lundi 11 juin 2007

L'illumination

Jusqu'à tout récemment, je me disais que vers la fin de la vingtaine, une évolution intelligente impliquait de se ranger, de mener une vie raisonnable et idéalement, d'avoir des enfants.

Puis, lors d'un souper, la fin de semaine dernière, j'ai rencontré les "bébés-maisons", une gang d'amies à ma conjointe. Ce club sélect regroupe 3 filles qui sont toutes mariées, possèdent une maison et ont un ou des enfants.

J'étais stimulé à l'idée d'aller à ce souper, d'abord parce qu'on était sensé y manger des hot-dogs, mais aussi parce que je savais que j'allais entrer dans une autre dimension: une dimension paralèlle (ou peut-être même perpendiculaire) où les réalités de la maternité avaient éclipsé tout le reste de ce qui constitue l'existence. Je me disais que ça allait être une excellente occasion pour moi de tenter de désarçonner des gens trop sérieux.

Malgré mes grandes espérances, je n'ai pas réussi à dire grand chose. J'étais avec des gens qui se connaissaient tous depuis au moins 10, sinon 15 ans et dont l'attention était portée quasi exclusivement vers les enfants, malgré le fait qu'il y avait un grand terrain pour que ces derniers jouent en sécurité, à la vue des parents.

J'étais avec 6 adultes qui n'avaient d'yeux que pour les 5 enfants présents.

Comme le contact était plus ou moins aisé et que c'est toujours plus facile avec les enfants, je suis allé jouer dans le carré de sable avec deux petits garçons de 3 ans. Ensuite, je leur ai lancé le freesbie et j'ai joué au basketball pour finalement être appelé pour le souper.

Et c'est là que j'ai vu la dynamique de vie de famille dans toute sa splendeur. Outre la surveillance continuelle des enfants, je voyais des pères qui ne parlaient pas trop, qui avaient l'air de cheminer tranquillement vers la mort sans trop se poser de questions. Pendant ce temps, leurs blondes discutaient d'allaitement, de trayeuses à lait, de contractions et d'un paquet d'autres affaires dont personne n'a rien à foutre (malgré mon grand négativisme par rapport à l'humanité en général, je crois qu'une majorité de mères n'en ont rien à branler de jaser d'allaitement ou de contractions pendant des heures...)

C'est là que j'ai eu une illumination. Mon opinion comme quoi il serait dramatique de ne pas avoir d'enfants s'est effondrée, comme le World Trade Center percuté par un avion détourné par des talibans.

Je me suis rappelé que notre cerveau n'était utilisé qu'à 5 ou 10%. Et je me suis dit que de voir la proportion descendre à 2 ou 3% serait dramatique.

17 commentaires:

parisian cowboy a dit…
"notre cerveau n'est utilisé qu'à 4 ou 5%".... et encore, faut voir pour quoi ces 4 % sont utilisés !
La Patachou a dit…
Voilà! Moi je me dis que c'est toujours un désastre de voir ça et c'est probablement une des raison du pourquoi la maternité ne me fait pas tripper. Je trouve que ça devient un trip égo-centrique. Tu te trompes par contre sur l'intérêt de parler de l'allaitement et de tout ces machins: oui ça intéresse pleins de femmes, mais elles oublient que c'est pas toujours intéressant pour les autres!

Avoir des enfants il me semble que c'est l'accomplissement d'un couple et c'est ÇA qui est beau! Au moins, j'ai vu que mon homme était stimulant et serait vraiment un bon papa!
Véronique a dit…
Peut-être suis-je complétement naïve, mais j'ai l'impression que les personnes qui sont absorbées par leurs flots et ne voient qu'eux, sont les mêmes personnes qui étaient absorbées jadis par leur chien ou les rabais au La Baie.

J'ai l'impression que ce n'est pas une fatalité de devenir plate (ou du moins redondant) en ayant des enfants.

J'ai l'impression que je vais être différente. J'ai l'impression que je suis capable de cerner mon "auditoire", moi.

Peut-être que je suis naïve aussi.
Gooba a dit…
Oh là là, le blastage sur la maternité!!! Vous y allez fort!!

