mercredi 18 juillet 2007

Musique et suicide

Hier soir, je me suis à nouveau rendu à Québec pour jouer un peu de musique. Comme mon sous-marin Subway m'avait coûté 8,19$, je me devais de récolter au moins cette somme pour rentrer dans mes frais.

Arrivé sur place, je vois que le guitariste de flamenco (qui m'avait serré la pince en mai) est à mon spot habituel. Je lui demande poliment s'il en a encore pour longtemps. Il me répond qu'il devrait partir dans 15 minutes. Je profite de ce léger délai pour me diriger vers le cimetière anglais, juste en arrière, pour accorder ma guitare. Je passe donc les 15 prochaines minutes dans ce lieu étrange. Après l'accord de ma guitare, j'ai un peu de temps libre pour contempler la décrépitude humaine dans toute sa splendeur: un gars est couché en dessous d'un banc de parc à 17h30. Il doit être complètement défoncé au crack ou à l'héroine. C'est de toute beauté. Dans un autre coin du cimetière, un gars est en train de remettre ses culottes et de remonter son zipper. Vient-il de pisser dans le cimetière?

Je suis donc là, debout, à regarder tout ce monde là autour et à me demander dans quelle dimension je suis rendu. Probablement qu'ils pensent que je suis un enquêteur de police déguisé en musicien de rue qui les étudie pour les inculper...

Heureusement, le guitariste de flamenco ramasse bientôt ses affaires et je me précipite vers le spot laissé libre, comme un vautour. Pendant qu'il ramasse ses affaires, j'en profite pour jaser un peu avec lui. Il est bien sympathique et il me parle de ses moyennes de récoltes. Ça semble ressembler pas mal à ce que je me fais moi aussi (10 ou 15$ en moyenne). Par contre, son plus gros billet reçu en est un de 20$ alors que pour ma part, mon plus gros don fut de 5$.

La soirée se déroule plutôt bien. Je me rends compte que ma nouvelle toune de Cat Stevens pogne pas mal chez les passants ("On the road to find out") et je me devrai de l'apprendre par coeur au lieu de répéter toujours les mêmes lignes à l'avenir. La soirée commence une fois de plus en puissance pour devenir comateuse après environ 30 minutes. Puis, après au moins une heure de tranquilité excessive, les passants recommencent à me donner un peu d'argent (ce fut sans contredit ma soirée où le nombre de dons - pas le montant total - fut le plus élevé depuis le début de la saison 2007).

Je terminerai ma soirée avec 16,25$ dont beaucoup de petite monnaie cette fois. Et j'aurai joué de 17h30 à 19h45 environ.

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En revenant chez moi, ma mère m'a appelé pour m'annoncer que Maxime, mon ancien voisin de St-Rédempteur, s'était suicidé tout récemment. Pauvre Maxime. Je ne l'avais pas revu depuis des années, mais ça me peine de savoir qu'un jeune diplômé en ingénierie, qui venait de terminer son baccalauréat, ait décidé de s'évaporer comme ça dans le néant. Ce qui me trouble le plus, c'est qu'il était plus jeune que moi et que je gardais le souvenir du petit gars de 6 ou 7 ans qu'il était lorsqu'il est déménagé. Bref, pendant une partie de la soirée d'hier, j'ai eu l'image d'un garçon de 7 ans aux cheveux frisés qui décide de s'accrocher après une poutre de sa cave parce qu'il vient de réaliser toute l'étendue de l'absurdité de l'existence. Salut mon garçon.

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