mercredi 17 janvier 2007

Calculs pour occuper son temps

Il est de notoriété publique que le mois de janvier est plate et long. On reste cloîtrés chez soi, y fait frette, y'a plus de bons films féériques - nous faisant croire que la vie est remplie de magie - et la pression des fêtes est disparue, nous faisant cheminer vers un état quasi-dépressionaire. Bref, les jours, et surtout les soirs, sont longs. C'est dans ces périodes là qu'on se dit: "Coudonc, c'est ben long la vie... Ça finit tu bientôt??"
Donc, cette semaine, lors d'un souper chez mes parents, je me suis enquéri de l'âge auquel mes quatre grand-parents étaient décédés. 
 
La moyenne donnait environ 80 ans, ce qui est pas mal la moyenne pour un Canadien de bonne famille.
Bon ok, alors il me reste un peu plus de 52 ans à vivre selon les statistiques actuelles. Donc, encore 30 ans de carrière au gouvernement, puis 22 ans de retraite (à moins que la retraite ne soit accessible qu'après 40 ans de carrière dans le futur). 22 ans à jouer au FreeCell sur mon ordinateur! À aller jaser avec le petit commis du dépanneur et à m'acheter des gratteux. À manger des peppermints sur ma chaise berçante en écoutant la poule aux oeufs d'or 10ème génération et en vivant avec l'espérance d'aller confronter le petit-fils de Guy Mongrain en direct à la télévision.
 
Le futur m'excite.
 
Avez-vous déjà fait cet exercice, et si oui, capotez vous à l'idée de savoir que vous avez atteint un pourcentage significatif de votre espérance de vie ou que vous allez vivre jusqu'à un âge si avancé que l'incontinence et la sénilité feront partie intégrante de votre quotidien?

mardi 9 janvier 2007

À toutes les filles du réseau contact

J'aurai longtemps songé à écrire ce texte. Jamais de façon aussi précise et aussi directe que ce sera le cas aujourd'hui. Mais je sens qu'il le faut, cette fois. Je suis rendu là et que je dois mettre les choses au clair, quitte à écrire le texte le plus perturbant que vous ne lirez en ce 9 janvier 2007.
 
Depuis deux ans et quelques mois, j'ai rencontré des centaines de filles par le biais du Réseau Contact. Combien? Je ne sais pas trop. Au moins deux centaines, sinon trois.
 
J'en connais qui auraient tout sacré ça là après 3 ou 4 rencontres décevantes, peut-être même seulement 3 ou 4 discussions ennuyantes, sans rencontre. Mais que voulez-vous, je suis un garçon persévérant ayant pleinement conscience du peu de possibilités pour rencontrer de nouvelles personnes dans la vie de tous les jours. J'ai donc tenu bon, me disant qu'il n'y avait pas grand chose de mieux pour m'occuper et pour, peut-être, tomber sur la bonne fille pour moi.
 
Je ne reviendrai pas sur toutes ces filles que j'ai rencontrées, l'ayant déjà fait à quelques reprises auparavant. Par contre, je vous avouerai que malgré mes dénigrements occasionnels des sites de rencontre, j'ai vécu d'espoir et d'illusion plusieurs dizaines, sinon centaines de fois. C'est fou ce que le mystère d'une fiche de présentation et une photo avantageuse peuvent produire comme effet chez le célibataire idéaliste et rêveur.
 
Quand l'heure de la rencontre arrivait, je me retrouvais souvent face à une fille avec un immense cul et/ou un visage sans expression et/ou un charisme s'approchant du zéro absolu et/ou une odeur me faisant lever le coeur et/ou bien souvent, une personnalité handicapée socialement comme j'en ai rarement rencontré dans la vie de tous les jours. Parfois, la fille était bien correcte, mais ça cliquait juste modérément entre nous. Plus rarement, ça cliquait assez pour envisager une suite, une deuxième rencontre. Au-delà de cette deuxième rencontre, il y avait souvent des rapprochements, toujours éphémères (je l'admets, j'ai presque toujours été le responsable de la courte durée des relations, me tannant bien vite dans la majorité des cas).
 
Mais avant d'en arriver à un résultat moindrement concret, combien de discussions pathétiques dans ce style là j'aurai enduré:
 
Le Voyou du Bayou: Salut, ca va la vie?
Cyber-truie (nom fictif): oui
Le Voyou du Bayou: Si tu m'as ajouté à ta liste, ça doit être parce que tu viens du réseau contact?
Cyber-truie (nom fictif): oui
Le Voyou du Bayou: Ok, tu fais quoi dans la vie
Cyber-truie (nom fictif): travail, sorties, cinéma, amis
Le Voyou du Bayou: Ok, c'est quoi ton travail?
Cyber-truie (nom fictif): secrétaire
Le Voyou du Bayou: Ok
Cyber-truie (nom fictif): toi
Le Voyou du Bayou: Je travaille pour le gouvernement
Cyber-truie (nom fictif): Ok
 
