mardi 24 janvier 2006

J'ai gagné mes élections

Même si à peu près tous mes collègues de la fonction publique semblent avoir la face longue et être en deuil, je me réjouis du vote des gens de la région de Québec qui ont opté pour le Parti Conservateur.
Ça prouve qu'à Québec, on est pas mal plus distincts que le reste du Québec pense qu'il l'est. Je suis fier d'être Québécois, mais pas Québécois provincial. Québécois régional (418).

vendredi 9 décembre 2005

Quand on est dûs pour du changement

Aujourd'hui, 9 décembre 2005, j'apprenais qu'on m'offrait un poste ailleurs dans l'appareil gouvernemental. Si tout va comme prévu, dans un mois exactement, le 9 janvier 2006, j'irai travailler pour un autre organisme que je tairai (car il y a toutes sortes d'ostis de caves sur internet) mais que je divulguerai à ceux qui m'en feront la requête.
 
Après avoir grandement contribué à la création et à l'effondrement d'une belle gang d'amis (je suis un rassembleur ET un destructeur), après avoir participé à l'élaboration de plein de petites traditions avec les collègues de travail, j'ai commencé à être de plus en plus blasé par rapport à tout ce qui m'entourait. Un des éléments centraux de mon écoeurement actuel est certainement la venue d'un nouveau gestionnaire qui a tassé assez peu cavalièrement le précédent (que j'aimais beaucoup et pour qui j'avais beaucoup de respect). 
 
Les conneries du nouveau gestionnaire, ainsi que toutes les personnes dont il s'est entouré m'ont vite fait réaliser que je ne pouvais qu'être de plus en plus ignoré et de plus en plus plongé dans un paquet de dossiers sans queue ni têtes mis de l'avant par un gars douteux qui n'a aucun talent pour rassembler les gens et créer un climat positif.
 
Et en parallèle, tout plein de gens autour de moi se sont mis à goûter ce que la vie goûte durant les grises journées de novembre, c'est-à-dire à peu près rien. Pas de chicanes, pas de conflit, mais simplement une impression grandissante que la plupart des gens qui m'entouraient étaient de parfaits fonctionnaires, mièvres et sans relief. Suis-je mieux avec mon côté corrosif? Peut-être pas, mais je fais plus un constat qu'une critique ici...
 
Et quand je songe à mon départ prochain, ça me fait quelque chose, après tout j'aurai quand même passé trois années et demie de ma vie ici. Je suis persuadé que je ne retrouverai pas la gang que j'ai eu ici dans mon futur lieu de travail car la formation de cette gang a été réalisée dans des circonstances particulières qui ne devraient pas se reproduire.
 
Mais que voulez-vous, quand on trouve que son boss n'a pas d'allure, que l'ambiance qu'il impose fait son chemin dans le moral de l'équipe (et particulièrement mon moral à moi), que les journées deviennent de plus en plus lourdes et que même nos propres amis ont perdu presque toute leur saveur, je ne pense pas que demeurer les pieds dans le puisard puisse être une idée lumineuse.
 
Peut-être m'en mordrai-je les doigts dans quelques mois. Mais pour l'instant, j'ai la ferme impression que je suis rendu là. Et j'ai annoncé à ma future boss que j'acceptais son offre, et à mon boss actuel que je m'en allais, donc je ne devrais pas reculer.
 
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Pour l'instant, je m'en vais à mon party de Noël. Et personne ne saura rien de mon départ car ça ne saurait rien ajouter de positif à l'ambiance. Mais je vais tâcher de bien m'éclater dans ce qui sera mon party de départ, en quelque sorte, même si personne d'autre que moi ne sera au courant.

