La semaine dernière, je me réveillais en pensant à Philippe. Je ne sais
pas pourquoi je pensais à lui comme ça puisque ça ne m’arrive que
rarement.
Mon sentiment était flou car ça se passait durant la
période entre le sommeil et l’éveil. Mais je me rappelle avoir été
triste ou mélancolique. J’imagine que je ressentais qu’il avait été mon
meilleur ami et que je n’avais toujours pas réussi à le « remplacer »
par quelqu’un avec qui j’aurais pu être aussi connecté.
Bizarrement,
en soirée de la même journée, je tombais presque face à lui au Club
Price. On ne s’est pas parlés et on ne s’est pas regardés directement
mais je suis persuadé qu’il m’a vu avant de tourner dans son allée. Le
hasard ne l’avait jamais mis sur mon chemin au cours des 10 dernières
années, mais la journée même où je pensais à lui, on se croisait.
C’était pas mal spécial...
C’est comme ça que ma vingtaine avait
commencé : en perdant mon meilleur ami. Il venait de se faire une blonde
et, comme lors de sa précédente histoire d’amour, avait arrêté de me
donner signe de vie de façon abrupte.
Histoire de ne pas aider
les choses, j’avais composé avec Dominic, notre ami commun, une chanson
intitulée « Fucking Brain ». Cette dernière faisait référence au
qualificatif employé par un militaire saoul rencontré dans un bar de
Québec pour décrire Philippe (à cause de son parcours scolaire).
Sans
la chanson, c’eut été terminé de toute façon parce que je n’aurais
peut-être revu Philippe qu’une fois par 3 mois et je ne l’aurais pas
pris. Mais je sais tout de même que Philippe n’a pas apprécié la chanson
(pas particulièrement élogieuse, mais pas vraiment méprisante non
plus). Histoire de ne pas m’aider, j’imagine que Dominic lui a dit que
j’avais tout composé moi-même ou que les passages les plus « durs »
étaient de moi. De toute façon, pour ce que ça a pu changer à
l’histoire…
Bien que je ne pense pas à Philippe à tous les jours
et que cette histoire ne hante pas mes nuits, elle a une importance
majeure dans ma vingtaine et dans la vision de la vie que je me suis
forgée. C’est avec cette tranche de vie que j’ai compris que tout
pouvait se terminer n’importe quand avec des gens chers à mes yeux.
Ma
vingtaine se termine aujourd’hui. Je me rends compte que je traîne
cette histoire là depuis 10 ans, de façon latente. Ce n’est pas un nuage
qui reste en arrière-plan lors des moments heureux, mais ça contribue
sans doute, en partie, à ma vision de la vie. J’ai connu d’autres
histoires du même type au fil des années qui ont suivi. Ce cas là a été
le premier et le plus important de tous, cependant.
Enfin, je ne
suis pas malheureux d’en arriver à 30 ans. Je me rappelle que, lorsque
j’étais plus jeune, (entre 18 et 22 ans, environ), le fait de vieillir
d’une année me déprimait. J’avais l’impression de ne pas en être rendu
au point où j’aurais voulu. J’avais la même vision que la plupart des
jeunes de 15-16 ans à propos de l’âge adulte : être casé à 18-19 ans,
avoir des enfants pas trop vieux, avoir une bonne job parce que je ne
suis pas n’importe qui, etc.
Aujourd’hui, je sais que la seule chose qui est importante, c’est de faire de son mieux dans tous les aspects de notre vie.
Je
pense que les plus belles années de ma vingtaine ont été les dernières.
À quelques exceptions près (exemple : la moitié de l’année où j’ai eu
28 ans), j’étais beaucoup plus heureux à 29 ans qu’à 21 ans. Plus on est
conscient de nos propres limites et de celles des autres, moins on est
déçu. Je crois qu’on ne devient vraiment lucide là-dessus que vers 25-26
ans. Pas au début de la vingtaine en tout cas. Je ne retournerais donc
pas en arrière, et pas seulement pour une question de lucidité.
J’ai
souvent pensé que la vingtaine était la période de la médiocrité, celle
où le béton figeait et où les gens limités le devenaient pour de bon.
Je crois encore que c’est applicable pour un certain nombre, soit ceux
pour qui la vie se résumera toujours à la blonde, l’auto et le travail.
J’ai sûrement pris certains mauvais plis au cours de ma vingtaine, mais
certains aspects de ma personnalité dont je suis le plus fier ont été
développés au cours des dix dernières années.
Ce dont je suis le
plus fier c’est d’être devenu une personne avec des intérêts étendus. Je
joue de la musique dans la rue (depuis 2005) mais je m’intéresse à la
bourse (depuis 2008). J’aime la science (depuis toujours), mais je fais
du vélo (surtout depuis 2001). Je me fais un potager (depuis au moins 10
ans) et j’ai un blog (depuis 2005). Je fais du kayak sur le fleuve
(depuis 2009) et je suis abonné à la bibliothèque (depuis 2003?). Je
pense être assez fonceur et avoir plus d’audace que la majorité des
gens. Je suis capable d’analyser les événements de la vie à ma façon,
sans reprendre le mode de pensée d’un journaliste, d’un artiste ou d’un
quelconque leader.
Le fait que je sois ainsi ne mérite pas
d’éloges, ne sauve la vie à personne et ne donne pas de sens à
l’existence de qui que ce soit, excepté à la mienne. Mais à défaut
d’être une vedette ou une personne importante, je n’ai pas l’impression
d’être une personne « moyenne ». Et je crois que c’est au courant de ma
vingtaine que j’ai développé une partie appréciable de ce qui fait de
moi une personne à l’aise avec ce qu’elle est.
Comme son nom l'indique, Penetrator s'adresse d'abord et avant tout aux jeunes enfants.
vendredi 15 mai 2009
jeudi 30 octobre 2008
Bouba décide d'investir en bourse
La semaine dernière, Patate
a réagit à mon texte traitant de la bourse en disant que je devrais
parler plus souvent d'économie que de politique. Je lui aurais répondu
exactement la même chose si je n'essayais pas de maintenir le peu de
bonnes relations que j'ai avec certains blogueurs...
Mais enfin, comme j'ai acheté ce matin les premières actions de ma vie, j'ai décidé de revenir sur le sujet pour me convaincre que j'ai fait un bon "move" et aussi, pourquoi pas, pour faire un résumé de ce que je sais sur ce monde encore nouveau pour moi. Que ceux qui ont des connaissances plus poussées se sentent libres de corriger certains éléments ou d'apporter leur grain de sel en commentaires.
Afin d'illustrer ce qui s'offre aux petits épargnants, je prendrai en exemple Bouba, fils de dictateur africain récemment arrivé au Québec et désirant faire fructifier ses avoirs personnels.
Bouba a 5 000$ dans son compte. Comme à peu près tous les petits épargnants, Bouba n'aime pas le risque. Il décide donc de prendre un placement garanti à la caisse populaire et reçoit, pour ses 5 000$, un taux d'intérêt annuel de 2% (à peu près ce qui est offert actuellement sur les marchés). Comme les intérêts reçus pour un placement sont imposables en totalité, le rendement après impôt du placement n'est que d'environ 1%. Considérant que l'inflation annuelle normale est de 2%, les 5 000$ de Bouba offrent en réalité un rendement négatif de -1%! Bref, Bouba perd de son pouvoir d'achat en laissant son argent sous forme de placement garanti à la caisse populaire. Bouba se fait donc vigoureusement baiser par le système, mais dort tout de même sur ses deux oreilles puisque son placement est garanti et qu'il ne court aucun risque de perdre son montant ainsi placé.
