mardi 5 décembre 2006

L'utilité tardive d'un cours complémentaire pris au cégep

C'est bien connu que lorsqu'un garçon célibataire arrive dans un nouveau milieu de travail, il s'empresse d'observer les ressources féminines autour de lui. Un milieu de travail sans stimulation est un milieu moribond.
 
Ça s'est adonné que, dans mon secteur, mon regard a été accroché par quelques représentantes du sexe opposé. Plus particulièrement par une jolie fille qui s'est avéré être d'origine outre-atlantique. Comme la fille me semblait être de mon âge et posséder un charme certain, il me fallait établir le contact afin de ne pas laisser les années passer en me disant qu'un jour, je ferais quelque chose (et que je ne ferais finalement rien).
 
Près de quatre semaines avaient passé depuis mon entrée en fonction et je savais que plus j'attendrais, plus le premier contact serait laborieux... Mais un bon midi, alors que je faisais innocemment la file pour faire chauffer mon lunch, la fille est venue se placer juste en arrière de moi. Je savais que c'était le Bon Dieu qui l'avait mise sur mon chemin et que c'aurait été péché de ne rien tenter. Je me suis donc lancé, avec le léger malaise du gars qui attendait son occasion depuis un certain moment:
 
Moi: "Est-ce que t'es russe?"
Elle: "Oui"
Moi: "Ztravstvouyetyé!" (ce qui veut dire bonjour en russe)
Elle: "Ztravstvouyetyé"
Moi: "J'ai pris un cours de russe jadis, c'est le fun, ça peut enfin servir!"
Elle (visage décontenancé): "Pourquoi?"
Moi: "Ben c'était au cégep, ils me l'ont donné parce que c'était mon 6ème choix j'imagine..."
Elle: "Ah ok!"
Moi: "Maya padrouga, chto eta takoyé..." (mon amie, qu'est-ce que c'est?)
Elle (traduisant ce que je dis): "Qu'est-ce que c'est"
Moi: "Oups, je pensais que je t'avais demandé ton nom!"
Elle: "Kak tebya zavout" (Quel est ton nom?)
Moi: "Ah oui, c'est ça que je voulais dire!"
 
Et elle me dit ensuite que dans les films de terroristes, les gens qui parlent russe disent souvent n'importe quoi et que leurs dialogues ne veulent habituellement rien dire. Je lui parle d'Orange Mécanique et des quelques mots russes qui y sont prononcés... Le film ne lui dit rien.
 
Malheureusement, un repas réchauffé ne cuit jamais bien longtemps. Ainsi, nos lunchs sont bientôt prêts dans les micro-ondes. On se salue amicalement, et ça se termine ainsi.
 
Depuis ce mémorable contact autour d'un micro-ondes, je l'ai revue deux ou trois fois, sans que ce soit approprié pour entâmer une discussion. À chaque fois, elle m'a tout de même fait un beau sourire sympathique, ce qui me laisse croire que je n'ai pas eu l'air trop con. Ce ne sont pas quelques sourires qui vont me faire me lancer dans les grandes envolées romantico-juvéniles comme seul le célibataire poche est capable d'en faire (faut bien mériter son surnom...). Mais il en demeure que ça a contribué à ajouter un petit quelque chose à mon environnement de travail, au moins au même titre que les savoureux strudels aux cerises de la machine distributrice.
 
Quitte à en faire mon idée fixe, je n'aurai pas attendu d'avoir un diagnostic de bactérie mangeuse de chair dans le mollet pour me dire "j'aurais donc dû agir pendant que j'étais en bonne santé et que j'avais mes deux jambes, osti de criss!". D'ailleurs, à ce sujet, n'oubliez jamais qu'il est toujours plus difficile de séduire le sexe opposé avec un membre en moins. Agissez maintenant!

lundi 4 décembre 2006

Le bon gars que je suis

Dans son dernier commentaire, à propos de mon dernier texte, Tangerine disait: "Dire qu'il y a plein de filles qui cherchent un gars comme toi.!"
 
