La fenêtre de la conductrice est baissée et les deux me font l’offre, un peu en panique, d’embarquer avec elles pour me rendre à l’arrêt situé environ 200 mètres plus loin (parce que la fille se fait reconduire par sa mère car elle est en retard elle aussi). Je les remercie mais décline l’invitation parce que ça nous ralentirait tous dans ce contexte où chaque seconde compte.
Le père de cette même famille m’avait aussi offert un lift cet été alors que je courrais encore jusqu’à l’arrêt (c’est pas compliqué, je cours 90% du temps depuis que je prends l’autobus, c’est-à-dire depuis 4 ans).
Toujours dans la catégorie : « gens qui me voient courir le matin jusqu’à l’arrêt », mon voisin  m’a offert un lift jusqu’à l’arrêt y’a quelques mois.
Finalement, une fille qui habitait en diagonale de chez nous m’avait offert un lift y’a 2-3 ans et si ma mémoire est bonne y’a même une inconnue qui m’avait offert un lift un matin y’a quelques années. Ça fait au moins 5 personnes qui ne me doivent rien qui m’offrent un lift (on peut peut-être soustraire mon voisin avec qui j’ai une relation amicale quoi que pas très fréquente).
Quand j’y pense, je me dis que, même si certaines de ces personnes mènent une vie vraiment plate, ce sont des osties de bonnes personnes.

Steeve
La même journée, vers 17h45, je venais de débarquer de l’autobus et marchais tranquillement jusqu’à la maison. Tout-à-coup, un char s’est immobilisé à côté de moi. Pratiquement au même endroit où les deux filles m’avaient offert un lift le matin même. Le conducteur baisse sa fenêtre et m’interpelle par mon prénom auquel il a ajouté le nom de famille Dubé (ce qui est erroné).
Je le reconnais grossièrement et lui répond par : « Collège de Lévis »? Il me répond par l’affirmative.
Mais c’est l’heure du retour à la maison pour bien des gens et il semble vouloir débuter une discussion, lui dans son char, moi dans la rue.  Y’a des autos qui passent proche de la sienne et même des gens qui le klaxonnent, mais lui, il veut jaser. Il a l’air complètement abasourdi à l’idée de me revoir :
« WOW! Mais j’en reviens pas!!! Ça fait combien de temps? 20 ans?? T'es né à la même date que moi hein! (on est nés le 16 mai tous les deux et je m'en serais jamais rappelé). Habites-tu dans le coin? Mais comment ça se fait que je t’ai jamais vu par ici? T’es une des premières personnes du Collège de Lévis que je revois en 20 ans!! Qu’est-ce que tu fais dans la vie? As-tu un crayon? Non, j’ai pas Facebook, mais je vais ajouter ton numéro sur mon cellulaire pis on ira jaser à un moment donné! »
Mon doux seigneur, sa réaction s’apparentait à un gars qui revoit son meilleur ami d’enfance lors d’une excursion en Antarctique, là où les chances de croiser une personne connue sont inexistantes. 
Lui, il était déstabilisé par la vue de ma personne, moi, j’étais déstabilisé par sa réaction. Parce que :
·         Bien qu’ayant été amis quelques mois en secondaire 1, on s’est assez vite distancés l’un de l’autre pis à la fin de l’année, on s’aimait pus pantoute et on s’est jamais vraiment reparlé par la suite;
·         S’il a pas revu de monde du Collège depuis 20 ans, y’a un problème à quelque part parce que plein de gens de l’école habitent encore dans la région de Québec. J’en croise au moins un par année, même si j’ai plus de lien amical avec personne.
·         Les chances qu’on se croise étaient assez fortes vu qu’il habite à St-Nicolas pis moi aussi. Il m’a dit : « Mais comment ça se fait que je t’ai jamais vu par ici? » et je lui ai répondu : « Passes-tu souvent par ici à cette heure là en auto? » ce à quoi il m’a répondu « Non ». Ouin, ben tu l’as ta réponse.
·         Notons que le Collège de Lévis est situé à 15 ou 20 km de nos demeures respectives, ce qui est loin d’être à des années lumières. Bref, ce qui fait en sorte que de me revoir moi ou n’importe quel autre ancien élève apparait fortement probable d’un point de vue statistique.
Mais bon, outre sa réaction un peu démesurée, il était bien sympathique. Il avait un beau char avec un moteur V6 pis il m’a dit être chargé de cours à l’Université, avec un doctorat en poche. Après qu’il ait pris mon numéro, je lui ai serré la pince. Pis, croyez-le ou non, j’ai reconnu sa petite main rugueuse. J’imagine que je lui avais serré la main au secondaire. Comme une odeur d’école primaire ou bien une ambiance de corridors remplis de casiers, j’ai reconnu sa main rugueuse.
Pis étrangement, j’ai pas été tenté de lui donner un faux numéro.  Je sais pas s’il va me rappeler. Peut-être que rendu chez lui, il a pris ses pillules pis qu’il est revenu à la normale.

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