Bouba pourrait aussi opter pour un fond commun de placement qui offre des rendements supérieurs aux placements garantis. Par contre, en optant pour ces fonds, Bouba doit savoir que les gestionnaires de fonds se gardent une bonne commission qui n'est pas apparente pour ceux qui font l'acquisition de ces dits fonds. Les spécialistes le disent presque tous: les fonds communs de placement sont un outil pour les petits épargnants peu avisés. Le grand financier Montréalais Stephen Jarislowsky écrit également dans son livre que de 33% à 40% du rendement des fonds communs de placement se retrouvent dans les poches des gestionnaires de ces fonds. En bref, si vous constatez que l'accroissement de la valeur de vos fonds a été de 10% cette année, c'est qu'elle était en fait de 14% et que 4% de votre rendement a servi à enrichir d'autres personnes. De plus, ces fonds sont assez risqués par rapport au rendement effectué et ne versent aucun dividende. Je précise que je détiens des REER en fonds communs de placement et que je me ferai le devoir de les liquider lorsque le marché aura remonté suffisamment.
Bouba pourrait aussi investir ses 5000$ dans la jungle de la bourse. Mais Bouba a peur car la bourse est remplie de milliers de créatures avec des noms étranges et des comportements imprévisibles. Par contre, si Bouba investit dans une compagnie établie et diversifiée, offrant des perspectives de croissance intéressantes, offrant un dividende intéressant, étant bien gérée et N'ÉTANT PAS DANS UN DOMAINE CYCLIQUE OU ENCORE UN DOMAINE OÙ LA CROISSANCE EST EXAGÉRÉE, il a d'intéressantes chances de faire un bon coup. Toutes les bulles finissent par exploser et il faut à tout prix éviter de faire l'acquisition d'actions relatives à des phénomènes de "modes" passagères. Il faut donc choisir un secteur non-cyclique et pas artificiellement gonflé. Il faut aussi privilégier les actions qui offrent des dividendes (qui sont en quelque sorte une compensation monétaire versée aux actionnaires). En effet, pourquoi devrait-on financer une entreprise en lui prêtant notre argent si cette dernière ne nous donne rien en retour (rien d'autre qu'une possibilité d'accroissement de la valeur de l'action)?
Par exemple, Bouba pourrait acheter des actions de la Banque Scotia. Cette banque est en affaires depuis plus de 150 ans (ses risques de faire faillite sont moindres que ceux d'une entreprise récente oeuvrant dans le domaine des nouvelles technologies), offre des services diversifiés et "essentiels" pour l'économie (assurances, financement, prêts, développement économique en Amérique Latine, etc...) offre un dividende d'environ 5% (en gros, si une action coûte 100$, elle rapporte 5$ de dividende par année). À ce sujet, spécifions que les dividendes sont moins imposés par le gouvernement que les intérêts de placement (les 2% de l'exemple du placement de la caisse pop sont imposables à 100% alors que les dividendes le sont dans une moindre mesure). Ainsi, les dividendes reçus sont moins grugés par l'État.
Finalement, et c'est là le plus intéressant, la valeur de l'action devrait croître avec le temps. En cette période de crise monétaire, la plupart des actions sont sous-évaluées et sont donc disponibles à un coût inférieur à ce qui devrait être le cas. Toujours dans le cas des actions de la Banque Scotia, le coût actuel de l'action est au même niveau qu'il y a quatre ans. Et tout ça, presque uniquement à cause de la nervosité des marchés. Bref, le coût de l'action est sous-évalué et c'est en période de crise tel que c'est actuellement le cas qu'il faut opter pour ce genre d'action solide et sous-évaluée.

Le graphique ci-dessus représente bien ce qui peut constituer une bonne affaire pour l'investisseur. On peut voir que la croissance de la valeur de l'action est assez constante au fil des années (excepté ces deux dernières années où le marché a commencé à moins bien aller, mais pour presque TOUS les titres) et qu'il n'y a pas de "bulle" (une bulle sur graphique serait représentée par une pente très prononcée en une courte période vers le haut).
Bouba pourrait aussi choisir une autre compagnie offrant des services reconnus et bien établis. En faisant des choix éclairés, la valeur des actions de Bouba pourra probablement s'accroitre de 5 à 10% à chaque année et continuer de lui verser 5% de dividendes. Si Bouba veut revendre ses actions dans 5 ans, leur valeur aura possiblement pris 50% de valeur (il pourra les revendre 150$ au lieu des 100$ correspondant au coût d'achat) et il aura reçu 1 250$ en dividendes. Aucun autre placement n'aura pu offrir pareil rendement. Il s'agit donc, d'abord et avant tout, d'opter pour un secteur sécuritaire à propos duquel on s'est renseigné.
Dans 5 ans, Bouba pourra retourner dans son pays et contribuer, avec sa fortune personnelle ainsi acquise, à financer l'achat de machettes pour poursuivre le génocide qui y sévit.
Pour ceux qui voudraient en savoir plus, je recommande l'excellent livre "Dans la jungle du placement" de Stephen A. Jarislowsky.
Mais enfin, comme j'ai acheté ce matin les premières actions de ma vie, j'ai décidé de revenir sur le sujet pour me convaincre que j'ai fait un bon "move" et aussi, pourquoi pas, pour faire un résumé de ce que je sais sur ce monde encore nouveau pour moi. Que ceux qui ont des connaissances plus poussées se sentent libres de corriger certains éléments ou d'apporter leur grain de sel en commentaires.
Afin d'illustrer ce qui s'offre aux petits épargnants, je prendrai en exemple Bouba, fils de dictateur africain récemment arrivé au Québec et désirant faire fructifier ses avoirs personnels.
Bouba a 5 000$ dans son compte. Comme à peu près tous les petits épargnants, Bouba n'aime pas le risque. Il décide donc de prendre un placement garanti à la caisse populaire et reçoit, pour ses 5 000$, un taux d'intérêt annuel de 2% (à peu près ce qui est offert actuellement sur les marchés). Comme les intérêts reçus pour un placement sont imposables en totalité, le rendement après impôt du placement n'est que d'environ 1%. Considérant que l'inflation annuelle normale est de 2%, les 5 000$ de Bouba offrent en réalité un rendement négatif de -1%! Bref, Bouba perd de son pouvoir d'achat en laissant son argent sous forme de placement garanti à la caisse populaire. Bouba se fait donc vigoureusement baiser par le système, mais dort tout de même sur ses deux oreilles puisque son placement est garanti et qu'il ne court aucun risque de perdre son montant ainsi placé.
Bouba pourrait aussi opter pour un fond commun de placement qui offre des rendements supérieurs aux placements garantis. Par contre, en optant pour ces fonds, Bouba doit savoir que les gestionnaires de fonds se gardent une bonne commission qui n'est pas apparente pour ceux qui font l'acquisition de ces dits fonds. Les spécialistes le disent presque tous: les fonds communs de placement sont un outil pour les petits épargnants peu avisés. Le grand financier Montréalais Stephen Jarislowsky écrit également dans son livre que de 33% à 40% du rendement des fonds communs de placement se retrouvent dans les poches des gestionnaires de ces fonds. En bref, si vous constatez que l'accroissement de la valeur de vos fonds a été de 10% cette année, c'est qu'elle était en fait de 14% et que 4% de votre rendement a servi à enrichir d'autres personnes. De plus, ces fonds sont assez risqués par rapport au rendement effectué et ne versent aucun dividende. Je précise que je détiens des REER en fonds communs de placement et que je me ferai le devoir de les liquider lorsque le marché aura remonté suffisamment.