Un trip égocentrique?? Avoir des enfants, c'est tout le contraire. C'est comprendre en quelques instants le don de soi dans toute sa splendeur.

Il est vrai que certains parents ne savent pas parler d'autres choses que des enfants. Mais il faut un peu être dans le bain pour comprendre à quel point les enfants changent une vie.

Attendez que ça vous arrive, j'ai bien hâte de vous voir aller! ;-)
la marâtre a dit…
Jamais j'aurais cru t'entendre dire, ou pire écrire, que ce n'était pas le but ultime de ta vie d'avoir des enfants, et ce, sensiblement au même âge que tes parents t'ont eu...
Tu m'étonneras toujours!:)
Cyrano a dit…
Avec tout le bordel qu'on fout dans notre monde et notre égocentrisme exacerbé, je me dis que ce serait le bouttt si nous n'accomplissions même pas notre devoir biologique.

Le refus de la paternité ou de la maternité est la forme achevée du nihilisme contemporain. Si on va au bout de ce refus, et si on est honnête, il faut mettre fin à ses propres jours. Ça m'apparaît logique. Faut être drôlement prétentieux pour croire qu'on peut vivre pour soi-même, comme si on en valait vraiment la peine.
Tangerine a dit…
Je pense que c'est normal de 'penser bébé' quand on a les deux mains dedans, quand les enfants sont petits. Mais ça ne dure qu'un temps. Ensuite on reprend possession de sa vie.
Num a dit…
Je ne "trip" pas bébés même si j'aimerais vraiment en avoir un jour.

Là où je ne suis vraiment pas d'accord c'est quand tu dis que c'est égocentrique.

Quoi de plus égocentrique que de ne pas vouloir d'enfants pour vivre sa petite vie replié sur soi-même ??
Cricri a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Cricri a dit…
Je ne crois pas que ce soit égocentrique de vouloir des enfants. À la base il y a le désir réel de continuité de soi, de prendre soin, d'aimer.

Par contre, ce que je vois de plus en plus (quand on a pas d'enfant on voit les problèmes de ceux qui en ont de manière détachée et lucide puisqu'on ne se sent pas impliqué émotivement) ce sont des femmes qui, arrivées à la mi quarantaine ont envie de crisser tout ça là parce que leur ados presque devenus adultes ont changés tellement de comportement que cela ne cadre plus (consciement ou inconsciement) avec l'image qu'elles se faisaient dans leur tête !

Il n'est pas rare de voir des femmes qui alors deviennent comme frustrées de constater qu'elles ont quasi perdu leur vie à élever des enfants alors que ceux ci sont devenus ingrats, indépendants et tout...Ça je trouve que c'est égocentrique, au sens où ca prouve que malgré elles les femmes portent le désir secret que leurs enfants deviennent ce qu'elles souhaitent elles!....c'est somme toute de la projection.

Dailleurs, combien de femmes auraient des enfants si elles savaient d'avance que ces derniers ne tourneraient absolument pas comme elles le veulent ?...honnêtement, pas beaucoup je pense...

Une mère de cinquante ans me disait dernièrement qu'elle avait réalisé que même les discussions enfantine des débuts avec d'autres mères (le mien a marché plus tôt que le tien, il a fait des dents avant l'temps, etc etc) étaient une preuve qu'elle souhaitait se réaliser elle dans l'fond, au travers des enfants.....
Cette mère n'est pas déçue de sa fille, bien au contraire, elle l'éduque bien et a pour elle un amour inconditionnel de mère. Mais là, après 50 ans, elle commence à peine à réaliser ses rêves, à vivre, et voilà que ça lui fait se poser une question fondamentale : Pourquoi dans l'fond j'ai voulu des enfants ? Pour souhaiter me réaliser à travers eux ? Ou pour leur donner la vie point à la ligne et ils en feront ce qu'il voudront ?

Enfin, j'arrête...on pourrait en parler des jours et des jours....
La vie n'a pas voulu que j'ai des enfants. J'ai donc dû réaliser que l'on ne vient pas au monde pour systématiquement avoir des enfants soi-même. La vie doit être plus que ça...et honnêtement à 40 ans je ne le regrette plus du tout.