 Et là, je savais déjà, après 5 minutes, que ça ne s'en allait nulle part et que malgré sa photo attirante, j'allais devoir faire un bloc-delete de cette cyber-truie n'ayant absolument rien de constructif à déclarer. Après tout, comment une personne n'ayant rien à dire et étant incapable de faire des phrases avec sujet + verbe + complément pouvait s'avérer intéressante pour qui que ce soit ayant un cerveau fonctionnel? En fait, je pense qu'au moins 50% des filles m'ayant ajouté à leur liste étaient de pareilles cyber-truies.
Mais je continuais en me disant qu'après tout, j'avais connu Émilie là-dessus. Et si j'avais réussi à connaître une fille m'ayant tant marqué, j'avais l'impression qu'à force de volume, je finirais par trouver un équivalent ou même quelqu'un d'encore mieux. J'espérais et persévérais, malgré les déceptions qui s'accumulaient et les rares filles intéressantes que je rencontrais.
 
Et cet automne, dans un paroxysme d'efficacité, j'ai baisé avec 4 filles du réseau contact (pas en même temps, bien sûr...). Je ne l'ai pas écrit aussi crûment auparavant, parce que je trouvais que ça n'avait pas sa place. Mais là, je le dis, pour que vous sachiez tous que c'est arrivé et surtout parce que ça ne m'a mené absolument nulle part. En fait, ça m'a fait du bien que ça arrive tant de fois en si peu de temps. Ça m'a fait me sentir beau et intéressant. Parce qu'en arrivant si fréquemment, on écarte la théorie de l'exception ou du cas isolé. Après une grande partie de l'année vécue sous le signe de l'abstinence, je fourrais allègrement. Mais à long terme, ce fut totalement inutile puisque les atomes crochus ont toujours décroché.
 
Je m'en crisse que mes termes soient vraiment crus et déplacés. Je veux que tout le monde le sache. Je veux que vous soyez aussi troublés par mon discours que je suis troublé de constater que ces années - qui ont fait de moi un cyber-cruiseur aguerri et habile pour accrocher l'attention- n'ont servi à rien. Tout simplement parce que je suis devenu un pro de la pêche au crapet-soleil alors que j'aime manger de la truite.
 
Pendant la dernière période des fêtes, j'ai connu une fille s'appelant Maude. Notre rencontre fut plaisante et les atomes crochus semblaient être au rendez-vous, pour une rare fois. La fille avait de la personnalité et de la "drive", tout en étant sympathique (ce qui est rare). De plus, elle avait lu mon blog en bonne partie et l'avait trouvé intéressant sans paraitre choquée par les passages plus punchés.
 
Quelques jours plus tard, elle est venue souper chez moi. Nous nous sommes collés puis embrassés. Je ne sais pas pourquoi, mais il y eut un malaise à partir de ce moment là.
 
Dans les jours qui ont suivi, un éloignement s'est produit, comme au moins deux fois auparavant, avec des filles du réseau contact. En bonus, j'eus même droit à quelques savoureux mensonges, me permettant de prendre pleinement conscience que ça n'allait déjà nulle part. À titre d'exemple, elle me fit croire qu'elle allait écouter le hockey chez un ami un bon soir. Mais étant invisible, je la vis connectée sur MSN ainsi qu'en ligne sur le réseau contact. C'est fou comme les gens ne prennent pas conscience des traces qu'ils laissent un peu partout... Bref, ce n'était pas de bonne augure. Et le sentiment d'exclusivité qu'on cherche tous, je venais de réaliser que ce n'était pas cette fois ci que j'allais le trouver.
 
Le lendemain, au téléphone, je lui demandai comment s'était passée l'écoute de la partie de hockey chez son ami. Elle bafouilla en me disant qu'elle n'était pas restée tard mais que ça avait été plaisant. Ah le bafouillage, pas besoin de détecteur de mensonge avec ça... Comme on avait parlé de faire quelque chose ce soir là, je lui ai demandé ce qu'elle faisait de bon. Elle me dit que son amie s'en allait manger des sushis chez elle et qu'elle allait coucher là. C'était l'histoire idéale pour fermer la porte à une potentielle offre pour faire quelque chose ensemble. Cette fois, pas de doute, j'ai clairement compris que c'était une autre histoire morte-née pour moi.
 
Et là, l'accumulation s'est faite sentir plus forte que jamais auparavant. Qu'est-ce que ça allait me prendre pour que je comprenne enfin? Une autre centaine de rencontres? Quelques milliers d'heures de discussions MSN de plus? Un paquet de nouvelles correspondances par courriel avec des filles qui semblent bien articulées et intéressantes mais avec qui l'attirance physique et/ou mentale n'allait pas être au rendez-vous lors d'une rencontre en personne?
 
Non, il n'y avait rien à faire de plus. J'avais fait tout ce que j'ai pu. De plus, les rencontres Internet, c'était rendu comme sortir les vidanges ou aller chier. C'était rendu d'une banalité totale. Cet élément là a peut-être joué pas mal, dans le fond. Peut-être qu'en n'étant plus stressé, en trouvant ça routinier, j'ai fini par avoir une attitude de vendeur de balayeuse qui connait à fond son produit et qui sait réagir de façon adéquate dans quelque situation que ce soit. Peut-être. Mais à dire vrai, les examens de conscience, j'en ai rien à foutre. J'ai toujours fait ce que j'ai pu, j'y suis allé avec ma bonne foi à chaque fois. J'ai jamais joué de "game" et j'ai surtout - contrairement à bien des gens - essayé d'accorder de l'exclusivité aux gens qui en valaient la peine.
 