C'est gentil et flatteur. Mais ça m'a rappelée une soirée vécue récemment... Une autre de ces nombreuses fois où on a sous-entendu que j'étais un bon gars qui fitterait bien avec plein de filles absentes ou non-déclarées.
 
C'était un samedi soir de pognage de cul comme je les exècre. Afin de m'occuper, je suis planifié une petite sortie dans un bar avec un ami à moi et sa blonde cocue. Je dis cocue parce que mon pote l'a cocufiée à maintes reprises, dans le cadre d'études à l'extérieur de notre région. J'ai toujours pensé que ça te paraissait dans la face quand t'étais pas amoureux et que tu trompais allègrement ta blonde. Mais dans leur cas à eux, tout semble fonctionner plutôt bien et on dirait qu'elle en redemande. Ça me laisse songeur sur les tenants et les aboutissants d'une relation durable.
 
Je me dis donc que:
 
A -Il est bien meilleur comédien que moi
B -Sa blonde est une parfaite dinde (j'ai de l'estime pour elle, c'est donc difficile d'affirmer cela)
C -Sa blonde est dépendante affective
D -Nous vivons dans un monde où les crosseurs sont glorifiés
 
Mais revenons à nos moutons. Ce soir là, après quelques parties de billard et une moitié de pichet, la blonde de mon ami était bien chaude. Elle commence à me flatter un peu partout (au vu et au su de mon pote, bien entendu...) et me demande comment va ma vie sentimentale. Je lui réponds que ça va couçi couça. Rien de substantiel à raconter, que des atomes crochus qui décrochent bien rapidement. Et là, notre cocue, la bouche bien collée sur mon oreille, les seins bien plantés dans mon dos, commence à me dire qu'elle ne comprend pas que je sois tout seul. Qu'il y a plein de filles qui cherchent un bon gars comme moi... Je ne peux faire autrement que de lui répondre que je ne suis peut-être pas un si bon gars que ça (mettons quelque chose au clair si quelqu'un quelque part avait des doutes à ce sujet: mon niveau de bonté est très standard...)
 
Je finis par apprendre qu'elle me verrait avec une de ses amies qui habite à Montréal, qui sort avec un genre de crotté de 37 ans, et blablabla... Elle me dit que c'est une jolie fille, sympathique, dynamique, pas grosse, pas mince, avec des bons seins et tout le kit. Wow que de détails crus de la bouche d'une fille. Ça finit que je lui donne mon email pour qu'elle le donne à son amie qui devrait normalement me contacter prochainement. Je me dis que c'est le genre d'histoire que j'ai vécue plusieurs fois (la fois la plus pathétique étant ce printemps, dans un bar de Gatineau, lorsque j'ai donné mon numéro à une lointaine amie de Véro, rencontrée par hasard, qui avait, semble t-il, une amie célibataire dont je pourrais être le genre, dans le coin de Québec). Des filles qui trouvent donc que je suis un gentil garçon et que je serais parfait pour leur jolie amie malheureuse ou délaissée, il semble y en avoir à la pochetée.
Eh bien, vous l'aurez deviné, une fois de plus, ça n'a rien donné! Une discussion de bar, sur la bonté d'une personne et la potentielle connection avec une autre personne absente, ça a autant de valeur qu'un gros rot de bière. C'est juste moins grossier.

dimanche 3 décembre 2006

Réflexions sous un beau grand ciel bleu

Dimanche matin, 3 décembre 2006. Je suis couché dans mon lit, les stores ouvertes. Le ciel est beau, bleu, dégagé.
 