Mais ça faut pas le dire trop fort, parce que dans notre société, ne pas avoir d'enfant (par choix ou non) c'est être sans coeur...
La Patachou a dit…
Quand je dis égocentriqu (et là égo- centrique) c'est pas le fait que c'est égoïste d'avoir des enfants, parce que c'est vraiment le contraire. C'est que ces filles qui ne se centre que sur leurs enfants et les enrobes trop, empêches les petits de voir autour. Exemple: mon amie qui laisse son flot courir et découvrir, qui le fait garder une fois de temps en temps (pour comme elle me le dit: ne pas oublier son couple) a un petit qui va vers les gens, qui est curieux, se laisse prendre et joue avec les adultes et les enfants. Une autre qui ne fait que surveiller son flot, est toujours à l'attrapper avant qu'il n'arrive peut-être quelque chose, etc a des enfants qui pleurent, ne vont pas vers les autres, etc.

J'ai beaucoup d'ami(es) qui ont des enfants; certains me donnent vraiment le goût d'en avoir, mais d'autres me rendent presque stériles juste à les voir aller. Les enfants c'est la plus belle chose au monde parce qu'ils pensent différemment. C'est les adultes qui devraient prendre exemple sur eux et non le contraire.
Hikeman a dit…
je pense que le fait d'avoir des enfants est avant tout un choix personnel mais il faudrait cesser de démonifié ceux qui refusent d'en avoir. Personnellement je regarde ce que fait la race humaine fait à la planète et je me dit qu'un tel exemple de bêtise humaine est une symphonie dissonnante que je ne peux offrir à quelqu'un alors pourquoi le ferai-je en mettant un enfant au monde.

je préfère donc garder mes gènes pour moi, éviter les discussions sur l'allaitement et vivre ma vie
petite fraise a dit…
J'adore cette phrase: "je voyais des pères (...) qui avaient l'air de cheminer tranquillement vers la mort sans trop se poser de questions." Génial.

Sinon, je pense que avoir des enfants est une responsabilité que peu maîtrise. Aussi, il faut une certaine maturité et connaissance pour élever des enfants... De plus, l'important n'est pas ce que l'enfant accomplit, mais le fait qu'il devienne un adulte heureux. En cela, si j'ai des enfants, je pourrai dire que j'ai accompli ma tâche de mère... et je crois qu'il ne faut pas sacrifier ses rêves pour ses enfants... mais plutôt les intégrer à ceux-ci. De manière à devenir un exemple d'être accompli et heureux...
bibco a dit…
Eh que c'est drôle, un blog sur les gens qui sont probébégaga vs les bébépaspourmoi.
Est-ce que ça se pourrait tout simplement que les gens qui se fréquentent aient tout naturellement des atômes crochus, des goûts communs et une attitude face à la vie un peu semblable? Pourquoi s'étonner que leur bébé trip soit identique? De là à en faire l'exemple humanitaire de parents sans frontières c'est oublier qu'il y a d'autres façons de vivre la maternité et la paternité. Vivre et laissez vivre, mais surtout donner la vie, autrement qui va pousser nos chaises roulantes hein? Non mais sérieux, c'est un choix personnel de la donner cette vie ou non, mais surtout, s.v.p., ne me sortez pas l'excuse de l'égocentricité des parents...à ce compte, les sans enfants le seraient tout autant. Soyons simplement heureux de pouvoir choisir en toute liberté et assumons!
Le Voyou du Bayou a dit…
Avec ce texte, j'ai jamais eu l'intention de susciter un débat "Avoir des enfants VS ne pas en vouloir".

Je voulais seulement illustrer une tranche de vie qui m'a prouvé qu'avoir des enfants n'était pas toujours bénéfique pour la personnalité d'une personne donnée. C'est tout! Mais tant mieux si ça suscite des réflexions et que j'ai surtout pas récolté d'ostis de commentaires de merde tels que "LOL" ou "Quel bon texte" ou n'importe quelle autre criss de connerie du genre que certains se plaisent à écrire sur un paquet de blogs simplement pour s'attirer des visiteurs en retour.

Bref, je vous aime même si je ne comprends pas toujours où vous voulez en venir.
L'Indécise a dit…
C'est vrai que parfois, sous certains angles, avoir des enfants pourraient être comparer au fait de vouloir s'acheter un chien. Genre, pour mettre du piquant dans sa vie, pour s'oublier, pour s'obliger à s'occuper de quelqu'un, pour se faire croire de l'importance de notre vie...