Qu'en aurai-je tiré, de toutes ces rencontres, de ce pourcentage substantiel de la population féminine de 20 à 30 ans de la région de Québec rencontré autour d'une bière? Qu'une myopie un peu plus prononcée et beaucoup, beaucoup d'heures investies sur des gens dont la compagnie n'aura jamais été rentable.
Ces écrits se veulent un uppercut à toutes les filles qui fréquentent le Réseau Contact. Ça se veut aussi une opération d'estropiage de ma propre personne. Parce que je sais que le vide de mes soirées de semaine pourrait me donner le goût d'y retourner avant longtemps. Mais avec ce texte, je cherche à me rendre aussi indésirable que possible pour toute adepte du cyber-cruisage. J'ai gaspillé énormément de temps là-dessus, énormément de journées et de soirées à espérer découvrir la perle au milieu du tas de merde. Mais je me leurrais; il n'y avait qu'un gigantesque tas de merde...
 
Je me suis longtemps dit qu'en dehors du réseau contact, il n'y avait pas grand chose pour rencontrer de nouvelles personnes. En effet, y'a vraiment pas grand chose. Mais au moins, dans la vraie vie, on sait un peu plus à quoi s'en tenir, on voit au moins la face de la personne à qui on s'adresse. J'essaierai de cruiser les filles qui font chier leur chien dans la rue, tiens donc. Oh la belle crotte que votre chien est en train de faire là mademoiselle.
 
Pourquoi pas osti de criss?
 
Ceci étant dit, je n'écrirai pas de nouveau texte avant quelques jours afin de m'assurer que la plupart des filles sur ma liste MSN (i.e. celles qui proviennent du réseau contact) liront ce texte. J'espère que ça les "shakera" un peu avant qu'elles ne me "bloc-delete" de leur liste. 
 
Et suite à cette lecture, quand plus aucune fille provenant du cyber-espace n'aura quoique ce soit à foutre de moi, je me dirai que j'aurai atteint mon objectif de me tirer dans les deux jambes. J'attendrai ensuite patiemment que le Bon Dieu projette sa lumière divine sur moi, me faisant devenir l'élu sur le passage de qui toutes les filles du monde réel se revireront, puisqu'il n'y aura plus qu'en chair et en os que je pourrai envisager de développer une relation de couple.
 
D'ici ce jour utopique, allez toutes chier.

vendredi 29 décembre 2006

Récapitulation de l'année 2006

Ayant une facilité déconcertante pour me projeter dans le futur, je suis capable de me visualiser assez clairement, en l'an 2066, dans mon hospice. Entre deux bouchées de biscuits soda, il m'arrivera assurément de contempler intérieurement mon passé. Et puisque je serai possiblement au seuil de la démence à cet âge là, je prévois ici le coup en relatant les grands moments de ce qui se sera passé au cours de cette année qui s'achèvera dans un peu plus de 48 heures.
 
L'année 2006 a commencé avec un changement de boulot. Je me rappelle ce jour du 9 janvier 2006 lorsque je suis passé à deux doigts de vomir à plusieurs reprises à la vue répétée d'un de mes nouveaux collègues (un être puant, malpropre et complètement inutile pour la fonction publique) qui avait les narines toutes croûtées de morve séchée. Je sais que ça doit être la 3ème fois que j'en fais mention sur ce blog, mais ce fut probablement la vision la plus dégueulasse de toute ma carrière, passée et à venir, au sein de la fonction publique. 
 
Même mon futur alzheimer ne devrait pas venir à bout de ce souvenir inqualifiable.
Je me rappelle ensuite m'être dit très vite qu'il n'y avait pas d'ambiance dans ce bureau là, et que je n'allais pas y rester éternellement.
 
Je me rappelle Audray, quoique ça ne me dérangerait pas que l'alzheimer m'enlève ce souvenir de la seule fille qui m'aura fait de la peine en 2006. Je hais cette idée d'avoir aimé une fille qui ne m'aura pas aimé.
 
Je me rappelle avoir fait la connaissance de Xavier et m'être dit qu'un enfant comme ça, ça va dans une cage.
 
Je me rappelle cet été comme musicien de rue, et particulièrement cette première soirée où j'étais si terrifié que je me suis emmené 2 bières que j'ai bues dans le cimetière anglais pour être moins angoissé. Je me rappelle ensuite avoir eu souvent l'impression d'être une véritable travailleuse sociale à l'écoute des itinérants qui erraient sur la rue St-Jean, en train de cuver leurs King Cans de Old Milwaukee. Je me rappelle les petits enfants qui me regardaient et qui trippaient, les gens qui me pitchaient leur monnaie indésirable (cents noires) et ceux qui arrêtaient pour chanter avec moi ou me regarder avec le sourire. Je me rappelle surtout avoir trouvé que c'était mon plus bel été depuis très longtemps..
 