Outre le lavage du dimanche, je me demande quoi faire pour m'occuper et faire de cette journée une journée spéciale. Je dois avouer que mes fins de semaine sont généralement vides, ce qui m'ennuie à un degré variable selon les saisons. L'hiver, ça m'ennuie assurément plus que le printemps ou l'été, vous l'aurez deviné. Mais je me demande quels sont les gens qui ont des fins de semaine vraiment chargées, hormis ceux qui travaillent, ceux qui ont des enfants ou ceux qui pratiquent intensivement un sport? Comme je n'ai pas la possibilité ou pas le goût de faire partie d'aucune de ces catégories, je me dis que mon état d'oisiveté est incontournable...
 
Pour m'occuper, quoi de mieux qu'un peu d'écriture sur ce blog? Vous savez, depuis plusieurs jours, j'aurais le goût d'écrire plein de trucs ici (en fait j'ai plusieurs ébauches de textes non publiés, j'attends le bon moment pour les publier...), mais on dirait que soit que j'ai l'impression de radoter avec mes introspections ténébreuses qui reviennent toujours au même, soit que je suis bloqué par l'idée qu'un certain nombre de personnes qui me connaissent dans la vraie vie lisent ce blog.
 
J'éprouve exactement la même sensation pour ma musique. J'ai l'impression de me répéter, de refaire des pièces qui sont une variante plus ou moins recherchée d'une autre pièce déjà faite auparavant. Bref, j'ai l'impression d'avoir fait le tour et de n'effectuer qu'un retour prévisible sur des sentiers déjà empruntés. 
 
C'est vraiment plate, c'est comme si j'étais arrivé au bout de ce que j'avais à offrir à l'humanité (je prends ça au sérieux hein?).
 
Et j'étais là, couché, tel un prestataire de l'assistance-emploi, à me demander quoi faire pour m'occuper, à me demander à quoi rimait mon existence. À être blasé de la vie à un point tel que je me disais que quoique je fasse, mon état ne pouvait à peu près pas évoluer à long terme. Oui, je pourrais m'acheter un banjo ou une flûte traversière, ça serait bien plaisant pendant quelques mois d'apprentissage, mais je finirais par avoir fait le tour là aussi. Quand même que je vendrais ma maison et que je crisserais ma routine là, pour partir à l'aventure, faire le tour du monde, je réaliserais bien vite que tout est partout pareil. Les paysages changent, mais l'être humain reste fondamentalement ennuyant partout où que l'on aille. J'en suis profondément persuadé et ça me désole. Il y a des gens étonnants et charismatiques, mais ils sont si rares que ce n'est pas en partant faire le chemin de Compostelle en Espagne qu'on a plus de chance de les trouver qu'à Place Laurier ou au Club Price.
 
Il n'y a véritablement qu'une seule chose en laquelle je crois de plus en plus avec les années, c'est la totale insignifiance de mon existence. Du petit tas de poussière puante en devenir que je représente. Et malgré tout ça, je suis mû par l'idée omniprésente que je me dois de rentabiliser au maximum chaque temps libre qui m'est offert. Parce qu'il n'y a que les idiots qui attendent un diagnostic de cancer du cerveau pour se mettre en marche.
 
Bref, j'éprouve le vif désir de bouger, avec la certitude que bouger ne changera rien.
 
Comment on pourrait appeler ça? Le désespoir? Humm non. N'ayant pas nécessairement le goût de me tirer une balle dans la tête, je n'irais pas jusqu'à utiliser ce terme là. Mais on dirait que je deviens un pourri d'existentialiste à la Jean-Paul Sartre ou à la Albert Camus, et ça me dégoûte. Car je ne veux rien avoir de commun avec des ostis de Français.
 
Sous un beau ciel bleu du début décembre, dans une banlieue de la rive-sud de Québec, j'avais l'impression, en vingt-sept années d'existence, d'avoir déjà fait le tour des surprises que pouvait offrir la vie.

vendredi 1 décembre 2006

Le secret de ma taille de guêpe

Afin de combattre ce sournois syndrôme de la page blanche duquel je semble atteint ces derniers temps, j'ai décidé de m'inspirer de Tangerine (voir texte du 1er décembre 2006).
 
