mercredi 8 avril 2020

Chroniques de l'apocalypse (3)

Un des effets majeurs de la pandémie, c'est la paranoïa qui s'empare de nous.

Je reviens encore du Costco et j'ai dû me laver les mains 5 fois en l'espace de 45 minutes.

1- Je me suis aspergé les mains de Purell après avoir embarqué l'épicerie dans l'auto;
2- Je suis arrêté mettre de l'essence en revenant et me suis à nouveau lavé les mains avec le Purell de l'auto;
3- J'ai rentré tout le stock dans la maison et ai nettoyé pratiquement chaque item avec des lingettes désinfectantes. J'ai lavé chaque clémentine individuellement avec les lingettes, même si on mange pas la pelure;
4- Je me suis lavé les mains au travers du rangement;
5- J'ai sorti toutes les boites vides au recyclage et me suis lavé les mains à nouveau pendant un bon 30 secondes.

Chaque fois que je mets les mains sur quelque chose qui vient d'en dehors de la maison, il faut que je me lave les mains tout de suite. Même quand je prends le courriel dans la boite aux lettres.

J'ai l'impression que plusieurs personnes vont changer comme moi, des suites de cette incroyable aventure qui ne semble pas prête de finir.

dimanche 29 mars 2020

Chronique de l'apocalypse (2)

Hier, je suis allé au Costco pour la deuxième fois depuis le début de la pandémie.

Bien des choses ont changé. À l'entrée, ils ont disposé des palettes vides pour faire un trajet au travers duquel un espace sécuritaire de 2 mètres est respecté entre les clients. Ils ont d'ailleurs mis du ruban rouge au sol pour indiquer l'emplacement requis par chaque client pour respecter les 2 mètres. Le sentier de palette fait en sorte que la file évite aux clients d'être trop près les uns des autres. C'est un peu bizarre, mais c'est quand même bien pensé et très sécuritaire (quoi qu'on ne se sent jamais totalement en sécurité quand on sort de la maison).

Une fois à l'intérieur, il y a une ambiance de fin du monde. Dans le sens qu'il règne un silence de mort et que tout le monde s'évite le plus possible. Quand on croise quelqu'un dans les allées, on longe le côté droit alors que l'autre client longe le côté gauche. On est tous des menaces les uns pour les autres.

Rendu à la caisse, on voit que Costco a installé des panneaux de plexiglas entre les caissières et les clients. Quand on scanne notre carte de membre de Costco, c'est à distance. La caissière se garde un bon 20 cm de distance entre son scanner et la carte qu'on tient dans nos mains. Le tapis roulant où on met notre bouffe est désinfecté entre chaque client! C'est très sécurisant de voir ça.

Ça, c'est chez Costco. Je ne suis pas allé ailleurs (Metro, IGA, Walmart, Maxi) mais j'imagine que les mesures de sécurité et d'hygiène sont moindres. En d'autres mots, malgré toutes les mesures en place, on ne se sent pas tant en sécurité chez Costco. Donc, qu'est-ce que ça peut être ailleurs, comme sentiment de sécurité?

Une fois rendu à la maison, on désinfecte tout. On passe des lingettes sur les boites de céréales, sur les pintes de lait, sur tout. Et j'en suis rendu à laver mes fruits à l'eau savonneuse, parce que certains disent qu'il faut maintenant considérer que nos aliments doivent être traités comme s'ils avaient été exposés à du jus de poulet cru.

jeudi 26 mars 2020

Chronique de l'apocalypse

Me voilà de retour en pleine tourmente pour partager à l'humanité mes sentiments en cette période ma foi fort trouble de pandémie mondiale liée au coronavirus (aussi appelé COVID-19 pour rendre le virus moins sympathique).

Il y a deux semaines, je revenais de Floride en plein au moment où le gouvernement a décrété un isolement de 14 jours pour toute personne rentrée de l'étranger. La veille, on apprenait par l'OMS que le phénomène était officiellement une pandémie mondiale. On avait aussi appris quelques jours plus tôt que Tom Hanks et sa femme avaient attrapé le coronavirus en Australie.