Je me rappelle ma rencontre du 4ème type du 12 juillet. L'histoire que j'ai relatée constitue assurément mon aventure la plus percutante de tout ce blog.
 
Je me rappelle le terrassement réalisé promptement et efficacement chez nous en août, ainsi que la verdure de mon terrain battant haut la main celle de mes voisins (me procurant ainsi fierté et notoriété). Toujours dans la catégorie "aménagement de son chez-soi", je me rappelle l'assemblage de mon cabanon, qui allait toutefois basculer deux mois plus tard lors d'une journée particulièrement venteuse.
 
Je me rappelle les mois d'octobre et de novembre qui ont compensé pour le vide quasi-total du reste de l'année 2006, au niveau de la séduction.
 
Je me rappelle ce mois de novembre où je suis retourné d'où j'étais parti en janvier 2006. Je me rappelle ma joie incommensurable de réaliser qu'en moins d'une semaine, au moins 10 fois plus de personnes m'avaient adressé la parole qu'en 10 mois au sein de mon bureau précédent.
 
Finalement, je me rappelle avoir constaté que ce blog avait des impacts très positifs sur mon moral (et peut-être sur le vôtre aussi?). J'ai beaucoup apprécié le tenir à jour et vous partager certaines de mes expériences. Bien que certains textes m'apparaissent franchement ennuyants avec le recul, il y en a d'autres dont je suis très fier. C'est probablement à partir de la moitié de l'année 2006 que j'ai écrit mes meilleurs textes ici.
 
C'est ici que se termine pour moi l'année 2006.

dimanche 17 décembre 2006

Week-end night life

L'année achève. C'est le temps de rentabiliser ses fins de semaine au maximum... 
 
Vendredi au Turf
 
Ce vendredi, je me suis rendu au Bar Le Turf, à Québec.
 
J'étais particulièrement en forme pour établir le contact avec les étrangers puisque j'adressai la parole à quelques inconnus, dont un dans les toilettes qui était particulièrement expressif. Bien que son débit de niaiseries fusse particulièrement élevé, c'était un garçon sympathique et volubile (un peu trop). Je lui fis part du fait que j'étais avec deux autres garçons et que nous étions tous célibataires. Avait-il des amies célibataires avec lui? Oui, mais ces dernières étaient, semble t-il, très difficiles.
 
Nous allâmes les rejoindre quelques minutes plus tard. Les dites amies n'étaient absolument pas amenchées pour être difficiles. Nous les ignorâmes avec brio, car des filles difficiles sans charisme ne méritent que cela. Un gars me demanda d'où je connaissais le chef de la bande. Comme je trouvais que "j'ai pissé à côté de lui dans les chiottes" était une version drabe et un peu grossière, je lui ai dit que c'était une relation de longue date...
 
"Ça remonte à belle lurette" mentai-je effrontément.
Il me demanda si je le connaissais à cause de l'impro au Cégep Garneau:
"Oui, c'est ça!" m'exclamai-je!
"Connais-tu tel gars? (qui faisait de l'impro lui aussi)"
"Non, c'était pas dans mes années... mais moi je faisais la roche!" (Et me voilà en train de mimer une roche pour me donner un peu de crédibilité).
"Pas sérieux man!!!!"
"Ben oui! Je faisais tout le temps la roche!!"
 
Je riai intérieurement avec éclat. Il était cependant temps de quitter ce rassemblement de gens sans intérêt.
En bon tombeur, Mike Boy nous intégra plus tard à deux filles avec qui nous passâmes le reste de la soirée sur la piste de danse. Une de ces dernières me présenta à 3 filles au hasard sur la piste de danse, me disant qu'elle allait "m'arranger ça" (pour mon célibat). En fait, elle m'arrangea ça en me faisant sentir comme un puissant repellant puisque toutes les filles qui me furent présentées ne restèrent que bien peu de temps à mes côtés. Une s'est même sauvée avant même que je ne puisse dire quoique ce soit. Jamais je n'eus une si piètre estime de mon charme personnel.
 
J'eus une fois de plus droit à la question "Pourquoi t'as pas de blonde?" de la part d'une de nos nouvelles amies, cette fois. Que répondre à cela? Je ne pus faire autrement que de lui répondre: "Pis toi, pourquoi t'as un chum?"
 
Samedi au pub de l'Université Laval
 
Après des mois sans faire de sortie en commun, samedi soir, je me suis rendu au Pub de l'Université avec Mathieu.
 
Première constatation: Le pub a changé et c'est pour le mieux. J'aime beaucoup le nouvel aménagement, on se sent beaucoup plus à l'aise et c'est plus aéré.
 
Quelques discussions ont lieu. Mathieu me fait part à maintes reprises de son découragement par rapport à mes interventions qu'il considère presque toujours comme étant déplacées et complètement débiles. Il me mentionne également que sa blonde lui a demandé quel était son but de sortir comme ça dans un bar. Comme si une sortie par 8 mois allait mettre en péril leur couple. Inutile de dire que j'eus un haut-le-coeur instantané en entendant cela. Ça doit être pour ça que je suis tout seul moi: parce que le jour où une fille va me dire qu'une activité par 8 mois avec un ami que je ne vois presque jamais est une activité de trop, ça se peut que je lui dise des choses disgracieuses.
 
