mercredi 30 mai 2012

Dérives

J'ai lu le livre de Biz, le séparatiste de Loco Locass, au sujet de sa dépression post-partum. Ça s'appelle « Dérives ».

Le champ lexical rappelle les chansons de Loco Locass : on y retrouve une pléthore de termes lus/entendus à peine une fois par année par le québécois moyen. Parfois, Biz nous plogue un « câlisse » ou un « tabarnak » pour nous montrer qu'il est capable d'être à la fois élitiste et proche du peuple en un seul et même livre. Étrangement, on est content quand le « câlisse » arrive parce qu'on n'avait jusque-là pas grand-chose de familier auquel s'agripper.  

Grosso modo, le roman est l'histoire ordinaire d'un gars ordinaire qui se réfugie dans son lit, incapable de faire face à son nouveau rôle de père et à sa réalité qui le déprime et l'ennuie. Les chapitres sont séparés par une allégorie sur un gars qui navigue seul dans un marais et qui se retrouve face à sa potentielle mort (au bout de sa déprime). Peu friand des paraboles, j'ai fini par sauter ces chapitres afin de me concentrer sur la vraie histoire, laquelle se lit en 30 minutes.

Je me suis demandé si Biz (j'aimerais bien pouvoir l'appeler par son vrai nom parce que je me sens pas confortable à l'idée d'appeler ce type par son nom d'artiste) vivait réellement une dépression post-partum ou si c'était une dépression comme tant d'autres causée par une accumulation de frustrations et/ou  un mal de vivre.

Un passage du livre revient sur Dédé Fortin, le « magnifique samouraÏ » qui s'était battu pour la patrie et s'était suicidé en partie à cause de l'échec du référendum de 1995. On revient aussi sur la désillusion de René Lévesque suite au référendum de 1980. Les souverainistes déçus se suicident ou meurent à petit feu à cause de leur mission impossible, dirait-on. Ça semble indiquer que Biz traine lui aussi un invivable boulet de Canadien contre son gré.

C'est bien beau avoir des convictions (en fait, non, c'est pas si beau que ça), mais faut en revenir des ostis de référendums. Achetez-vous un chien si vous êtes séparatistes. Vous avez ben plus de possibilité de faire votre bonheur avec ce sur quoi vous avez une emprise directe qu'à partir de grands idéaux qui dépendent de millions d'autres personnes. 

3 commentaires:

  1. Si d'avoir un enfant ne lui a pas permis de trouver son bonheur, ça m'étonnerait qu'un chien le fasse! Personellement j'en ai assez de ce débat référendaire. Quelle que soit mes convictions, j'en ai assez d'en entendre parler. Y a des choses plus importantes/urgentes à régler et c'est pas vrai que la séparation va nous permettre de tous les régler...

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    1. En fait les gens peuvent être séparatistes comme ils le veulent, mais si c'est tellement important que ça rend dépressif ou suicidaire, y'a un méchant problème de priorités...

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