Bouba pourrait aussi investir ses 5000$ dans la jungle de la bourse. Mais Bouba a peur car la bourse est remplie de milliers de créatures avec des noms étranges et des comportements imprévisibles. Par contre, si Bouba investit dans une compagnie établie et diversifiée, offrant des perspectives de croissance intéressantes, offrant un dividende intéressant, étant bien gérée et N'ÉTANT PAS DANS UN DOMAINE CYCLIQUE OU ENCORE UN DOMAINE OÙ LA CROISSANCE EST EXAGÉRÉE, il a d'intéressantes chances de faire un bon coup. Toutes les bulles finissent par exploser et il faut à tout prix éviter de faire l'acquisition d'actions relatives à des phénomènes de "modes" passagères. Il faut donc choisir un secteur non-cyclique et pas artificiellement gonflé. Il faut aussi privilégier les actions qui offrent des dividendes (qui sont en quelque sorte une compensation monétaire versée aux actionnaires). En effet, pourquoi devrait-on financer une entreprise en lui prêtant notre argent si cette dernière ne nous donne rien en retour (rien d'autre qu'une possibilité d'accroissement de la valeur de l'action)?
Par exemple, Bouba pourrait acheter des actions de la Banque Scotia. Cette banque est en affaires depuis plus de 150 ans (ses risques de faire faillite sont moindres que ceux d'une entreprise récente oeuvrant dans le domaine des nouvelles technologies), offre des services diversifiés et "essentiels" pour l'économie (assurances, financement, prêts, développement économique en Amérique Latine, etc...) offre un dividende d'environ 5% (en gros, si une action coûte 100$, elle rapporte 5$ de dividende par année). À ce sujet, spécifions que les dividendes sont moins imposés par le gouvernement que les intérêts de placement (les 2% de l'exemple du placement de la caisse pop sont imposables à 100% alors que les dividendes le sont dans une moindre mesure). Ainsi, les dividendes reçus sont moins grugés par l'État.
Finalement, et c'est là le plus intéressant, la valeur de l'action devrait croître avec le temps. En cette période de crise monétaire, la plupart des actions sont sous-évaluées et sont donc disponibles à un coût inférieur à ce qui devrait être le cas. Toujours dans le cas des actions de la Banque Scotia, le coût actuel de l'action est au même niveau qu'il y a quatre ans. Et tout ça, presque uniquement à cause de la nervosité des marchés. Bref, le coût de l'action est sous-évalué et c'est en période de crise tel que c'est actuellement le cas qu'il faut opter pour ce genre d'action solide et sous-évaluée.

Le graphique ci-dessus représente bien ce qui peut constituer une bonne affaire pour l'investisseur. On peut voir que la croissance de la valeur de l'action est assez constante au fil des années (excepté ces deux dernières années où le marché a commencé à moins bien aller, mais pour presque TOUS les titres) et qu'il n'y a pas de "bulle" (une bulle sur graphique serait représentée par une pente très prononcée en une courte période vers le haut).
Bouba pourrait aussi choisir une autre compagnie offrant des services reconnus et bien établis. En faisant des choix éclairés, la valeur des actions de Bouba pourra probablement s'accroitre de 5 à 10% à chaque année et continuer de lui verser 5% de dividendes. Si Bouba veut revendre ses actions dans 5 ans, leur valeur aura possiblement pris 50% de valeur (il pourra les revendre 150$ au lieu des 100$ correspondant au coût d'achat) et il aura reçu 1 250$ en dividendes. Aucun autre placement n'aura pu offrir pareil rendement. Il s'agit donc, d'abord et avant tout, d'opter pour un secteur sécuritaire à propos duquel on s'est renseigné.
Dans 5 ans, Bouba pourra retourner dans son pays et contribuer, avec sa fortune personnelle ainsi acquise, à financer l'achat de machettes pour poursuivre le génocide qui y sévit.
Pour ceux qui voudraient en savoir plus, je recommande l'excellent livre "Dans la jungle du placement" de Stephen A. Jarislowsky.
dimanche 6 avril 2008
Infiltrer les témoins de Jéhovah
Il y a quelques semaines, par une matinée de fin de semaine, on a cogné a
ma porte. Comme j'étais couché sur mon lit et que j'étais dans un état
végétatif, j'ai décidé de ne pas répondre. De toute façon, je me disais
que ce devait être un jeune qui vendait des trucs pour financer une
quelconque sortie scolaire. Pas le goût d'acheter des palettes de
chocolat à 5$ ou un calendrier de scout...
Avoir su que j'aurais pu, en ouvrant ma porte, échanger avec des témoins de Jéhovah, je me serais sûrement levé de mon lit pour les inviter à discuter en prenant une tasse de thé. Ça fait des années que je veux le faire et à chaque occasion manquée, je suis un peu déçu.
Toujours est-il que lorsque j'ai vu la petite feuille laissée à ma porte qui m'invitait à me joindre à une conférence intitulée "Qui est qualifié pour diriger le monde?", je me suis dit que c'était l'occasion parfaite pour me reprendre. Mieux encore, c'était l'occasion d'enfin infiltrer cette organisation. Afin d'être épaulé dans cette aventure, j'ai offert à mon jeune ami, le Tapageur Silencieux de se joindre à moi. Comme à l'accoutumée, il accepta sans hésitation.
Afin de nous donner le look de deux garçons à la recherche d'eux-mêmes, j'ai proposé au Tapageur de nous habiller de façon originale. Ainsi, avant notre départ ce matin, j'ai revêtu le vieux coat de cuir ayant servi à mon père au cours de son bref vécu de motard. Quant au Tapageur, il a opté pour une très charmante veste de Hostess Frito Lays. Nous étions prêts pour l'aventure!

Un peu avant 10h du matin, nous arrivons à la salle du Royaume. Nous sommes accueillis chaleureusement par une succesion d'hommes en veston-cravate. Mêmes les enfants sont vêtus de façon chic (les petits garçons de 4-5 ans portaient presque tous le veston!?).
On nous dit que c'est agréable de voir de nouveaux visages, que c'est rassurant de voir qu'il y a des jeunes qui se préoccupent du futur (?) et ainsi de suite. Malgré notre accoutrement étrange qui détonne d'avec la classe de nos nouveaux amis les témoins, nous sommes considérés avec égard.
L'activité commence avec le chant d'un cantique très amusant. Les paroles sont typiquement chrétiennes mais on y ajoute certains passages (que j'ai beaucoup appréciés) qui parlent d'un Dieu qui s'irrite et qui élimine ses ennemis. Je trouve ça vraiment drôle de chanter la gloire d'un Dieu de vengeance. Le Tapageur entonne avec moi ces airs et nos voix se marient en une douce mélodie qui rejoint le choeur du reste de la salle.
Pour le reste cependant, ce fut d'un ennui mortel. Je ne sais pas si c'est le fait que je me sois couché à 3h30 du matin la veille, mais je n'ai pas été capable de suivre plus que les 5 premières minutes du discours. Tout me paraissait débile, insignifiant, sans intérêt. Toutes les réflexions émises au courant de l'avant-midi avaient déjà été entendues mille fois à la télévision (exemple: si on investissait l'argent de l'armement afin de combattre la faim dans le monde, le problème serait résolu) mais de façon superficielle et sans qu'aucun argument ne puisse nous donner l'impression que nous participions à une conférence qui s'en allait à quelque part.
La deuxième partie de la matinée nécessitait la participation des gens dans la salle. À ce moment là, on a pu voir qu'il n'y avait aucun potentiel dans cette pièce. Nous avions carrément l'impression d'être au milieu d'une gang de brainwashés qui étudient la bible de fond en comble en essayant sans cesse de faire des liens entre les situations ou personnalités de l'actualité et ce que Jésus aurait fait en pareille circonstance. Par exemple, on nous parle du problème de la faim dans le monde et on fait ensuite référence au passage de la bible où Jésus a fait la multiplication du pain et du vin. Osti que ça a pas rapport!?