Une fille que j'avais rencontré il y a quelques mois vint nous voir pour nous offrir de danser le latino. Je lui présentai Mathieu comme étant un excellent danseur (exagération totale). Je me dis que ça lui ferait assurément un peu de bien de se frotter sur une autre fille que sa blonde. D'ailleurs, ça leur ferait un excellent prétexte pour diminuer la fréquence à une sortie par 2 ans plutôt qu'une sortie par 8 mois tant son couple aura été menacé par quelques pas de danse.
 
Donc pendant qu'il dansait, je sirotais ma bière en regardant les écrans géants. Quelle belle image que celle des télévisions à haute définition. C'était le constat indéniable de ces instants de solitude.
 
Je remarquai bientôt qu'une jolie fille avait pris place toute seule autour du bar. Elle se trouvait à environ 5 mètres de moi et buvait sa budweiser en regardant un peu partout. Mathieu était de retour à côté de moi, mais j'avais besoin d'un peu d'oestrogène (bien que Mathieu ait des répliques empreintes d'une forte dose d'oestrogène à l'occasion). Je décidai donc d'aller lui parler, ne serait-ce que pour avoir quelque chose à raconter sur mon blog. Après un peu d'hésitation, je me lève et vais la voir:
 
Moi: "Salut, est-ce que t'es toute seule?"
Elle: "Oui"
Moi: "Ataboy! C'est quoi ton nom?"
Elle: "Jennifer"
Moi: "Moi c'est Patrick, jasons!"
 
Et voilà que débute une dynamique discussion. La fille est bien sympathique, elle semble allumée et intelligente. Elle fait un bac en géographie, domaine que j'ai moi-même particulièrement affectionné il y a de nombreuses années. Je lui mentionne que j'ai un blog et que je suis allé la voir dans le but de parler d'elle sur mon blog, pourquoi pas? En fait, y'a ça et ses beaux cheveux bouclés qui sont en cause. Bien que j'essaie d'être le plus agréable possible, je note que malgré sa gentillesse et ses sourires, son intérêt à mon endroit est modéré. Vous savez, quand une fille vous trouve de son goût, y'a des petits gestes qui ne mentent pas. Et ces derniers étaient absents. C'est correct, elle était bien cute, mais je ne ressentais pas le besoin absolu de rencontrer la génitrice de mes futurs enfants.
 
Justification
 
Vous savez, un jour, j'ai écouté un vieux film de 1941 qui s'appelle Citizen Kane. Dans ce film, un vieux monsieur raconte que lors de sa jeunesse, il a vu une superbe jeune femme dans le métro. Il n'a pas osé l'approcher, ne sachant trop quoi lui dire. En sortant du métro, il s'est reviré et a vu la jeune femme le regarder et lui faire le plus beau des sourires. Le jeune homme est devenu adulte, puis homme mûr, puis vieillard. Mais au travers des âges, il n'a jamais oublié ce visage souriant. La potentielle femme de sa vie qui s'était révélée à lui quelques instants trop tard ne l'avait jamais quitté de tout le reste de sa vie. Comme un boulet silencieux qu'on traine en mémoire à chaque jour où on pense à ce qui manque pour qu'on soit heureux...
 
J'ai trouvé cette scène très triste. Ça m'a fait prendre conscience que de tous temps, les occasions manquées ont fait partie de l'histoire des gens. C'est évident hein? Mais qui en a vraiment pris conscience? Les portes entre-ouvertes méritent d'être poussées, même si c'est pour déboucher sur une pièce vide. Au moins, on en aura eu le coeur net.

mercredi 13 décembre 2006

La spatio-temporelle selon Mike Boy

Aujourd'hui, je dinais avec un ami du bureau. Habituellement, ces dîners sont la source de multiples récits relatifs à son rythme effréné de masturbation, dans le style: "Je te mens pas Pat, dimanche passé, je pense que j'ai rien que fait ça de ma journée... Je me suis levé pour déjeuner, mais j'avais tellement le goût que je suis retourné me coucher pour me branler. Après ça, je me suis levé pour essayer de faire de quoi, mais l'envie revenait toujours... Ça a fini que j'ai rien fait d'autre que ça de mon dimanche..."
Mais aujourd'hui, le côté animal de mon compagnon a été laissé de côté pour laisser place à un physicien des plus étonnants.
 
Je me dois de retranscrire notre conversation afin que vous puissiez bien comprendre::
 
Mike boy: "Toi, tu dois trouver tes soirées longues dans ta maison..."
Pat: "Ben je vois pas en quoi c'est plus long dans une maison que dans un appartement!?"
Mike Boy: "Ben c'est comme un poisson dans un aquarium, le temps passe vite car il a rien à faire!"
Pat: "!?!?!?! Je suis pas sûr de comprendre le lien entre l'espace et la vitesse d'écoulement du temps là!!"
Mike Boy: "Ben oui, moi quand je vais chez mes parents, c'est long, je vais dans le salon, c'est long, je vais dans le sous-sol, c'est long, je vais dans ma chambre, c'est long... Y'a comme plus de pièces pour trouver le temps long!"
Pat: "Ahaha ok, je pense que je commence à comprendre! Plus y'a de pièces, plus t'as l'occasion de te rendre compte qu'il n'y a rien à faire nulle part! Alors que dans un 2 et demi, c'est normal de trouver ça plate parce qu'ya pas beaucoup d'endroits à visiter!"
Mike Boy: "Exactement!"
 