Je fais référence à ce passage de son texte, en particulier:
 
"Certaines me demandent si je fais de l'aérobie pour garder ma taille. La réponse est non. Rien qu'à entretenir et dépoussiérer tous les nombreux bibelots qui ornent ma maison me demande plusieurs heures par semaine ."
 
Eh bien Tangerine, il semble que nous ayons les mêmes questions de notre entourage.
On me demande régulièrement comment je fais pour avoir un si attirant petit cul racing. Je ne sais que répondre, car je n'ai jamais fait d'efforts particuliers pour qu'il en soit ainsi. Je vous dirais que c'est d'abord et avant tout une question de gênes et que le fait de ne pas trop manger de poutine et de caramilks aide considérablement à ne pas devenir gras et flasque.
 
D'ailleurs, pas plus tard que ce matin, des collègues me demandaient comment je mesurais et combien je pesais. Je savais qu'avec mes 6'3 et 160 livres, j'allais susciter de vives réactions chez mes compagnons fonctionnaires inactifs et bedonnants. J'étais de loin le plus grand et le moins lourd de la bande, ce qui me cause toujours un certain malaise (alors que je devrais en fait être fier de mon métabolisme ultra-performant et capable de se débarasser de la marde qui circule dans mon organisme avec brio). Nous avons donc discuté du pourquoi de mon état et l'explication la plus logique que j'ai réussi à dire, c'est que c'était une question d'hérédité et sans doute d'attitude aussi.
 
Parce que je ne suis pas le genre de gars à marcher d'un pas lent, à avoir le dos courbé, à répondre "Ah ben coudonc, ah ben ouin... Ah ben c'est à peu près ça là, la réponse...", à manger un sac de chips au ketchup à chaque jour pair et à avoir le front graisseux et luisant. 
 
Je ne peux dire que le ménage soit le secret de mon succès. Comme je ne passe la balayeuse et ne lave mes planchers qu'une fois par mois environ (et peut-être même moins...), là n'est assurément pas la réponse. Donc on va dire que mes sympathiques parents et mon attitude de grand champion international de course y sont pour beaucoup. 
 
Voilà le secret d'un petit cul bien ferme.

mardi 28 novembre 2006

Norbert l'acouphène

Ça met en vedette un voisin de paravent (que nous appelerons Norbert, afin de protéger son identité) ainsi que moi-même:
Norbert (se levant et me regardant par-dessus le paravent): "Pardon?"
Moi: "Hein? J'ai rien dit?"
Norbert: "T'as rien dit?"
Moi: "Ben non, je me suis juste passé la main dans les cheveux...!"

samedi 18 novembre 2006

L'expérience speed dating

Comme j'ai bretté sur l'écriture de ce texte, je le publie avec un certain retard...)
Le Speed Dating suscite l'intérêt, voire la fascination, de bien de gens. En cette ère où l'anonymat et la solitude sont le lot de plusieurs, quoi de plus attirant que l'idée de faire la connaissance de tout plein de gens en peu de temps?
 
Ainsi, afin de mettre un peu de piquant dans nos existences, deux amis fonctionnaires et moi-même avons décidé d'essayer ce nouveau concept qu'on appelle le Speed Dating. Comme l'activité était organisée avec la collaboration de Radio Énergie et que beaucoup de pub était faite en ce sens, nous prévoyions une véritable folie furieuse et des milliers de personnes présentes...
 
L'activité débutait à 20h. En bons stratèges, nous arrivons à 19h afin d'éviter tout problème de file d'attente trop longue. Surprise, la place est quasi-déserte. Nous nous promenons un peu dans l'hôtel où a lieu le speed dating afin d'apprivoiser les lieux. Nous nous installons ensuite sur des divans près de l'entrée pour regarder les gens arriver et considérer le bien-fondé ou non de notre présence. Nous ne voyons que très peu de filles véritablement attirantes. Le temps passe... toujours rien, ou pas grand chose. Finalement, il est presque 20h et nous arrivons peut-être au compte de 8 ou 10 filles qui semblent intéressantes. On décide quand même de se risquer en payant le 20$ requis et en s'aventurant sur le mystérieux terrain des rencontres rapides.
 