Pourtant, je suis sûre qu'il y a plus. Ton poste m'a fait réfléchir..!

samedi 2 juin 2007

45Nord - 1er juin

Hier soir, je me suis rendu à la rencontre de blogueurs de la région de Québec qu'on appelle "45 Nord". Une fois de plus, le tout se déroulait au bar L'inox, situé non loin du Vieux Port de Québec.

J'arrive aux environs de 9h et, comme l'heure de début de l'activité est fixée à 20h et que les blogueurs sont selon moi des gens ponctuels et couche-tôt, je m'attends à être un des derniers arrivés.

Je reconnais bientôt Gharl accompagné de 2 garçons (Rémi Prévost et Le Lecteur ) dans un recoin du bar. Comme il n'y a que 3 personnes discutant sagement, je me dis que cette rencontre est un échec cuisant. Mais au moment même où j'arrive, Mary prend également place à la table. Quelques discussions démarrent pendant que je me dirige vers le bar pour commander un pichet. En attendant ma commande, une Virginie au look de gitane arrive dans le bar. Si vous avez fait le décompte jusqu'ici, vous noterez que les présences ont doublé en moins de 10 minutes. L'avenir apparait soudainement radieux et les blogueurs sont finalement moins ponctuels que ce que j'estimais.

Comme nous sommes disposés en rond autour d'une table et que nous sommes en bas nombre, une seule discussion a lieu à la fois. Ça parle un peu de politique, un peu de téléséries, on jase même de l'émission Ramdam à un moment donné, ce qui rend l'effet de mon pichet encore plus soporifique. Il faudra des stimulations à court terme car je risque de devenir végétatif avant longtemps...

Je prends donc l'appareil numérique à Virginie et je me mets à faire des petits vidéos mettant en vedette chacune des personnes présentes. Je pose donc des questions plus ou moins pertinentes à chacun afin de les challenger et de leur donner l'impression qu'il est en train de se passer quelque chose de vraiment mémorable.

Après au moins 30 ou 45 minutes à 6 personnes, arrivent Gab, Vanheu, Laura, Cath, Nick et même Pupuce et son chum. Wow, quel spectaculaire revirement de situation. La moyenne d'âge vient de dropper à 15 ans, mais nous sommes nombreux et nous avons soudainement un vibrant sentiment d'appartenance au monde des blogs.

Horripilé, horripilé horripilé. Vanheu critique le vocabulaire que j'utilise sur mon blog. Il dit que j'utilise trop souvent le mot horripilé. Il tassera quelques fois la main de devant sa bouche (comme vous pouvez voir sur la photo d'accueil de son blog) pour dire des grossièretés ou des réflexions déplacées, tout au long de la soirée. Vanheu est un être mesquin et vulgaire.

À 1h30 du matin environ, ça suffit, je m'en vais me coucher.

jeudi 24 mai 2007

Étude sociologique concernant les blogueurs

L'histoire nous dira si les blogueurs deviendront un phénomène sociologique d'importance. Pour l'instant, nous n'en sommes qu'aux débuts de ce mode d'expression. Difficile de saisir si nous aurons une petite place dans l'histoire sociologique de l'humanité. Permettez-moi d'en douter, mais on ne sait jamais. Quoiqu'il en soit, certains analysent déjà l'influence exercée par certains blogueurs sur la population du Québec, tel que nous l'apprenait plus tôt cette semaine mon idole Keeg.ca.

Afin de contribuer à défricher un peu plus cet univers du blog québécois, voici ma vision personnelle du phénomène et des différents types de blogs rencontrés sur la blogosphère ou insipidosphère (c'est selon). Un exemple de blogueur représentant chaque type est joint à la description.