Et c'est ainsi qu'un laborieux exercice de spatio-temporelle eut lieu autour d'une table, d'une cafétéria, d'un bureau quelconque. Nous en sortimes grandis. Et vous aussi d'ailleurs.
 
Nous reviendrons assurément aux branlettes.
 
N.B. Mike Boy est un lecteur assidû de ce blog, rendez-lui hommage!

lundi 11 décembre 2006

La mort suspendue


Je disais souvent à mon prof d'escalade que mon but, en suivant le cours, était de gravir des parois enneigées en bedaine, comme Sylvester Stallone dans "Falaise dans la mort". Je me trouvais bien drôle et lui aussi. Ça me procurait un sentiment de plaisir, puisqu'à défaut d'être bon grimpeur, j'étais au moins bon blagueur.
 
Toujours est-il que suite à mes allusions répétées à ce film, mon prof m'a recommandé quelque chose de beaucoup plus crédible. Il s'agissait de "Touching the Void" (VF: La mort suspendue) qui raconte l'histoire vécue de deux jeunes britanniques de 21 et 25 ans partis gravir une montagne de 6300 mètres, dans les Andes, au Pérou, en 1985. Il me disait que c'était comme dans la vraie vie, et que c'était un excellent film qui méritait d'être vu.
 
Je suis donc allé me louer ce film, afin d'occuper mon dimanche après-midi.
 
Voici un petit résumé de l'histoire. Vous allez voir, c'est pas mal enlevant:
 
Tout commence par une présentation de nos deux grimpeurs. Ils font la narration de l'histoire pendant que 2 grimpeurs-acteurs reconstituent l'histoire à l'écran. Ça commence sans trop niaiser. L'escalade débute dans les 5 premières minutes du film. La montée se déroule assez bien. Les deux alpinistes réussissent à se rendre au sommet en trois jours, même si le tout s'avère périlleux.
 
Toutefois, lors de la descente, un des deux alpinistes fait une très mauvaise chute et se casse une jambe. Quand je dis "casser", je dis que le tibia du gars a remonté dans sa jambe et est venu fracasser la rotule (ayoye tabarnac!) ce qui fit en sorte qu'il se retrouvait, pour ainsi dire, unijambiste.
 
En montagne, une blessure, ça signifie presque inévitablement la mort. On ne peut pas grimper (ou descendre) des parois horizontales quand on n'a qu'une jambe sur laquelle reposer ou se pousser. Ça prend 4 membres opérationnels. Malgré tout, l'alpiniste indemne décide de tenter d'aider son compagnon à regagner le sol. Ça ne fonctionne pas comme prévu et lors d'une descente sur une pente, notre unijambiste se retrouve bientôt suspendu au-dessus du vide (la pente qu'il dévalait s'est terminée par un précipice). L'autre alpiniste n'a finalement d'autre choix que de couper la corde pour ne pas chuter lui aussi (bref, il devait se dire: "c'est lui ou c'est nous deux").
 
La suite de l'histoire raconte comment l'alpiniste qui a coupé la corde réussit à redescendre et surtout comment l'autre alpiniste blessé, tombé dans une crevasse, réussit à s'en sortir. Malgré sa chute de 45 mètres, il réussit à sortir de la crevasse, puis à redescendre le reste de la montagne en se servant presque exclusivement de ses deux bras pour se tirer! C'est complètement débile, se tirer pendant des kilomètres, uniquement par ses deux bras. On le voit être complètement déshydraté alors qu'il y a tout plein de neige autour de lui (de la neige, ça n'hydrate pas tant que ça à ce qu'il parait), on le voit aussi se pisser dessus et aimer ça à cause du peu de chaleur que ça procure.
 
Le film est donc tragique bien qu'un moment soit assez amusant: dans un moment de désespoir, une toune disco que l'alpniste blessé déteste commence à lui revenir en tête. Puis, ça se met à jouer en "repeat" pendant des heures, dans sa tête... Il en vient à se dire qu'il va mourir sur cet air qu'il déteste tant!
 
Le gars a perdu le tiers de son poids pendant ces quelques jours. Et au moment où il était le plus désespéré, il réussit à regagner le camp de base où son ami, par chance, est toujours présent.
 
C'est probablement un des films les plus marquants que j'ai vu. Ça m'a un peu fait penser à "The Shawshank Redemption", bien que ce soit totalement dans un autre contexte. Mais les deux films ont ceci de commun que ce sont deux incroyables leçons de persévérance et de courage. De plus, c'est tourné dans un style très neutre, quasiment un documentaire, ou plutôt une reconstitution de ce qui a pu se passer. Les paysages sont écoeurants et il n'y a rien qui paraisse romancé. Je vous le recommande vivement, même si l'escalade ne vous intéresse pas du tout. C'est très émouvant de voir comment le gars réussit à atteindre son but et se fixant de petits objectifs, et surtout, de le voir dire à son ami qu'à sa place, il aurait aussi coupé la corde.
 