Nous voyons bientôt un garçon que nous connaissons. Il est accompagné de son ami qui nous affirme qu'il n'en est pas à sa première expérience, que le speed dating est vraiment trippant et qu'on peut y faire de belles rencontres. Étant donné son sex appeal frôlant le zéro absolu, je me dis que c'est dans la poche pour nous trois et que nous devrions normalement briser des coeurs à la pocheté si ce garçon a réussi à faire des rencontres qu'il semble considérer comme mémorables. Nous apprenons également, avec consternation, que le Speed Dating ne consiste qu'en une rencontre de 6 filles pendant 30 minutes (5 minutes avec chacune). C'est donc ben de la marde! Nous pensions passer une ou deux minutes avec 75 filles différentes...
 
Nous nous approchons de la table des inscriptions. Quelle catégorie choisira t-on? Les 20-30 ans ou les 25-35 ans? Un peu de réflexion s'impose. C'est sûr que les filles de plus de 25 ans voudront être avec des gars plus vieux qu'elles, donc elles choisiront la table des 25-35 ans. Mais nous, a t-on le goût de se retrouver face à des filles de 35 ans? Si on choisit les 20-30 ans, on devrait se retrouver avec des filles de 20 à 24 ans. Par contre, avec des filles de cet âge là, on se sent plus en contrôle et on a l'impression d'être plus intéressants qu'avec des filles de notre âge qui, je le fais remarquer, sont souvent des osties de désagréables qui ont tout vu, qui se prennent trop au sérieux ou qui ont trop une attitude de petite boss des bécosses. Nous convenons donc de nous inscrire à la table des 20-30 ans.
 
Pendant notre inscription, je vois une dame dans la quarantaine me dévisager. Le style de femme de 40 ans qui s'habille un peu trop sexy pour son âge et qui a l'air un peu colonne sur les bords. Je crois même qu'elle avait le nez percé. Elle me demande si je suis dans la catégorie 30-40. Je lui dis que ça allait être le cas dans 3 ans seulement. Elle me dit que c'est dommage. Malgré mon dédain par rapport à son allure de semie-salope, je me dis que mon linge propre fait un effet boeuf.
 
Après un peu d'attente inutile, nous pénétrons dans une salle de réception. Une fille et un gars se présentent comme les animateurs de la soirée. On finit par comprendre que la salle dans laquelle nous sommes servira de piste de danse et de lieu de discussion pendant que des gens seront appelés dans une autre salle pour le speed dating. Ça niaise, ça niaise. Ça ne nous tente pas vraiment de danser et d'être dans cette ambiance rappelant le bar l'Infraction du Québec Inn. On veut "dater", c'est pour ça qu'on a payé, tabarnac! Comme notre table est incomplète et qu'il manque quelques filles autour de celle-ci pour qu'on puisse être appelés, nous décidons de nous inscrire à une deuxième table. Comme toutes les tables de 25-35 ans sont complètes, on décide de s'inscrire à une table de 30-40 ans. C'est un peu vieux, mais ça pourrait être quand même drôle...
 
Après 3 bonnes heures d'attente (i.e. 3 heures d'ennui), nous finissons par être appelés. Malheureusement, nos deux tables sont appelées en même temps. Il nous faudra donc choisir entre la table des 20-30 ans ou la table des 30-40 ans. Bien entendu, nous optons pour la première, étant donné notre attirance modérée pour les femmes pré-ménopausées.
 