On nous dit que la forme de gouvernement la plus souhaitable n'est pas la monarchie ni l'aristocratie mais bien le "royaume messianique": avec ce type de gouvernement, les animaux vivront en harmonie avec les humains. Quelqu'un dans la salle nous apprend aussi qu'un ange peut s'occuper d'environ 185 000 hommes (j'ai toujours apprécié ce genre de statistiques). D'ailleurs, parlant de statistiques, les petits livres qu'on nous a remis nous apprennent que Jésus Christ choisira 144 000 humains pour gouverner avec lui. De plus, attention à nos dirigeants politiques, le Royaume de Dieu détruira bientôt les gouvernements humains et la terre deviendra un paradis (toujours selon un des petits livres reçus).
Avant de partir, 7-8 personnes se rassemblent autour de nous pour connaitre notre appréciation du rassemblement. On dirait qu'ils ne sont vraiment pas habitués de voir de nouveaux visages. Probablement qu'ils sont tous excités à l'idée de se dire que leur porte-à-porte dominical a enfin porté fruit après des années d'efforts inutiles. Le Tapageur en profite pour demander quelle est la différence entre la bible chrétienne et la bible des témoins de Jéhovah. On n'a eu droit qu'à des réponses évasives qui ne voulaient rien dire. Encore une fois, le Tapageur et moi avons l'impression d'être au milieu d'une gang de mongols à la limite du fanatisme religieux (trop engourdis pour être dangereux cependant) mais qui n'ont rien d'autre à offrir qu'une maitrise des chapitres et versets de la bible. C'était triste de voir du monde si bien habillé mais si mal pourvu par en-dedans.
Mais non mes pauvres amis, ces deux jeunes visages n'étaient pas là pour joindre vos rangs. Ils étaient plutôt là pour faire du journalisme d'enquête et/ou vivre une nouvelle expérience. Pour ensuite faire partager ce moment de leur existence - d'un ennui mortel - aux lecteurs de leurs blogs respectifs...
Avoir su que j'aurais pu, en ouvrant ma porte, échanger avec des témoins de Jéhovah, je me serais sûrement levé de mon lit pour les inviter à discuter en prenant une tasse de thé. Ça fait des années que je veux le faire et à chaque occasion manquée, je suis un peu déçu.
Toujours est-il que lorsque j'ai vu la petite feuille laissée à ma porte qui m'invitait à me joindre à une conférence intitulée "Qui est qualifié pour diriger le monde?", je me suis dit que c'était l'occasion parfaite pour me reprendre. Mieux encore, c'était l'occasion d'enfin infiltrer cette organisation. Afin d'être épaulé dans cette aventure, j'ai offert à mon jeune ami, le Tapageur Silencieux de se joindre à moi. Comme à l'accoutumée, il accepta sans hésitation.
Afin de nous donner le look de deux garçons à la recherche d'eux-mêmes, j'ai proposé au Tapageur de nous habiller de façon originale. Ainsi, avant notre départ ce matin, j'ai revêtu le vieux coat de cuir ayant servi à mon père au cours de son bref vécu de motard. Quant au Tapageur, il a opté pour une très charmante veste de Hostess Frito Lays. Nous étions prêts pour l'aventure!
Un peu avant 10h du matin, nous arrivons à la salle du Royaume. Nous sommes accueillis chaleureusement par une succesion d'hommes en veston-cravate. Mêmes les enfants sont vêtus de façon chic (les petits garçons de 4-5 ans portaient presque tous le veston!?).
On nous dit que c'est agréable de voir de nouveaux visages, que c'est rassurant de voir qu'il y a des jeunes qui se préoccupent du futur (?) et ainsi de suite. Malgré notre accoutrement étrange qui détonne d'avec la classe de nos nouveaux amis les témoins, nous sommes considérés avec égard.
L'activité commence avec le chant d'un cantique très amusant. Les paroles sont typiquement chrétiennes mais on y ajoute certains passages (que j'ai beaucoup appréciés) qui parlent d'un Dieu qui s'irrite et qui élimine ses ennemis. Je trouve ça vraiment drôle de chanter la gloire d'un Dieu de vengeance. Le Tapageur entonne avec moi ces airs et nos voix se marient en une douce mélodie qui rejoint le choeur du reste de la salle.
Pour le reste cependant, ce fut d'un ennui mortel. Je ne sais pas si c'est le fait que je me sois couché à 3h30 du matin la veille, mais je n'ai pas été capable de suivre plus que les 5 premières minutes du discours. Tout me paraissait débile, insignifiant, sans intérêt. Toutes les réflexions émises au courant de l'avant-midi avaient déjà été entendues mille fois à la télévision (exemple: si on investissait l'argent de l'armement afin de combattre la faim dans le monde, le problème serait résolu) mais de façon superficielle et sans qu'aucun argument ne puisse nous donner l'impression que nous participions à une conférence qui s'en allait à quelque part.
La deuxième partie de la matinée nécessitait la participation des gens dans la salle. À ce moment là, on a pu voir qu'il n'y avait aucun potentiel dans cette pièce. Nous avions carrément l'impression d'être au milieu d'une gang de brainwashés qui étudient la bible de fond en comble en essayant sans cesse de faire des liens entre les situations ou personnalités de l'actualité et ce que Jésus aurait fait en pareille circonstance. Par exemple, on nous parle du problème de la faim dans le monde et on fait ensuite référence au passage de la bible où Jésus a fait la multiplication du pain et du vin. Osti que ça a pas rapport!?
On nous dit que la forme de gouvernement la plus souhaitable n'est pas la monarchie ni l'aristocratie mais bien le "royaume messianique": avec ce type de gouvernement, les animaux vivront en harmonie avec les humains. Quelqu'un dans la salle nous apprend aussi qu'un ange peut s'occuper d'environ 185 000 hommes (j'ai toujours apprécié ce genre de statistiques). D'ailleurs, parlant de statistiques, les petits livres qu'on nous a remis nous apprennent que Jésus Christ choisira 144 000 humains pour gouverner avec lui. De plus, attention à nos dirigeants politiques, le Royaume de Dieu détruira bientôt les gouvernements humains et la terre deviendra un paradis (toujours selon un des petits livres reçus).
Avant de partir, 7-8 personnes se rassemblent autour de nous pour connaitre notre appréciation du rassemblement. On dirait qu'ils ne sont vraiment pas habitués de voir de nouveaux visages. Probablement qu'ils sont tous excités à l'idée de se dire que leur porte-à-porte dominical a enfin porté fruit après des années d'efforts inutiles. Le Tapageur en profite pour demander quelle est la différence entre la bible chrétienne et la bible des témoins de Jéhovah. On n'a eu droit qu'à des réponses évasives qui ne voulaient rien dire. Encore une fois, le Tapageur et moi avons l'impression d'être au milieu d'une gang de mongols à la limite du fanatisme religieux (trop engourdis pour être dangereux cependant) mais qui n'ont rien d'autre à offrir qu'une maitrise des chapitres et versets de la bible. C'était triste de voir du monde si bien habillé mais si mal pourvu par en-dedans.
Mais non mes pauvres amis, ces deux jeunes visages n'étaient pas là pour joindre vos rangs. Ils étaient plutôt là pour faire du journalisme d'enquête et/ou vivre une nouvelle expérience. Pour ensuite faire partager ce moment de leur existence - d'un ennui mortel - aux lecteurs de leurs blogs respectifs...
vendredi 21 septembre 2007
Tas de marde
Suite à Mike Boy, Norbert et Nabuchodonosor, j'introduis aujourd'hui, avec beaucoup de retard, un nouveau personnage de ma vie professionnelle
Reportons nous quelque part à l'automne 2006, à la cafétéria du bureau...
Moi: Check Mike, la fille là-bas, elle est vraiment hot! C'est mon idéal féminin!