Louez-vous ça! Vous ne pourrez pas le regretter. Et comme je ne fais jamais de chronique vidéo ici, si je prends la peine de le faire, c'est que ça vaut la peine!
 
De mon côté, l'escalade, je laisse ça de côté. Je trouve que c'est un sport super excitant, mais un peu débile. Quand tu te divertis en laissant ta vie entre les mains de quelqu'un d'autre, je pense que tu cours un peu après le trouble. En tout cas, moi j'aime mieux mourir par ma faute que par celle de quelqu'un d'autre...

samedi 9 décembre 2006

Mon party de bureau des fêtes

C'était ce soir qu'avait lieu mon 5ème party de bureau des fêtes. Ça se déroulait à l'Hotel Plaza de Ste-Foy.
Comme d'habitude, je suis arrivé un des premiers. Pour occuper mon temps en solitaire, je décidai de m'imprégner de l'odeur de chlore qui se dégageait fortement de la piscine sur laquelle donnait une petite section à côté de la salle du party. Je patientai ainsi, avec pour seule compagnie le bruit des baigneurs 10 mètres plus bas, une bonne demie-heure avant l'arrivée de quelques connaissances. S'ensuivirent des discussions amusantes, mais rien de trop déstabilisant et de mémorable.
 
Le cocktail et le souper se déroulèrent également sans trop de heurts et d'adrénaline. La bouteille de Trapiche était à 30$, l'ambiance était correcte, mais je me sentais un peu submergé. Dans le sens, qu'il y avait un peu trop de monde à mon goût, on était plus serrés qu'à l'accoutumée, c'était plus bruyant et les lumières étaient moins tamisées que les années précédentes. Bref, je n'étais pas à mon aise autant que par les années passées. Par contre, les filles du bureau étaient particulièrement séduisantes, je ne suis pas le seul à en avoir fait la remarque...
 
Pendant le souper, nous avons dû commander 5-6 bouteilles de Trapiche pour 6 personnes. En plus de mes 3 verres de mousseux, et de mon flasque de Jack Daniels, mettons que l'alcool était au rendez-vous. Malheureusement, mes compagnons de l'année dernière m'ont faussé compagnie pour le Jack Daniels, j'ai donc dû recruter 3 nouveaux amis pour venir à bout de ces 200 ml de plaisir.
 
Un des faits saillants de la soirée fut sans doute l'ouverture de la piste de danse par Amélie et moi-même. C'est vraiment cool de connaitre quelqu'un d'assez game pour aller danser tout seul sur une vaste piste de danse, devant quelques centaines de personnes trop gênées pour y aller en premier. Amélie est de plus une cavalière modèle. Je l'ai fait swinger comme une championne.
 
Malheureusement, la piste de danse s'est remplie très vite. Nous avons créé un effet d'entrainement monstre, si bien que c'était compact un peu trop à mon goût après quelques minutes. J'ai tout de même toffé un bon moment car il fallait faire descendre tout l'alcool ingurgité et le souper 4 ou 5 services...
 
Peut-être une heure plus tard après le début de la danse, une nouvelle connaissance du bureau et moi-même décidons d'aller faire un tour aux autres partys qui ont lieu à l'hôtel. On nous a dit qu'un party de médecine, un party d'une banque quelconque et un autre party ont lieu en même temps que le nôtre. Nous décidons donc de partir à l'aventure pour voir s'il y a un peu plus de stimulations ailleurs.
 
Nous aboutissons dans un party du bloc opératoire de l'Hopital Laval. La salle est assez petite, mais il y a tout de même une bonne quinzaine de personnes sur la piste de danse, la grande majorité étant des filles (nous apprendrons plus tard qu'il s'agissait d'inhalothérapeutes). Mon acolyte et moi prenons place au milieu des danseuses. Ce dernier est presque aussitôt assailli par une fille, puis une autre (c'est un beau bonhomme de 22 ans qui pogne solidement). De mon côté, c'est un peu moins instantané, mais il y en a tout de même 2 ou 3 qui viennent à ma rencontre. Une, entre autres, qui s'appelle Josée et que je trouve particulièrement attirante.
 
Une de ses amies ne cesse de me pousser vers Josée, ou de me ramener en me tirant par la cravate, lorsque je m'éloigne moindrement de celle-ci. Je me dis: "Tiens donc, encore une autre qui trouve que j'ai l'air d'un osti de bon gars pour son amie célibataire!" Malheureusement, après un premier contact que je qualifierais de gagnant et une offre de faire connaissance ailleurs, genre autour d'une collation quelconque, ma dulcinée s'en va danser avec un autre gars (même si elle semblait bien intéressée à danser en ma compagnie au début!?!?!). Je me dis mentalement FUCK THE WORLD! Et pendant ce temps, mon camarade est en business avec sa fille. Celle-ci est vraiment accrochée. Mon camarade l'est beaucoup moins, ça doit être de même quand c'est trop facile de se pogner une fille, tu deviens blasé et tu te dis qu'yen a 3-4 autres qui t'attendent ailleurs de toute façon... Toujours est-il que j'apprends bientôt que Josée est célibataire mais a 32-33 ans et 2 flots qu'elle a une semaine sur deux. Finalement, c'est rien qu'une bonne chose qu'elle ne m'ait pas trop tourné autour puisque sa famille bien établie contribue à créer chez moi un effet de répulsion instantané. J'ai quand même le coeur brisé de voir une fille qui semblait intéressée pendant quelques instants aller danser avec un autre gars par après. Mais je le répète, FUCK THE WORLD.
 