Le blogueur d'eau douce (50% des blogueurs): Cette catégorie rassemble plusieurs blogueurs sans tenir compte du style d'écriture adopté. Il s'agit d'une catégorie qui rassemble ceux qui se lancent dans l'aventure du blog sans avoir évalué préalablement s'ils avaient assez de substance pour fournir pendant quelques semaines ou quelques mois. Il aurait peut-être fallu se poser la question plus en profondeur au lieu de perdre de précieuses heures à comprendre le fonctionnement d'un site d'hébergement. À tout le moins, il aurait été adéquat d'avoir un intérêt pour l'écriture remontant plus loin qu'à la découverte de la Célibataire Urbaine en se disant qu'elle est donc bonne et que vous aussi, pourquoi pas, vous seriez capables de faire croire à la province que votre vie est trépidante.

Le contemplatif (Virge): Le contemplatif est un blogueur pacifique qui décrit les plus petits moments de sa vie avec admiration et tendresse. Il est capable de s'émouvoir d'un rien, de voir la magie dans un bouleau, un érable ou une escapade sans trop d'importance. D'une attitude généralement positive et pleine d'espoir, le contemplatif semble croire en la nature humaine et n'a aucun ennemi connu sur la blogosphère.

Le banal (Keeg): Le banal n'hésite pas à énumérer le contenu de ses journées d'heure en heure, sans jamais se poser la question à savoir si ses écrits allaient être intéressants pour les autres ou pour lui-même, dans quelques mois, au moment de retourner lire ses archives. Le banal bénéficiant d'un "exposure" suffisant peut résulter en un type hybride, soit le banal-poseur. Alors que le banal lu par peu de gens ne sera jamais qu'un banal-anonyme, comme bon nombre de blogueurs de ce type (qui ne seront jamais que des blogueurs d'eau douce).

Le volubile (Pupuce24): Le volubile doit s'exprimer. Il sort se faire bronzer dehors et voit des bourdons: il doit s'exprimer. Il a arraché du vieux tapis de sa maison, il doit s'exprimer. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que 5 ou 6 messages soient publiés sur son blog à chaque jour.

L'éditorialiste (Qu'on se le dise en rose ): Ce blogueur traite des sujets d'actualité à la manière d'un éditorialiste. Sa couleur personnelle réside dans les quelques commentaires qui sont glissés dans son analyse de la situation. Se penchant sur des grandes questions philosophiques, politiques ou sociologiques, sa destiné est de n'être que peu lu et commenté étant donné que les blogueurs préfèrent majoritaiement se repaître dans les banalités du quotidien d'autrui.

Le caustique (moi-même): Le caustique est un blogueur utilisant la moquerie et la satire, parfois à tort, parfois à raison. Son pire cauchemar est de devenir un blogueur comme tous les autres, c'est-à-dire mièvre et sans intérêt. Il préfère déplaire que de laisser indifférent. Certains l'aiment, plusieurs le détestent ou à tout le moins, ne l'apprécient pas. Mieux vaut susciter une impression négative que pas d'impression du tout. Au moins, on existe? Le caustique tente ici de vous faire comprendre sa mentalité.

Le dysfonctionnel ( ) : Afin d'éviter la réception de commentaires anonymes et haineux de la part de ce type de blogueur, aucun lien relatif au dysfonctionnel n'est présenté. Ce type comprend le blogueur haineux, le borderline-pédophile, le maniaco-dépressif et tous ceux qui tiennent un blog à jour pour faire sortir toute la pourriture et le moisi qu'ils ont par en dedans. Ces blogueurs dépassent fréquemment les limites du bon goût. Beaucoup plus souvent que le méchant caustique.

Le poseur (La ville s'endormait): Le poseur prend plaisir à faire montre de ses qualités, de ses connaissances ou de son savoir-faire. Le poseur s'aime. Le poseur aime mentionner qu'il s'aime. Et lorsque des lecteurs manifestent un certain dérangement par rapport aux excès de narcissisme du poseur, ce dernier explose en exprimant son découragement par rapport au manque de discernement des lecteurs qui ne savent pas reconnaitre l'humour (là où il n'y en a PAS...).

Vous reconnaissez-vous là-dedans?

jeudi 17 mai 2007

La réponse de mon ami Marcel

Vous vous rappelez mon message adressé à Marcel Leboeuf en avril dernier?

Non?