vendredi 11 novembre 2005

André Boisclair

Comme Caro me volait mon idée du suicide dans son récent billet sur son blog, j'ai décidé de lui voler son avant-dernier sujet (André Boisclair), en lisant les commentaires de certaines personnes qui se sont manifestées sur son blog.
D'entrée de jeu, je suis toujours épaté de voir à quel point les péquistes ont le pardon, la miséricorde et surtout la déification facile pour leurs messies.
On n'a qu'à penser à René Lévesque qui avait tué un piéton en étant ivre au volant et qui est maintenant vu par plusieurs comme le plus grand prophète depuis Abraham et Moïse.
Maintenant, c'est au tour d'André Boisclair qui a sniffé de la coke d'être considéré comme une pauvre victime, qui n'a eu que quelques écarts de conduite, comme tout le monde, lors de sa "jeunesse" (car pour un militant péquiste, on peut extensionner la définition de "jeunesse" jusqu'à la trentaine, et jusqu'à l'occupation d'un poste de Ministre au sein d'un gouvernement). D'ailleurs, ce cher Boisclair y est allés de quelques interventions pathétiques tentant de sous-entendre que le ou les joints fumés par Jean Charest lors de l'adolescence de ce dernier étaient tout aussi incriminants que les lignes de coke qu'il avait sniffées il y a 7 ou 8 ans.
 
Quelqu'un est capable de m'expliquer le parallèle?
 
Mais on peut compter sur nos artistes pour venir à la défense des icones de la souveraineté et pour contribuer à agir sur l'inconscient collectif en créant une auréole de pureté au-dessus de la tête des politiciens qui épousent les causes qui leur sont si chères (i.e. la sempiternelle indépendance). Luck Mervil, Daniel Boucher, Loco Locass et Dan Bigras seront toujours là pour venir à la défense des minorités opprimées.
D'ailleurs, quoi de mieux qu'un cokeux-gai pour représenter les minorités?
 
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Et le Québec, c'est aussi ça:
 
Hier soir, en bon québécois moyen, je végétais devant la télé avec mon sac de biscuits et je me suis surpris à écouter la fin de Star Académie. C'était une émission "honorifique" où l'on remettait une grande quantité de prix et de bourses aux participants de l'édition 2005. J'ai surtout retenu le prix remis au roux (dont je n'ai aucune idée du nom) pour la qualité de son français. Ce dernier a déclaré, en recevant son prix:
"C'est vrai que je fais attention à la façon que je parle."
 
Qu'est-ce que je pouvais faire d'autre que de partir à rire en entendant ça?

mardi 11 octobre 2005

Ravages cérébraux causés par la politique

Hier soir, je reçois un appel d'une fille du réseau contact (eh oui, je suis un cyber-cruiseur) pour jaser de tout et de rien. Outre le fait que la fille avait assez peu de discussion sur MSN, je me suis dit qu'elle était peut-être bien sympathique de vive voix, alors, tentons le coup.
Dès les premières phrases échangées, je ne suis pas tout à fait réjoui par la façon de parler de la dite fille. Je la trouve un peu pédante sur les bords, pas tout à fait la définition de simple qui me tient tant à coeur chez les gens que je côtoie, garçons ou filles.
  • Ensuite, la fille est surprise que je vienne de la rive-sud (pourtant mon numéro de téléphone est assez explicite là-dessus, pour un esprit moindrement allumé sur les régionalismes téléphoniques dans la région de Québec). Et puis elle y va d'un raisonnement puant comme quoi les gens de la rive-nord ne viennent pas sur la rive-sud et les gens de la rive-sud ne vont pas sur la rive-nord, et qu'elle n'a pas l'air d'avoir le goût de connaitre de gens sur la rive-sud... What the fuck?? C'est sûrement pas toi qui a écrit le livre "Débutons une relation avec un peu d'optimisme" ma grande...
  • Elle est surprise que je n'aie que 26 ans (pourtant c'était écrit sur ma fiche).
  • Elle me dit qu'elle a une personnalité forte mais qu'elle est ouverte d'esprit, sauf en politique. Alors là je lui dis, "Toi, tu dois être une péquiste hein?" et elle d'être toute étonnée de ma déduction: "Comment t'as fait pour savoir?". Pas ben ben dur ma chère: T'as l'air d'une bourgeoise qui méprise la banlieue, tu parles comme une prétentieuse au-dessous de tout, t'as l'air de te tenir quasi-exclusivement dans le centre-ville, dans les petites soirées culturelles ou les petits bars branchés, et puis t'as l'air d'avoir une approche dévote envers la politique.
Le portrait que je viens de dresser, c'est celui des gens que je déteste le plus sur la surface terrestre. Les gens qui vivent dans un univers clos, dans le dogmatisme et le fanatisme idéologique et politique.
Oui je suis un gars avec des idées excessivement arrêtées et drastiques (parfois), mais j'ai absolument aucun problème à jaser avec des gens qui ont des opinions divergeantes aux miennes, en autant qu'ils aient une argumentation intelligente et surtout, du respect pour mon point de vue.
La seule idéologie politique qui s'attaque au cortex cérébral est le péquisme. Pas dans tous les cas, mais un péquiste pur et dur sera toujours beaucoup plus près d'un malade mental qu'un adéquiste ou un libéral pur et dur.