Mike: Qui ça? La fille avec les cheveux noirs?
Moi: Oui, elle est vraiment trop hot, c'est vraiment mon top 1 de tout le bureau...
Mike: Es-tu sérieux?
Moi: Quoi tu la trouves pas belle???
Mike: Voyons toi, elle est ben ordinaire...
Moi: Ben là, c'est pas un tas de marde quand même!
Mike: Oui.
Et c'est ainsi que, depuis ce temps, nous appelons mon idéal féminin du bureau : "Tas de marde".
Reportons nous quelque part à l'automne 2006, à la cafétéria du bureau...
Moi: Check Mike, la fille là-bas, elle est vraiment hot! C'est mon idéal féminin!
Mike: Qui ça? La fille avec les cheveux noirs?
Moi: Oui, elle est vraiment trop hot, c'est vraiment mon top 1 de tout le bureau...
Mike: Es-tu sérieux?
Moi: Quoi tu la trouves pas belle???
Mike: Voyons toi, elle est ben ordinaire...
Moi: Ben là, c'est pas un tas de marde quand même!
Mike: Oui.
Et c'est ainsi que, depuis ce temps, nous appelons mon idéal féminin du bureau : "Tas de marde".
lundi 30 juillet 2007
Déloger des quêteux
La rue St-Jean était assez peu animée ce dimanche soir. J'étais arrivé
vers 18h et déjà, selon le nombre restreint de passants, j'évaluais que
la soirée allait être peu payante... Mais parfois, on est surpris de la
tournure des événements, il est donc toujours permis d'espérer.
Je m'installe et débute mes prestations. Je pense être assez en forme ce soir là. Pas mal plus en forme que le maigre résultat obtenu me donnera l'impression d'avoir été. C'est ça le risque de l'argent reçu, ça devient tellement une preuve d'appréciation que lorsqu'on n'en reçoit pas beaucoup, on le prend quasiment personnel.
Vers 19h, le tit-coune musicien de rue (que je méprise le plus parmi tous mes confrères, même plus que le monsieur mêlé qui chante "Le petit train du Nord" sur la terrasse Dufferin) est arrivé et a pris place à côté de moi. Il voulait prendre le spot. Je lui ai dit de revenir vers 19h30 et que j'allais lui laisser la place à ce moment là.
Comme il n'y a pas grand chose de plus tenace qu'une mouche à marde, il est bel et bien revenu vers 19h28 pour quérir l'endroit convoité. J'ai donc ramassé mes affaires. Et même si j'avais reçu très peu d'argent, il faisait beau et j'avais le goût de continuer. Ainsi, j'ai poursuivi mon chemin jusqu'aux portes St-Jean pour voir si ce spot qu'on dit très payant était libre.
Arrivé là-bas, je vois qu'un genre de clown qui se met à bouger lorsqu'on lui donne de l'argent est à l'endroit désigné par la ville. Je suis un peu confus à la vue de ce clown qui est dans un spot désigné comme étant pour les musiciens de rue. Mais comme je n'ai pas ma carte des spots avec moi pour me confirmer mon impression et que le gars a plusieurs passants autour de lui, je décide de lui sacrer la paix et de revenir sur mes pas, pour aller à l'autre emplacement, devant l'Inter-Marché.
Je m'asseois et sors ma guitare. Trois filles sont assises sur un banc à moins de 5 mètres de moi. La plus dégueulasse des trois vient me voir et un sympathique dialogue débute:
Grosse quêteuse sale: "Hey tu vas pas commencer à jouer de la guitare là?"
Moi: "Ben oui"
Grosse quêteuse sale: "Ben là, on est en train de quêter nous autres!"
Moi: "Avez-vous payé pour ça? Avez-vous un permis?"
Grosse crisse de quêteuse sale: "Oui on a mis de l'argent dans le parcomètre de l'autre bord de la rue..."
Moi: "Ben oui c'est ça, regarde moi j'ai payé un permis pis tous les autres spots sont pris ça fait que je me place ici..."
Grosse crisse de quêteuse sale: "Osti que t'es con".
Moi: probablement quelque chose comme "Hey toé calisse! R'garde, vas quêter ailleurs, toi tu peux aller n'importe où, moi c'est réglementé mon affaire"
Grosse crisse parlant avec son amie itinérante sale et percée partout: "Osti qu'il est con, blablablabla"
Moi: "R'garde osti, si t'avais eu une attitude un peu moins cave peut-être que je te l'aurais laissé 15 minutes de plus le spot, mais t'es tellement innocente que je commence tu suite!"
Échange de regards assassins de part et d'autre
La grosse criss de marginale sale et son amie finissent par sacrer le camp en marmonnant quelques injures que je leur renvoie avec hargne et mépris.
Et évidemment, après une discussion comme ça, même si la fille sacre son camp, ça coupe mon mood ben raide. Déjà que j'ai à peu près juste 4 piastres dans mon étui, faut que je m'ostine avec un détritus humain qui quête (alors que tous les criss de commerces du coin cherchent du personnel).
Je ne jouerai que 20 ou 30 minutes de plus, le temps de me faire un 25 cents de plus. Puis je ramasserai mes affaires et crisserai mon camp, me disant que c'était une des pires soirées de ma carrière de musicien de rue.
Je repasse devant ti-coune qui a pris mon spot plus tôt dans la soirée. Je suis saisi d'un fou rire à sa vue puisqu'il se balance vigoureusement la tête de gauche à droite et de haut en bas, comme un véritable cocainomane fini, en jouant ses chansons. Même s'il a fait son 45 minutes et que je le méprise assez pour retourner réclamer l'endroit juste pour l'écoeurer un peu, c'est assez pour moi. Trop de gens désagréables ou méprisables et pas assez d'argent en cette soirée pourtant chaude et confortable.
Je retourne chez moi en maudissant le taux de change, unique bouc-émissaire de mon malheur. Je fais mon décompte: 4,89$.
Ma deuxième pire soirée à vie à Québec, en 3 ans.
Je m'installe et débute mes prestations. Je pense être assez en forme ce soir là. Pas mal plus en forme que le maigre résultat obtenu me donnera l'impression d'avoir été. C'est ça le risque de l'argent reçu, ça devient tellement une preuve d'appréciation que lorsqu'on n'en reçoit pas beaucoup, on le prend quasiment personnel.
Vers 19h, le tit-coune musicien de rue (que je méprise le plus parmi tous mes confrères, même plus que le monsieur mêlé qui chante "Le petit train du Nord" sur la terrasse Dufferin) est arrivé et a pris place à côté de moi. Il voulait prendre le spot. Je lui ai dit de revenir vers 19h30 et que j'allais lui laisser la place à ce moment là.
Comme il n'y a pas grand chose de plus tenace qu'une mouche à marde, il est bel et bien revenu vers 19h28 pour quérir l'endroit convoité. J'ai donc ramassé mes affaires. Et même si j'avais reçu très peu d'argent, il faisait beau et j'avais le goût de continuer. Ainsi, j'ai poursuivi mon chemin jusqu'aux portes St-Jean pour voir si ce spot qu'on dit très payant était libre.
Arrivé là-bas, je vois qu'un genre de clown qui se met à bouger lorsqu'on lui donne de l'argent est à l'endroit désigné par la ville. Je suis un peu confus à la vue de ce clown qui est dans un spot désigné comme étant pour les musiciens de rue. Mais comme je n'ai pas ma carte des spots avec moi pour me confirmer mon impression et que le gars a plusieurs passants autour de lui, je décide de lui sacrer la paix et de revenir sur mes pas, pour aller à l'autre emplacement, devant l'Inter-Marché.