Le moment le plus mystérieux de la soirée eu lieu lorsqu'une femme d'environ 40 ans passa à côté de moi pendant que j'étais assis tranquillement à relaxer, près de la piste de danse. Elle met ses deux mains sur mon visage et se place à 30 cm de mon visage pour me parler. Elle me dit: "Toi Patrick, ça fait pas longtemps que t'es revenu (au bureau) hein?" et là je dis que non. On ne se parle pas vraiment beaucoup plus, mais elle reste les deux mains comme ça sur mon visage pendant peut-être 30 secondes. À un moment donné, je lui demande si on se connait et elle me répond qu'elle est dans le Club Social et qu'elle s'appelle je ne sais plus trop quoi...?? Elle finit par partir sur la piste de danse rejoindre ses ami(e)s et je ne comprends absolument pas d'où cette femme sort et pourquoi elle a ressentie le besoin de me mettre les mains dans la face telle une Marie-Madeleine contemplant le visage du Christ lors d'une de ses chutes, sur le chemin de sa crucifixion. Comme je n'ai jamais vue cette femme auparavant, je mets ça sur le compte de la magie des fêtes.
 
Vers 2h30 du matin, écoeuré, voyant bien que le peak de la soirée est passé depuis longtemps, je criss mon camp au vestiaire, ramasser mon manteau. Jean-Philippe me voit et vient me traiter d'osti de chien sale d'être en train de partir sans être allé le saluer. Il me menace de venir écrire sur mon blog que je suis un osti de prétentieux (voir texte d'il y a environ 2 semaines sur lequel je mentionnais détester me faire traiter de prétentieux)! Vas-y mon JP, SALIS MA RÉPUTATION pour te venger de la photo que je mets de toi ici et sur laquelle tu as l'air d'un motherfucker!
 
La soirée se termine lorsque je ramène Jannick chez elle, à Sillery. Cette dernière me quête éhonteusement un lift. Je n'ai d'autre choix que d'accepter, car Jannick est une gentille fille et m'a quand même invité quelques fois chez elle. Même si on s'ostine régulièrement, c'est toujours de l'ostinage semi-amical. C'est une étrange relation en fait... On se pogne un peu, mais on a pas mal de respect l'un pour l'autre. Vraiment c'est une bien bizarre relation. Donc, en chemin, j'oriente la discussion vers des sujets plus intéressants que les habituels "Ouin, y fait pas beau sur la route à soir, blablablabla..."
 
Pat: "Me trouves tu séduisant?"
Jannick: "Pourquoi tu veux savoir ça haaaa!!"
Pat: "Aweille réponds sti, me trouves tu séduisant!!!"
Jannick: "Peut-être"
Pat: "Estie de calisse, me trouves tu séduisant oui ou non? Si c'est non dis-le, mais dis de quoi de précis, sacrament!! Je le sais que t'as un chum pis que t'es pas intéressée, je veux juste savoir si c'est oui ou non!!"
Jannick: "La séduction c'est de plusieurs niveaux... Pis au niveau relationnel, toi pis moi ça marche pas pantoute, c'est comme si t'étais connecté sur le FM pis moi sur le AM"
Pat: "Ouin mais mettons que tu pourrais faire des flots avec moi, le ferais-tu?"
Jannick: "À un niveau intellectuel pis à un niveau physique, oui, mais à un niveau relationnel, non pas pantoute. Tu cherches toujours le trouble on dirait, tu t'ostines, t'es entêté, pis ça m'énarve en calisse!"
Pat: "C'est toé qui capote pour rien ostie, je m'ostine même pas, je niaise pis toi tu prends tout au sérieux! Tu catches juste pas que je suis pas sérieux!! (ce qui est très vrai d'ailleurs)"
 
Et croyez le ou non, cette discussion se déroule pratiquement en même temps que Jannick me prend une main et me fait craquer doucement les doigts pendant que je conduis. Elle change ma main sur le volant et prend mon autre main pour me faire craquer les autres doigts. C'est assurément un des instants de conduite les plus "twilight zone" de toute mon existence.
 
Avant de débarquer, nous regardons ensemble les photos que j'ai prises pendant la soirée. Nous en venons à la conclusion que nous sommes tous les deux assez peu photogéniques mais plein de charme en personne. Ça se termine avec quelques becs d'amitié, et la conclusion que nous nous aimons bien, même si notre ratio ostinage/discussion est plutôt élevé.
 
À 4h du matin, je conclus ce texte. Bonne nuit!