Voici un petit raffraichissement:

-----Message d'origine-----
De : Patrick [mailto:pb1979@hotmail.com]
Envoyé : 3 avril 2007 16:16
À : info@marcel.ca
Objet : Commentaires d'un fan parmi tant d'autres

Bonjour Marcel, Je suis un jeune homme de presque 28 ans, habitant Lévis. Je travaille pour la fonction publique provinciale depuis tout près de 5 ans. Je me dois d'avouer qu'il m'arrive souvent de constater avec effroi que ma vie y a perdu toute sa saveur. Au fil du temps, je me suis senti ternir de plus en plus, pour finalement avoir l'impression d'avoir pris la teinte de mes paravents.

Et que dire de mes collègues... Une horde de baby-boomers, laids, encroûtés et ankylosés par une vie à se tourner les pouces en ayant l'impression d'être utiles pour la société. Chaque jour qui passe me fait constater que la motivation n'est définitivement pas le dénominateur commun à la fonction publique. En fait, l'espérance de la retraite est l'unique motivation chez la plupart de ces fonctionnaires condamnés à une mort précoce suite une inutile carrière passée à respirer de la crasse provenant des paravents les entourant.

Tu sais Marcel, quand je pense à toi, je me sens à des années lumières de la fonction publique. La fougue de tes rôles, comme celle du sympathique concierge dans Chop Suey, ou encore celle de l'autoritaire Directeur d'école de Virginie me permettent d'échapper quelques instants à la morosité du quotidien. C'est un de mes rares échappatoires quand je me sens écrasé par la lourdeur de mon quotidien.

La question que je me pose est la suivante: T'arrive t-il de présenter ta conférence sur la motivation à des groupes de fonctionnaires? Je crois que cette formation "La passion selon Marcel" serait grandement bénéfique pour bon nombre de fonctionnaires. Surtout quand on sait que l'immense majorité, sinon la totalité de ces fonctionnaires cheminent vers le travail d'un pas pesant, tous les matins.

Merci de ton attention et continue d'être un porteur d'espoir.

Patrick

*****************************

Eh bien hier, le 15 mai, j'ai reçu le plus beau cadeau d'anniversaire que la vie ne pouvait pas me faire. Oui, mesdames et messieurs, j'ai reçu une réponse écrite de la part de Marcel Leboeuf. J'étais tout excité, car vous savez, moi quand j'ouvre ma boite Hotmail, c'est presque exclusivement de la marde qui s'y trouve. Et pour une première fois depuis belle lurette, je voyais un prénom québécois avec un sujet de message en français. C'était suffisant pour qu'un bienfaisant frisson de plaisir ne secoue mon corps...


De : Marcel Leboeuf
Envoyé : 15 mai 2007 18:57:32
À : pb1979@hotmail.com
Objet : TR: Commentaires d'un fan parmi tant d'autres

Bonjour Patrick,
J'ai bien aimé la lecture de ton courriel et il est vrai que pour beaucoup de gens la retraite reste leur seuls but! Et pourtant la vie peu être tellement belle pour tout le monde.Pour ce qui est des conférences corporatives c'est ce que je fais le plus et pour plus d'information tu as juste à consulter :
Jean-Claude Pitre Les productions Marleb Inc
mailto:Incconference@marcel.ca
www.marcel.ca
514-231-6159
Trouve-toi une passion et tu verras la vie d'une autre manière.
Bonne fin de journée
Marcel Leboeuf



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Je dois avouer que j'ai été ébranlé par la profondeur des propos tenus par Marcel. On peut voir que son chemin de Compostelle l'a véritablement empli de sagesse. Moi qui ne comprenait pas pourquoi ma vie passée à me bercer sur ma fucking rocking chair en regardant le mur était si ennuyante, je comprenais maintenant qu'une passion était l'épice qui manquait dans le potage insipide qu'était mon quotidien.

En vérité, je vous le dis, achetez-vous une guitare et la lourdeur de l'existence vous paraitra bien plus supportable. - Marcel Leboeuf Chapitre 3 Verset 8

Ceci étant dit, j'aurai atteint mon but de créer le contact avec une autre vedette. Vous vous rappellerez d'ailleurs peut-être que:

En juin 2006, j'écrivais à Lulu Hughes (voir archives) sans réponse de sa part.
En janvier 2007, j'écrivais à Jean-Thomas Jobin avec une réponse de sa part.
En avril 2007, j'écrivais à Marcel Leboeuf avec une réponse de sa part.