Je m'asseois et sors ma guitare. Trois filles sont assises sur un banc à moins de 5 mètres de moi. La plus dégueulasse des trois vient me voir et un sympathique dialogue débute:
Grosse quêteuse sale: "Hey tu vas pas commencer à jouer de la guitare là?"
Moi: "Ben oui"
Grosse quêteuse sale: "Ben là, on est en train de quêter nous autres!"
Moi: "Avez-vous payé pour ça? Avez-vous un permis?"
Grosse crisse de quêteuse sale: "Oui on a mis de l'argent dans le parcomètre de l'autre bord de la rue..."
Moi: "Ben oui c'est ça, regarde moi j'ai payé un permis pis tous les autres spots sont pris ça fait que je me place ici..."
Grosse crisse de quêteuse sale: "Osti que t'es con".
Moi: probablement quelque chose comme "Hey toé calisse! R'garde, vas quêter ailleurs, toi tu peux aller n'importe où, moi c'est réglementé mon affaire"
Grosse crisse parlant avec son amie itinérante sale et percée partout: "Osti qu'il est con, blablablabla"
Moi: "R'garde osti, si t'avais eu une attitude un peu moins cave peut-être que je te l'aurais laissé 15 minutes de plus le spot, mais t'es tellement innocente que je commence tu suite!"
Échange de regards assassins de part et d'autre
La grosse criss de marginale sale et son amie finissent par sacrer le camp en marmonnant quelques injures que je leur renvoie avec hargne et mépris.
Et évidemment, après une discussion comme ça, même si la fille sacre son camp, ça coupe mon mood ben raide. Déjà que j'ai à peu près juste 4 piastres dans mon étui, faut que je m'ostine avec un détritus humain qui quête (alors que tous les criss de commerces du coin cherchent du personnel).
Je ne jouerai que 20 ou 30 minutes de plus, le temps de me faire un 25 cents de plus. Puis je ramasserai mes affaires et crisserai mon camp, me disant que c'était une des pires soirées de ma carrière de musicien de rue.
Je repasse devant ti-coune qui a pris mon spot plus tôt dans la soirée. Je suis saisi d'un fou rire à sa vue puisqu'il se balance vigoureusement la tête de gauche à droite et de haut en bas, comme un véritable cocainomane fini, en jouant ses chansons. Même s'il a fait son 45 minutes et que je le méprise assez pour retourner réclamer l'endroit juste pour l'écoeurer un peu, c'est assez pour moi. Trop de gens désagréables ou méprisables et pas assez d'argent en cette soirée pourtant chaude et confortable.
Je retourne chez moi en maudissant le taux de change, unique bouc-émissaire de mon malheur. Je fais mon décompte: 4,89$.
Ma deuxième pire soirée à vie à Québec, en 3 ans.
samedi 28 juillet 2007
Sending our an SOS
Étiez-vous là en 1983, lors de la dernière tournée de The Police?
Pas moi. Je n'avais que 4 ans à l'époque et j'écoutais principalement mes disques de Passe-Partout ou de Goldorak dans ce temps-là. Ce n'est que vers le début des années 90 que j'ai commencé à bien connaître et surtout apprécier ce groupe. Je me rappelle toutes les cassettes VHS et même BETA sur lesquelles j'avais enregistré plusieurs vidéos qui passaient à Musique Plus. Je me rappelle surtout que ces cassettes là, je les ai écoutées des dizaines de fois en me disant que cette musique là était vraiment hallucinante...
Un peu plus tard, j'ai commencé à jouer de la guitare en pratiquant la chanson "Message in a bottle" (que j'écoutais régulièrement sur mes cassettes audio et vidéo). J'ai trippé à fond sur un paquet de leurs chansons, écoutant leur coffret rassemblant toutes les chansons enregistrées par le groupe de 1977 à 1986. À mon avis, même sans être un fan du groupe, on ne peut pas faire autrement que de les placer dans le top 10 des plus grands groupes de tous les temps (Beatles, Rolling Stones, Led Zeppelin, Pink Floyd, U2, Genesis, Queen, ... The Police est probablement en 8 ou 9ème position).
Ceci étant dit, jeudi le 26 juillet 2007, par une très chaude journée d'été où la température était de 37 degrés celcius avec le facteur humidex, je me suis rendu au Centre Bell. J'allais enfin me servir de mon billet de spectacle, plus de 5 mois après l'achat.
Nous arrivons vers 19h au Centre Bell. On prend place à nos sièges situés dans les loges (bancs rouges), à une hauteur moyenne, mais presque à l'autre extrémité de l'aréna (bref, en face de la scène). En attendant le début du spectacle, Patachou et moi discutons de tout et de rien. On entend des gens commander de la bière et on apprend que le coût de deux bières est de 18,50$. Parlez-moi d'une marge de profit raisonnable. Comme le fait remarquer Patachou, à ce prix là, tu fais attention pour pas la vomir, ta bière...
Vers 19h30, le groupe Fiction Plane (assurant la première partie) monte en scène. Le groupe est mené par Joe Sumner, le fils de Sting. J'étais très curieux de voir (et d'entendre) ce groupe bien que je savais que c'était plutôt alternatif comme musique.
Ce fut intéressant pour les 2 ou 3 premières chansons. Après coup, ça devint assez vite ennuyant, voire emmerdant. Surtout que le groupe avait la mauvaise habitude d'étirer certaines des ses chansons de façon abusive. Particulièrement le bout où le chanteur n'a cessé de dire "Fuck yourself and fuck your cigarette" pendant au moins 3 minutes. Si je me souviens bien, la foule du Centre Bell a éjaculé en choeur en entendant ces "Fuck", comme quoi il n'y a rien de mieux qu'un mot vulgaire pour animer une foule.
Après 45 ou 60 minutes, nous étions débarrassés de ce groupe qui ne passera probablement jamais à l'histoire.
Vers 20h45, avec la chanson "Get up, Stand up" de Bob Marley qui jouait en trame de fond, le groupe The Police est entré en scène sous des applaudissements excessivement chaleureux de la part de la foule. On aurait vraiment dit que 20 000 personnes attendaient le groupe depuis 25 ans.
Le guitariste (Andy Summers) a, dès son entrée en scène, commencé à jouer les notes de "Message in a bottle". Je capotais. J'étais dans la même pièce que Sting! Je ne suis vraiment pas du type groupie, étant un garçon plutôt désillusionné et cynique par rapport à bien des choses qui constituent l'humanité. Mais là, j'étais à peut-être 100 mètres de Sting. J'étais dans un genre d'état second, comme un gars qui a écouté "Message in a bottle" depuis 15 ans sans jamais s'en tanner. Et surtout, comme un gars qui connait presque tout de l'histoire du groupe et de leurs chansons.
J'ai crié toutes les paroles de presque toutes les tounes du spectacle. J'ai vraiment trippé pendant la partie "Regatta de blanc" incorporée à "Can't stand losing you". Je me rappelais les vidéos des années 70 ou Sting hurlait "iyoooo iyééééé, iyé yo!" et je criais autant que lui. C'était capoté en sacrament, j'avais quasiment l'impression de reprendre le temps perdu des 25 dernières années.
Les moments les plus marquants pour moi ont été ceux où je me suis rendu compte que pratiquement toute la foule du Centre Bell chantait avec le groupe. Entre-autres, j'ai capoté pendant "Walking on the moon" (qui n'est vraiment pas ma chanson préférée) lorsque tout le monde chantait "iyooo iyooo yo yo yo" en accompagnement. Avec la lumière bleuetée qui donnait une impression de pleine lune, c'était complètement débile. Même impression pendant "Wrapped around your finger", qui n'est pas non plus une de mes chansons préférées, mais que j'ai adorée en version Live. Le batteur (Stewart Copeland) avait un kit de percussion vraiment génial qui a beaucoup ajouté à cette chanson.