Je prends donc place au bout de la table. Mes deux compagnons s'en viennent bientôt me rejoindre. Puis, les filles s'installent face à nous. Je suis assez déçu de ce que je vois. C'est pas mal ordinaire. Aucune fille n'est véritablement dégueulasse, mais ce sont toutes des filles vraiment ordinaires ou, au mieux, correctes. Je décide quand même de me prêter au jeu avec toute ma bonne volonté. C'est quand même plaisant, je dois dire. Toutes les filles ont quelque chose à dire, toutes sont plutôt sympathiques, mais ça ne clique véritablement avec aucune d'entre elles. Sur les 6 filles autour de la table, je coche quand même "oui" pour cinq d'entre elles et "non" uniquement pour la motarde dodue n'ayant absolument rien à voir autour de cette table (des petits papiers nous étaient remis sur lesquels on inscrivait oui ou non à savoir si nous étions intéressés à revoir les filles). À ma grande surprise, j'ai 5 matchs parfaits parmi les 6 filles autour de la table. Ce qui revient à dire que j'ai coché "oui" et que les filles ont coché "oui" pour moi. Mais, tel que mentionné précédemment, je trouvais les filles correctes, sans plus. J'ai donc coché "oui" d'abord et avant tout pour gagner des prix de participation (qui n'étaient remis qu'à ceux qui faisaient un match parfait) et un peu par respect pour ces filles qui étaient quand même gentilles. Possiblement que certaines filles ont fait de même. J'en sais trop rien.
 
Nous retournons à une autre séance, qui rassemble cette fois-ci des "fonds de batch", dans le sens que c'est la dernière séance de la soirée et que c'est un genre de pot-pourri de plein de gens de différents groupes d'âge. On reprend encore place autour d'une table. Cette fois-ci, les filles sont définitivement plus laides que la première fois, sauf une qui est plutôt cute. Je me prête encore au jeu avec toute ma bonne volonté. Je suis sympathique, les filles le sont également. En arrivant à la seule fille cute, je me dis qui faut que je mette le paquet. Mais après m'être présenté, cette truie dit qu'elle n'aime vraiment pas mon nom et que ça lui rappelle de mauvais souvenirs. WOW! Bravo championne, tu viens de passer de la plus cute à la plus idiote que j'aie rencontrée. Bien que je réussisse à la faire rire quelques fois et à avoir une discussion intéressante (à mon avis), elle conclut en disant à nouveau qu'elle n'avait pas le choix de cocher "non" à cause de mon nom. Quelle conne.
 
Malgré mon attirance plus que minime par rapport aux filles autour de cette table, j'ai mis un "oui" à toutes les filles (je voulais-tu en gagner des prix pour rentabiliser mon 20$ vous pensez??), sauf celle de 40 ans qui venait de Montréal et qui n'avait aucun rapport là. Je me retrouve cette fois avec 0 match parfait. Cette bande de laideronnes sans intérêt n'ont même pas eu la décense de me mettre un "oui" par respect alors que selon moi, elles auraient de la misère à séduire le plus ordinaire des commis de dépanneur boutonneux et bégayant.
 
Au final, j'aurai gagné 3 prix de présence. Ces derniers sont vraiment nuls: Il s'agit de rabais de 10$ applicable à l'achat d'un repas pour deux au restaurant le Four. On faisait aussi tirer des 100$ de rabais applicables à l'achat d'un voyage avec une agence quelconque. C'est pas des prix ça! C'est des cochonneries qu'on peut retrouver dans n'importe quel publi-sac et ça s'applique pour des achats qui valent 10 fois le prix du rabais...
 
Après cette deuxième séance de speed dating, il est 1H AM passé. Nous décidons que nous en avons assez et qu'il est temps de sacrer notre camp. Cette soirée ne passera manifestement pas à l'histoire pour aucun d'entre nous.
 
En partant, nous passons prendre nos manteaux. Je dis à la tenancière du vestiaire, de façon ironique: "En tout cas, on a passé pas mal une belle soirée!" et un de mes compagnons ajoute: "Oui pis ça madame, c'est grâce à vous!". 
 