Mes tentatives de contact avec les superstars du showbusiness québécois obtiennent un bon taux de réponse (66%). C'est donc empli de confiance en mes capacités que je vous demande:

À qui devrais-je maintenant écrire?

mercredi 16 mai 2007

28 ans

Grâce à la magie du blog, je peux me rappeler que l'année dernière, j'écrivais que mes 26 ans se terminaient en mangeant des raisins et en flattant mon minou.

Grâce à la magie de Blogspot, je peux maintenant devancer la date d'écriture de ce texte, comme si j'avais rédigé le tout à minuit, le 16 mai, au lieu des 22h30 du 15 mai...

Cette année, j'aurai passé la dernière soirée de mes 27 ans à creuser une tranchée entre le terrain de mon voisin et le mien pour éventuellement y planter une haie de cèdres. Puis, j'aurai parlé au téléphone, pour finalement finir la soirée en mangeant un sac de chips devant les nouvelles de 22h avec l'anchorwoman gouine, Sophie Thibeault.

C'est donc en cet exécrable 16 mai 2007 - pour lequel on annonce une température de 3 degrés celcius avec de fortes bourrasques et peut-être même de la neige - que je célèbre mon 28ème anniversaire de naissance. Une bien triste température pour un si gentil garçon.

Mais au juste, qu'est-ce que c'est 28 ans?

C'est 10 ans d'expérience dans la majorité. Et qu'est-ce qu'on peut en dire de la majorité?

On peut en dire que le bonheur ne vient pas avec le droit de sortir dans les bars, quitte à briser tous les rêves des ados qui ont si hâte de sortir légalement dans les bars sans avoir à se bricoler de fausses cartes. Le bonheur est aujourd'hui les amis, s.v.p. prenez en conscience. Sinon je vais continuer à mépriser plein de monde pis je suis tanné là. Tanné des gens qui ne réalisent pas les évidences pendant que la vie avance.

Car oui, le temps passe. Et 1979 est une année de plus en plus éloignée...

lundi 14 mai 2007

Réflexions éparses

J'étais en train d'essayer de composer un texte sur mon blog lorsque je me suis dit: "Tiens tiens, je vais prendre une photo de moi de dos pour que les gens saisissent ce que ça pourrait être de venir me porter une tisane pendant que je taponne sur mon ordinateur". Je réaliserai par le fait même le rêve de plusieurs, particulièrement certains blogueurs aux orientations sexuelles ambigues (Numérologue, Keeg, l'ex-barman prétentieux qui fait son gars viril à tour de bras mais qui mène probablement une double-vie en dehors de son blog, et plusieurs autres...).

Vous savez, très bientôt, j'aurai 28 ans. Ayant fait ma crise existentielle à l'âge de 17 ou 18 ans (Y'a t-il un Dieu dans l'Univers? Est-ce que mon âme va s'éteindre avec moi? Qu'est-ce que je vais faire dans la vie? Vais-je vivre assez vieux pour continuer à me poser de pareilles questions?) je ne m'assaille plus un million de questions obsédantes relatives au fait de vieillir. Non, je vis assez bien avec ça, de toute façon, jamais je ne retournerais en arrière, sauf peut-être pour m'inciter à rester chez moi, le soir où je me suis fracassé le crâne sur un mur en jouant au hockey cosom.

Présentement, à quelques heures d'un autre vieillissement, je contemple mon passé. Je me demande ce que certains vieux amis sont devenus? Je me demande pourquoi je n'ai pas eu de conventum de 10ème anniversaire de fin d'études secondaire? Je me demande pourquoi j'ai eu 13 commentaires pour mon dernier texte alors que c'était si peu constructif comme écrits? Je me demande si je vais réussir à faire fonctionner mon logiciel Cubase pour enfin recommencer à composer de la musique après plusieurs mois d'inactivité? Je me demande si le fossé entre ma soeur et moi va continuer de s'agrandir comme c'est le cas depuis qu'elle est avec un garçon que je méprise et que je ne considère pas assez bien pour elle. Je me demande l'espérance de vie de mon minou qui aura bientôt 10 ans? Je me demande si les deux-tiers restant de ma vie passeront aussi vite que le premier tiers? Je me demande si ma prochaine table de patio va durer plus longtemps que celle qui a explosé en fin de semaine dernière? Et je me demande où sont passés les vrais rebelles?