Les moments les plus faibles ont, à mon avis, été les chansons "When the world is running down, you make the best of what's still around", "Driven to tears" et "The bed's too big without you". J'apprécie ces chansons lorsque je les écoute, mais ces pièces sont assez peu connues et étaient beaucoup trop étirées. On aurait dit que le groupe mettait l'accent sur les morceaux les moins connus et les moins appréciés, en prolongeant par des solos pas très bien exécutés de la part d'Andy Summers (qui est un bon guitariste pour le rythmique mais qui est par contre très limité pour les solos). La chanson "The bed's too big without you" manquait particulièrement de dynamisme à mon avis et a beaucoup trop été étirée. J'aime cette chanson, mais en version live, dans les années 70 comme en 2007, elle n'a jamais été bonne.
Mais je chiale pour chialer. Car aucun moment du spectacle n'a été ennuyant ou franchement mauvais. Et quand le groupe est revenu avec "Every little thing she does is magic" après quelques chansons moins accrochantes, la foule était vraiment enflammée. La version modifiée de la chanson avec une intro à la guitare était vraiment géniale. Toute la foule (ou presque) a chanté. Et moi j'ai crié les paroles jusqu'à la fin, jusqu'à en perdre la voix.
Au final, ils auront joué tous leurs succès, excepté "Spirits in the material world".
On n'était peut-être plus en 1979 avec leur énergie presque sans limites, mais pour des gars de 55 à 64 ans, ils rockaient en tabarnac.
Grâce à tous ces gens qui trainent un cellulaire ayant la fonction vidéo, je suis en mesure de vous partager:
Les meilleurs moments:
Message in a bottle
Walking on the moon
Wrapped around your finger
Every little thing she does is magic
Can't stand losing you / Regatta de blanc (pour les vrais fans de longue date)
King of pain
Every breath you take
Les moins bons moments:
Driven to tears
When the world is running down, you make the best of what's still around
The bed's too big without you
Pas moi. Je n'avais que 4 ans à l'époque et j'écoutais principalement mes disques de Passe-Partout ou de Goldorak dans ce temps-là. Ce n'est que vers le début des années 90 que j'ai commencé à bien connaître et surtout apprécier ce groupe. Je me rappelle toutes les cassettes VHS et même BETA sur lesquelles j'avais enregistré plusieurs vidéos qui passaient à Musique Plus. Je me rappelle surtout que ces cassettes là, je les ai écoutées des dizaines de fois en me disant que cette musique là était vraiment hallucinante...
Un peu plus tard, j'ai commencé à jouer de la guitare en pratiquant la chanson "Message in a bottle" (que j'écoutais régulièrement sur mes cassettes audio et vidéo). J'ai trippé à fond sur un paquet de leurs chansons, écoutant leur coffret rassemblant toutes les chansons enregistrées par le groupe de 1977 à 1986. À mon avis, même sans être un fan du groupe, on ne peut pas faire autrement que de les placer dans le top 10 des plus grands groupes de tous les temps (Beatles, Rolling Stones, Led Zeppelin, Pink Floyd, U2, Genesis, Queen, ... The Police est probablement en 8 ou 9ème position).
Ceci étant dit, jeudi le 26 juillet 2007, par une très chaude journée d'été où la température était de 37 degrés celcius avec le facteur humidex, je me suis rendu au Centre Bell. J'allais enfin me servir de mon billet de spectacle, plus de 5 mois après l'achat.
Nous arrivons vers 19h au Centre Bell. On prend place à nos sièges situés dans les loges (bancs rouges), à une hauteur moyenne, mais presque à l'autre extrémité de l'aréna (bref, en face de la scène). En attendant le début du spectacle, Patachou et moi discutons de tout et de rien. On entend des gens commander de la bière et on apprend que le coût de deux bières est de 18,50$. Parlez-moi d'une marge de profit raisonnable. Comme le fait remarquer Patachou, à ce prix là, tu fais attention pour pas la vomir, ta bière...
Vers 19h30, le groupe Fiction Plane (assurant la première partie) monte en scène. Le groupe est mené par Joe Sumner, le fils de Sting. J'étais très curieux de voir (et d'entendre) ce groupe bien que je savais que c'était plutôt alternatif comme musique.
Ce fut intéressant pour les 2 ou 3 premières chansons. Après coup, ça devint assez vite ennuyant, voire emmerdant. Surtout que le groupe avait la mauvaise habitude d'étirer certaines des ses chansons de façon abusive. Particulièrement le bout où le chanteur n'a cessé de dire "Fuck yourself and fuck your cigarette" pendant au moins 3 minutes. Si je me souviens bien, la foule du Centre Bell a éjaculé en choeur en entendant ces "Fuck", comme quoi il n'y a rien de mieux qu'un mot vulgaire pour animer une foule.
Après 45 ou 60 minutes, nous étions débarrassés de ce groupe qui ne passera probablement jamais à l'histoire.
Vers 20h45, avec la chanson "Get up, Stand up" de Bob Marley qui jouait en trame de fond, le groupe The Police est entré en scène sous des applaudissements excessivement chaleureux de la part de la foule. On aurait vraiment dit que 20 000 personnes attendaient le groupe depuis 25 ans.
Le guitariste (Andy Summers) a, dès son entrée en scène, commencé à jouer les notes de "Message in a bottle". Je capotais. J'étais dans la même pièce que Sting! Je ne suis vraiment pas du type groupie, étant un garçon plutôt désillusionné et cynique par rapport à bien des choses qui constituent l'humanité. Mais là, j'étais à peut-être 100 mètres de Sting. J'étais dans un genre d'état second, comme un gars qui a écouté "Message in a bottle" depuis 15 ans sans jamais s'en tanner. Et surtout, comme un gars qui connait presque tout de l'histoire du groupe et de leurs chansons.
J'ai crié toutes les paroles de presque toutes les tounes du spectacle. J'ai vraiment trippé pendant la partie "Regatta de blanc" incorporée à "Can't stand losing you". Je me rappelais les vidéos des années 70 ou Sting hurlait "iyoooo iyééééé, iyé yo!" et je criais autant que lui. C'était capoté en sacrament, j'avais quasiment l'impression de reprendre le temps perdu des 25 dernières années.
Les moments les plus marquants pour moi ont été ceux où je me suis rendu compte que pratiquement toute la foule du Centre Bell chantait avec le groupe. Entre-autres, j'ai capoté pendant "Walking on the moon" (qui n'est vraiment pas ma chanson préférée) lorsque tout le monde chantait "iyooo iyooo yo yo yo" en accompagnement. Avec la lumière bleuetée qui donnait une impression de pleine lune, c'était complètement débile. Même impression pendant "Wrapped around your finger", qui n'est pas non plus une de mes chansons préférées, mais que j'ai adorée en version Live. Le batteur (Stewart Copeland) avait un kit de percussion vraiment génial qui a beaucoup ajouté à cette chanson.
Les moments les plus faibles ont, à mon avis, été les chansons "When the world is running down, you make the best of what's still around", "Driven to tears" et "The bed's too big without you". J'apprécie ces chansons lorsque je les écoute, mais ces pièces sont assez peu connues et étaient beaucoup trop étirées. On aurait dit que le groupe mettait l'accent sur les morceaux les moins connus et les moins appréciés, en prolongeant par des solos pas très bien exécutés de la part d'Andy Summers (qui est un bon guitariste pour le rythmique mais qui est par contre très limité pour les solos). La chanson "The bed's too big without you" manquait particulièrement de dynamisme à mon avis et a beaucoup trop été étirée. J'aime cette chanson, mais en version live, dans les années 70 comme en 2007, elle n'a jamais été bonne.