Ce fut probablement le moment le plus mémorable de toute cette aventure.

jeudi 9 novembre 2006

Le pourquoi de ce blogue

Ça fait tout près d'un an et demi que je tiens ce blog à jour. J'y écris d'abord et avant tout mes états d'âmes et les moments les plus trépidants de mon existence. Parfois, mes écrits sont ordinaires et sans trop d'intérêt pour une bonne partie des gens qui me lisent (il m'arrive même de me demander pourquoi j'ai écrit tel texte, tellement je le trouve plate et mal construit après coup...). De l'autre côté, certains textes sont particulièrement corrosifs et difficiles à digérer, même par les gens qui ne sont pas visés par ce que j'écris. Je l'assume, même si je suis conscient des conséquences négatives qui pourraient découler de certains de mes écrits un peu trop directs et percutants.

Quand je suis moins inspiré (comme ces temps-ci, faute de temps libres pour entretenir mes noires idées automnales) je n'écris pas beaucoup. Quand ça va bien (comme ces temps-ci aussi...), je n'écris pas non plus, parce que je ne voudrais pas tomber dans la totale insignifiance lue tant de fois sur les blogs de gens qui écrivent leur béate joie de vivre. Bref, j'écris souvent lorsque j'ai des émotions négatives à faire sortir. Comme si ce blog était l'exutoire idéal pour éviter de développer un cancer à force de garder en dedans de moi toutes mes colères et déceptions. Je trouve que ça marche bien jusqu'à maintenant puisque mis à part quelques maux d'estomac occasionnels, je ne ressens aucun malaise pouvant s'apparenter à un cancer.

Contrairement à certains blogueurs fort populaires qui commencent à se prendre pour d'autres lorsqu'ils réalisent qu'ils ont 500 ou 1000 lecteurs par jour, j'ai un bassin de lecteurs juste assez important pour garder les pieds sur terre et ne pas trop péter de broue en me trouvant plus intéressant que tout le monde. À l'inverse, quand on n'est pas lus, on a peut-être l'impression de tout écrire ça pour soi-même et l'idée de combattre l'anonymat avec notre blog ne tient pas la route car nos statistiques de fréquentation nous confirment à tous les jours qu'on est bel et bien anonyme et sans intérêt pour le reste de l'humanité.

Ceci étant dit, je sais qu'un nombre de plus en plus important de gens qui me connaissent dans la vraie vie lisent ce blog. Ça fait en sorte que je me contrôle un peu plus sur ce que j'écris. Je ne dis pas tout, je m'impose un peu plus de censure, même si, au bout du compte, je dois quand même écrire un bon 90% de ce que je pense et de ce que j'ai le goût de raconter. Ça enlève un peu de spontanétié et de franchise à l'exercice, mais ça me force à réfléchir un peu plus à ce que j'écris, ce qui n'est assurément pas néfaste...

Il y a environ deux semaines, je racontais à quelques personnes ma dernière aventure négative (voir histoire de hockey cosom) avec toute ma verve habituelle. Après quelques instants, j'ai dit que j'y allais un peu fort et que j'étais en train de me conditionner de plus en plus à détester un idiot qui n'en valait pas la peine tant que ça. C'est alors que le chum de mon amie m'a dit quelque chose que je savais, mais que je n'avais jamais réalisé aussi précisément que ça; Il me dit que c'était normal que je raconte cette histoire de façon si enflammée. Parce que je suis quelqu'un de tellement intense que je ne pourrais pas faire autrement. Il a mis le doigt en plein dessus. C'est le meilleur terme pour me caractériser ça, l'intensité des émotions, particulièrement celles qui sont négatives.

Et comme j'en faisais mention un peu plus tôt, ce blog m'apparait comme étant la seule soupape me permettant d'expulser mes surplus d'intensité. Je suis donc un potentiel candidat au cancer, à cause de tout ce qui s'enflamme périodiquement en dedans de moi. C'est donc peut-être ce blog qui me sauvera d'un éventuel cancer de l'estomac.

Voilà le pourquoi ce blog.