mercredi 14 septembre 2005

Un trèfle à quatre feuilles

Ma réponse envoyée à Émilie. Il y a environ 2 minutes. Ça m'a fait beaucoup de peine de peser sur "send", mais je n'avais plus le choix.
 
Chère Émilie,

Cette fois-ci, ça ne prendra pas un mois ou deux avant que je te réécrive.

J'écrivais justement à propos de toi ce matin, à certains lecteurs imaginaires. Je savais que ton délai de réponse arrivait à sa fin et que j'aurais un message de toi dans les prochains jours. Ça a tombé aujourd'hui même, ce qui prouve que je suis assez bien "plogué" sur l'inconscient collectif de l'humanité...

Pour résumer, je disais à peu près que t'avais été pour moi comme un trèfle à quatre feuilles dans un champ de pissenlits ou, au mieux, de trèfles à trois feuilles. Je ne sais pas si tu saisis tout ce que je veux dire par là, moi en tout cas, je vois très bien le poids de l'analogie. En fait, c'est tellement lourd de sens que c'en est épeurant, pour moi.

Je ne suis jamais resté accroché après aucune fille avec qui je suis sorti dans ma vie. Cette fois-ci n'y a pas fait exception. Mais l'idée de ta compagnie, la complémentarité, elle, j'y suis resté accroché et j'y resterai probablement longtemps accroché. Une personnalité qui fitte avec la mienne à ce point là, ça ne se présente pas à tous les coins de rue. Je me demande même si ça se présente dans le même code régional...

Tu me pardonneras, mais il n'y aura plus de suite, simplement parce que notre relation est devenue pour moi comme un chemin trop peu entretenu, ce qui n'est pas l'ombre de ce que j'aurais souhaité. Encore une fois, il n'y aura pas de reproches, car dans ce fantastique monde de l'internet, certaines choses ont pu être mal interprétées et donner l'impression que c'était moi qui n'avait pas d'intérêt à poursuivre quoique ce soit. Mais dis toi que parmi toutes les filles avec qui je suis sorti, tu es une des seules dont je ne me suis pas sacré par après. Et probablement la seule dont je me rappellerai toujours avec un pincement au coeur, en espérant pouvoir revivre quelque chose de comparable un jour. Tu es maintenant devenue une référence, un niveau difficile à atteindre mais que je chercherai toujours à égaliser...

J'espérerai toujours le mieux pour toi.

xxx

Patrick

Synchronicité

Croyez-le ou non, j'avais vu juste. C'est quasiment incroyable en fait, mais aujourd'hui même, Émilie m'a écrit. J'avais raison de réfléchir à ça ce matin hein? Voici le email en question. Vous verrez toute la candeur à laquelle je faisais référence. Ça me fait toujours aussi drôle de recevoir un email d'Émilie, même quand je vois qu'il y a aussi peu de révélation...
 
Hé, hé! Coucou vieille branche!
La vie est belle? La mienne toujours autant. Je suis moi aussi désolée du délai de réponse, mais j'ai pas vraiment de bonne excuse, je suis juste submergée de millions de trucs! Fidèle à moi-même, j'ai un horaire toujours aussi rempli même si j'ai moins de cours qu'avant, il y a quelque chose qu'il faut qu'on m'explique! Mais je m'amuse bien dans tout ça, c'est ce qui compte...