Quand j'étais un petit garçon qui lisait le Je-me-petit-débrouille, je me disais que vieillir impliquait d'évoluer au travers de milliers de gens évolués, très intelligents, et surtout, que plusieurs de ces très évoluées personnes allaient m'accompagner tout au long de mon existence. Je me disais qu'avec ces grands penseurs qu'allaient être mes amis, les froides soirées d'hiver se dérouleraient auprès de la cheminée en buvant un bon Quick bien chaud. Nous en profiterions pour rire du passé, en nous remémorant les nombreuses bombes puantes que j'avais pitchées dans l'école en secondaire 5.

Mais ce que je ne savais pas, quand j'étais un tout petit garçon, c'est que vieillir, c'est avoir de plus en plus d'emprise sur soi-même, mais de moins en moins sur les autres. Mais c'est peut-être pour le mieux? Car tout le monde, ou presque, se sent mieux dans sa peau en vieillissant, au fur et à mesure que les gangs s'érodent et que notre entourage s'épure puis se volatilise.

Serait-ce une conclusion sur une note d'espoir? Aucune idée, à vous de me le dire...

jeudi 10 mai 2007

Ma première soirée comme musicien de rue en 2007

Tel que prévu, je me suis rendu ce soir, pour une première fois en 2007, sur la rue St-Jean pour faire un peu de rock and roll acoustique en plein-air.

Il faisait beau, il faisait chaud (27 degrés celcius!), les gens semblaient de bonne humeur et je me disais que la rue St-Jean allait être animée, particulièrement dans le secteur du Tutto Gelato auquel je faisais face.

À 18h, c'est plutôt tranquille. Certains reviennent encore du boulot et la plupart des autres sont en train de souper chez eux en écoutant Pierre Jobin relater les faits divers du jour et Nathalie Clark faire étalage de la vaste étendue de ses connaissances météorologiques.

Moi, pendant ce temps là, j'étais en train d'accorder ma guitare sur mon petit banc en me demandant si j'allais me rappeller d'une seule chanson au complet sans lire mon cahier de partitions...

Comme pour l'année dernière, j'ai débuté avec "Pigs on the wing" de Pink Floyd. Pièce qui ne m'a jamais rapporté une cenne mais qui est bien plaisante à interpréter et qui permet de se mettre dans l'ambiance sans effectuer tout de suite une pièce plus connue, donc plus payante (qu'il est préférable de faire lorsqu'on est plus réchauffé). J'essaie d'être stratégique dans mon choix de tounes quand même.

Contrairement à ma première expérience de l'année dernière (voir: Les aventures de Pat à FIFONLAND dans les archives de juillet 2006), il n'y eut aucun événement vraiment marquant au cours de cette soirée. J'ai interprété mes chansons sans trop de gêne et je n'ai même pas eu à caler 2 bières pour vaincre mon angoisse. De toute façon, je n'ai plus d'ami qui habite dans le coin pour aller faire pipi chez eux. Je me dois donc d'être tendre avec ma vessie.

La toune la plus payante de la soirée aura été sans contredit "Basket Case" de Green Day. Pour le reste, il y aura eu de grands moments sans passants ou sans dons. J'aurai tout de même eu du plaisir bien que j'eusse été assez rouillé de plusieurs mois d'inactivité à la guitare.

Après moins d'une heure et demie de musique, j'avais la voix presque finie. Même chanter une toune de Cat Stevens m'était difficile. J'ai donc décidé de plier bagage, en considérant que cette soirée n'aura été qu'une occasion pour m'ajuster à la saison estivale 2007.

Magot récolté: 9,90$ en excluant les 3$ pitchés initialement par moi-même dans mon étui pour créer un effet d'entraînement. Je tiens à préciser que ce montant pour 1h30de musique ne correspond même pas au salaire minimum. Ainsi, j'enlèverai tout argument monétaire à ceux qui seraient tentés de me dire "t'as pas une job toi?".