Mais je chiale pour chialer. Car aucun moment du spectacle n'a été ennuyant ou franchement mauvais. Et quand le groupe est revenu avec "Every little thing she does is magic" après quelques chansons moins accrochantes, la foule était vraiment enflammée. La version modifiée de la chanson avec une intro à la guitare était vraiment géniale. Toute la foule (ou presque) a chanté. Et moi j'ai crié les paroles jusqu'à la fin, jusqu'à en perdre la voix.
Au final, ils auront joué tous leurs succès, excepté "Spirits in the material world".
On n'était peut-être plus en 1979 avec leur énergie presque sans limites, mais pour des gars de 55 à 64 ans, ils rockaient en tabarnac.
Grâce à tous ces gens qui trainent un cellulaire ayant la fonction vidéo, je suis en mesure de vous partager:
Les meilleurs moments:
Message in a bottle
Walking on the moon
Wrapped around your finger
Every little thing she does is magic
Can't stand losing you / Regatta de blanc (pour les vrais fans de longue date)
King of pain
Every breath you take
Les moins bons moments:
Driven to tears
When the world is running down, you make the best of what's still around
The bed's too big without you
mercredi 18 juillet 2007
Musique et suicide
Hier soir, je me suis à nouveau rendu à Québec pour jouer un peu de
musique. Comme mon sous-marin Subway m'avait coûté 8,19$, je me devais
de récolter au moins cette somme pour rentrer dans mes frais.
Arrivé sur place, je vois que le guitariste de flamenco (qui m'avait serré la pince en mai) est à mon spot habituel. Je lui demande poliment s'il en a encore pour longtemps. Il me répond qu'il devrait partir dans 15 minutes. Je profite de ce léger délai pour me diriger vers le cimetière anglais, juste en arrière, pour accorder ma guitare. Je passe donc les 15 prochaines minutes dans ce lieu étrange. Après l'accord de ma guitare, j'ai un peu de temps libre pour contempler la décrépitude humaine dans toute sa splendeur: un gars est couché en dessous d'un banc de parc à 17h30. Il doit être complètement défoncé au crack ou à l'héroine. C'est de toute beauté. Dans un autre coin du cimetière, un gars est en train de remettre ses culottes et de remonter son zipper. Vient-il de pisser dans le cimetière?
Je suis donc là, debout, à regarder tout ce monde là autour et à me demander dans quelle dimension je suis rendu. Probablement qu'ils pensent que je suis un enquêteur de police déguisé en musicien de rue qui les étudie pour les inculper...
Heureusement, le guitariste de flamenco ramasse bientôt ses affaires et je me précipite vers le spot laissé libre, comme un vautour. Pendant qu'il ramasse ses affaires, j'en profite pour jaser un peu avec lui. Il est bien sympathique et il me parle de ses moyennes de récoltes. Ça semble ressembler pas mal à ce que je me fais moi aussi (10 ou 15$ en moyenne). Par contre, son plus gros billet reçu en est un de 20$ alors que pour ma part, mon plus gros don fut de 5$.
La soirée se déroule plutôt bien. Je me rends compte que ma nouvelle toune de Cat Stevens pogne pas mal chez les passants ("On the road to find out") et je me devrai de l'apprendre par coeur au lieu de répéter toujours les mêmes lignes à l'avenir. La soirée commence une fois de plus en puissance pour devenir comateuse après environ 30 minutes. Puis, après au moins une heure de tranquilité excessive, les passants recommencent à me donner un peu d'argent (ce fut sans contredit ma soirée où le nombre de dons - pas le montant total - fut le plus élevé depuis le début de la saison 2007).
Je terminerai ma soirée avec 16,25$ dont beaucoup de petite monnaie cette fois. Et j'aurai joué de 17h30 à 19h45 environ.
****************************
En revenant chez moi, ma mère m'a appelé pour m'annoncer que Maxime, mon ancien voisin de St-Rédempteur, s'était suicidé tout récemment. Pauvre Maxime. Je ne l'avais pas revu depuis des années, mais ça me peine de savoir qu'un jeune diplômé en ingénierie, qui venait de terminer son baccalauréat, ait décidé de s'évaporer comme ça dans le néant. Ce qui me trouble le plus, c'est qu'il était plus jeune que moi et que je gardais le souvenir du petit gars de 6 ou 7 ans qu'il était lorsqu'il est déménagé. Bref, pendant une partie de la soirée d'hier, j'ai eu l'image d'un garçon de 7 ans aux cheveux frisés qui décide de s'accrocher après une poutre de sa cave parce qu'il vient de réaliser toute l'étendue de l'absurdité de l'existence. Salut mon garçon.
Arrivé sur place, je vois que le guitariste de flamenco (qui m'avait serré la pince en mai) est à mon spot habituel. Je lui demande poliment s'il en a encore pour longtemps. Il me répond qu'il devrait partir dans 15 minutes. Je profite de ce léger délai pour me diriger vers le cimetière anglais, juste en arrière, pour accorder ma guitare. Je passe donc les 15 prochaines minutes dans ce lieu étrange. Après l'accord de ma guitare, j'ai un peu de temps libre pour contempler la décrépitude humaine dans toute sa splendeur: un gars est couché en dessous d'un banc de parc à 17h30. Il doit être complètement défoncé au crack ou à l'héroine. C'est de toute beauté. Dans un autre coin du cimetière, un gars est en train de remettre ses culottes et de remonter son zipper. Vient-il de pisser dans le cimetière?
Je suis donc là, debout, à regarder tout ce monde là autour et à me demander dans quelle dimension je suis rendu. Probablement qu'ils pensent que je suis un enquêteur de police déguisé en musicien de rue qui les étudie pour les inculper...
Heureusement, le guitariste de flamenco ramasse bientôt ses affaires et je me précipite vers le spot laissé libre, comme un vautour. Pendant qu'il ramasse ses affaires, j'en profite pour jaser un peu avec lui. Il est bien sympathique et il me parle de ses moyennes de récoltes. Ça semble ressembler pas mal à ce que je me fais moi aussi (10 ou 15$ en moyenne). Par contre, son plus gros billet reçu en est un de 20$ alors que pour ma part, mon plus gros don fut de 5$.
La soirée se déroule plutôt bien. Je me rends compte que ma nouvelle toune de Cat Stevens pogne pas mal chez les passants ("On the road to find out") et je me devrai de l'apprendre par coeur au lieu de répéter toujours les mêmes lignes à l'avenir. La soirée commence une fois de plus en puissance pour devenir comateuse après environ 30 minutes. Puis, après au moins une heure de tranquilité excessive, les passants recommencent à me donner un peu d'argent (ce fut sans contredit ma soirée où le nombre de dons - pas le montant total - fut le plus élevé depuis le début de la saison 2007).
Je terminerai ma soirée avec 16,25$ dont beaucoup de petite monnaie cette fois. Et j'aurai joué de 17h30 à 19h45 environ.
****************************
En revenant chez moi, ma mère m'a appelé pour m'annoncer que Maxime, mon ancien voisin de St-Rédempteur, s'était suicidé tout récemment. Pauvre Maxime. Je ne l'avais pas revu depuis des années, mais ça me peine de savoir qu'un jeune diplômé en ingénierie, qui venait de terminer son baccalauréat, ait décidé de s'évaporer comme ça dans le néant. Ce qui me trouble le plus, c'est qu'il était plus jeune que moi et que je gardais le souvenir du petit gars de 6 ou 7 ans qu'il était lorsqu'il est déménagé. Bref, pendant une partie de la soirée d'hier, j'ai eu l'image d'un garçon de 7 ans aux cheveux frisés qui décide de s'accrocher après une poutre de sa cave parce qu'il vient de réaliser toute l'étendue de l'absurdité de l'existence. Salut mon garçon.
Inscription à :
Articles (Atom)