Depuis, à chaque jour, le bilan s'alourdit et les actions internationales prennent de l'ampleur.  À certains endroits, 5% des personnes atteintes décèdent de l'infection virulente. Les frontières sont fermées entre les pays, les parcs, piscines, bibliothèques, restaurants et écoles sont fermés. Les enfants sont en congé depuis la semaine de relâche et cette relâche se poursuivra vraisemblablement au moins jusqu'en septembre. 

Beaucoup de gens sont en télétravail. Dans ma rue, il y a des autos dans presque chaque entrée, les jours de semaine. On pratique la distanciation sociale, ce qui revient en quelque sorte à considérer chaque personne croisée dans la rue comme porteuse du virus potentiellement mortel. On nous rappelle quotidiennement de nous laver les mains, de ne pas porter nos mains à notre visage. 

En d'autres mots, on nous incite informellement à la paranoïa envers les gens et envers nos mains. C'est une bien étrange sensation. Et pour la première fois de l'histoire de l'humanité, c'est mondial. C'est en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, en Europe, en Asie, en Océanie et en Afrique. 

Au moment d'écrire ces lignes, entre la moitié et le tiers de l'humanité est en confinement. C'est du jamais vu. Et c'est grâce à la Chine qu'on en est rendus là.

Je reviendrai donc probablement occasionnellement ici pour écrire mes chroniques de l'apocalypse. Parce que c'est ce qui s'approche le plus possible de l'apocalypse. Plus que la deuxième guerre mondiale, plus que la crise financière de 2008-2009. Tout le monde capote autour de la terre. Et moi, je capote pas, mais ça me rend quand même anxieux de voir l'extérieur au complet de la maison comme une menace potentielle. 

jeudi 2 mai 2019

Un beau cadeau de la vie

À 2 semaines de mes 40 ans, me voilà chez le médecin, couché sur une civière, avec un boyau dans le cul. J'ai une coloscopie pour investiguer sur de petits inconvénients de nature anale.

Le médecine m'annonce en fin de rencontre que des tests supplémentaires semblent nécessaires. Selon lui, ça s'oriente vers la maladie de Crohn, maladie auto-immune qui ne se guérit pas. En gros, mon corps s'attaque lui-même, comme un cancer, mais en moins grave. Le problème est que ça ne guérit pas et qu'il faut souvent prendre de la médication qui affaiblit le système immunitaire... Donc on pogne n'importe quoi. Comme la grippe, la bronchite, la pneumonie, etc.

Je ne suis pas encore rendu là. J'ai encore des investigations à faire. Mais l'issue semble être soit une médication à vie, soit une intervention qui me retirera un bout d'intestin inflammé ce qui pourrait découler en un beau petit sac qui recevra mon caca. J'ai également plus de chances d'avoir le cancer de l'intestin que la moyenne des gens. J'imagine donc que j'aurai des coloscopies de façon plus fréquentes dans le futur.

Je trouvais important d'écrire cette page de ma petite histoire. Pour que plus tard, je réalise que j'avais jusqu'à cette date une belle vie sans trop de problèmes... ou bien que je voyais ça pire que ce sera réellement.

Un diagnostic, c'est étrange. Ça fait peur, mais dans le fond, c'est juste la confirmation d'un état qui est le nôtre depuis déjà un moment. Ce qui est bien avec les diagnostics et/ou les boyaux dans le cul, c'est que ça rend très très humble.