Or donc, mon été a été (eurk, horrible... une phrase qui avait si bien commencé!) des plus palpitants, mon stage m'a tellement apporté, j'ai pris du soleil, j'ai voyagé un peu (je suis allée dans ce pays qu'on appelle le Canada), j'ai profité de ma famille, de mon temps...
 
Je suis pas mal installée dans mon appart, ma petite soeur se cherche un job à temps partiel (2e acitivité principale après le sommeil). Je suis quand même fière de comment l'année commence pour moi, ça annonce du positif.
À part cela, ben j'attends de tes nouvelles et je visiterai ta maison quand bon te semblera!
 
Ciao
Emilie
XXXX
 
P.S.: Au lieu de se faire un souper ordinaire, on pourrait manger de la fondue au chocolat...

I won't back down

Je voudrais parler un peu d'Émilie.
 
Ça me consterne depuis quelques temps. Je vais bientôt couper les liens pour toujours avec elle. Je n'attends qu'elle me réécrive une dernière fois (ça devrait approcher, selon mes calculs), un de ses petits emails candides et désinvoltes, pour lui répondre que je suis excessivement déçu d'en faire le constat, mais notre relation n'est pas l'ombre de ce que j'aurais espéré et qu'on se ment à nous-même si on pense que ça s'en va à quelque part.
 
Je suis sorti avec elle il y a environ un an (octobre-novembre 2004). Ce fut une de mes plus brèves relations, mais assurément la plus intense de toutes. En Émilie, je trouvais à peu près tout ce que je cherchais chez quelqu'un du sexe opposé: une belle fille, excessivement intelligente et cultivée, déniaisée, très simple, dynamique et sympathique. Je me rappelle lui avoir dit quelques fois que c'était la première fille pour laquelle je ne voyais pas de "oui mais" de toute ma vie (exemple: "Elle est ben belle, oui mais, elle a pas grand chose à dire"... ou vice versa).
 
J'ai été conscient dès les premiers instants de la rareté et de la valeur d'une personne comme elle, moi qui est habituellement plutôt avare d'éloges envers les gens...
 
Pour une série de raisons que je n'énumèrerai pas, ça s'est terminé par une belle journée de la fin novembre. Je n'ai pas pleuré, je ne me suis pas morfondu, mais j'ai été excessivement déçu et je le suis encore aujourd'hui. Le sentiment persiste parce qu'elle a voulu garder le contact, mais de façon tellement... innocente (dans le sens de faire comme si tout allait bien et qu'il n'y avait jamais rien eu de négatif entre nous, tout en écrivant des petits messages superficiels styles "Tout va bien mais j'ai mal aux pieds car j'ai trop marché!"). J'aurais espéré quelque chose de plus substantiel, de plus "tu n'es plus dans ma vie, mais tu es quelqu'un avec qui j'aime jaser de tout et de rien, donc restons de bons amis." Quand ça s'est mis à me prendre 2 semaines ou un mois pour lui réponde (parce que la rupture était fraiche et je n'avais pas le coeur à écrire que tout va bien à quelqu'un qui venait de me domper), elle a égalisé le délai. Les échanges (superficiels) ont pris la fréquence d'un message par mois ou par deux mois.
 
Très, très décevant...
 
Pas parce que je suis toujours en amour (ce qui est passé est passé et si elle n'était pas heureuse avec moi, aurais-je été plus avancé?), mais simplement parce qu'une personnalité comme ça combiné au charme qu'elle avait, c'est excessivement rare. C'est comme avoir à trouver à nouveau un trèfle à quatre feuilles: on ne sait pas trop combien de temps ça va nous prendre, mais on est certains qu'on en a pour un bon bout de temps, et peut-être même toute sa vie, avant de trouver l'équivalent.
 
Comment pourrais-je me contenter de moins maintenant que j'ai connu ça? Comme le dirait Tom Petty dans sa toune du même nom : "I won't back down". Et c'est peut-être ce titre de toune qui me rend la vie si pénible... Si seulement j'étais capable de tomber éperduement en amour avec n'importe qui comme bien des gens. 
 
Mais ça me prendrait une sérieuse lobotomie pour ça.