Je ne pense pas avoir besoin de dose d'humilité, mais je trouve quand même du positif dans le concept.

dimanche 17 février 2019

Du ménage sur Facebook

Il y a des gens qui sont amis avec 500 personnes sur Facebook. D’autres en ont un peu moins, mais ont tout de même gardé contact avec de vieux amis du primaire ou du secondaire qu’ils ne voient plus ou qu’ils voient sporadiquement, de façon non-amicale (en se croisant à l’épicerie,  par exemple). Y’a rien de mal là-dedans, mais c’est pas mon genre.
Je n’ai jamais été très bon pour garder mes amis très longtemps. Et je n’ai jamais accordé beaucoup d’importance au groupe des amis occasionnels (la deuxième couche d’amis, après le cercle rapproché de 3-4 personnes). J’ai passé ma vie à flusher du monde autour de moi. Très rarement en les flushant de façon officielle, à une date précise, mais plutôt en ne leur donnant plus vraiment de nouvelles (ce qui était bien souvent un échange de bons procédés puisque le dit ami ne me donnait généralement pas beaucoup de nouvelles lui non plus). Après plusieurs mois sans se parler, ou quelques années, si la personne me redonnait signe de vie, j’étais presque toujours peu intéressé à rétablir le contact. J’ai toujours vu ces approches comme une tentative d’électrochoc isolé pour raviver une relation moribonde. En vérité, je pense que la limite pour considérer quelqu’un comme notre ami, c’est de se voir au moins une fois par année (ce qui est déjà très peu) à moins que la personne n’habite très loin, bien entendu.
Ça, c’est quand on a des bons souvenirs et des moments forts avec quelqu’un. C’est donc applicable à une catégorie d’exception. La majorité de nos contacts Facebook n’entrent pas dans cette catégorie.  Ce sont des gens qui nous procurent des « Like », ce qui nous fait nous sentir bien. Même les gens pas trop superficiels aiment recevoir 30 « like » pour une photo d’eux et/ou de leur famille. On se sent intéressant ou beau ou spécial. Ce qui n’arrive pas beaucoup, ailleurs que sur Facebook.
Probablement que 90% de mes contacts Facebook sont des gens pour qui j’ai une opinion qui va de très favorable à neutre. Mais il y a toujours un petit pourcentage de gens pour qui notre opinion est plus basse que neutre.
Récemment, j’ai flushé quelques personnes de cette catégorie « en dessous de neutre » sur Facebook. Quelques unes de ces personnes ont déjà été presque mes amis mais ils n’ont jamais agit comme les vrais amis agissent (c’est-à-dire être fiable et ne pas être cheap au point d’être à la cenne). J’ai aussi flushé un cousin avec qui l’antipathie était trop présente depuis plusieurs années pour justifier qu’il puisse voir des photos de ma vie. Bref, j’ai flushé du monde qui n’ont pas vraiment de considération pour moi et qui ne m’aiment pas ou que je n’aime pas. Je suis conscient que la plupart des gens n’aiment pas tout le monde sur Facebook, mais je pense qu’à partir du moment où on a plus de mauvais que de bon à dire de quelqu’un (et que ceci s’applique aussi à l’autre personne), on devrait absolument flusher ces personnes de notre réseau Facebook. Sinon, à quoi ça sert? À entretenir illusoirement une vieille relation?
J’y reviens encore, mais la vie est courte et c’est impératif de se concentrer sur ce qui vaut la peine. Peu de gens veulent passer de 100 amis à 80 amis, mais quand c’est du monde que t’envoie secrètement chier dans ta tête, à quoi ça sert?  

dimanche 3 février 2019

Le travel hacking

Je suis devenu un "Travel Hacker" depuis un an. Qu'est-ce qu'on entend par là? 

Les travel hackers sont des gens qui se servent des promotions de cartes de crédit pour financer leur voyage. Ça peut donner quelque chose de très intéressant si on s'organise un peu. 

Pour bien illustrer, voici ce à quoi devrait ressembler mon voyage estival en Alaska, pour 4 personnes:

Billets d'avion: 1100$ pour 4 personnes (au lieu de 4500$ grâce à des points Aeroplan). À noter qu'avec Aeroplan, 25 000 points permettent d'aller n'importe où en Amérique du nord. Et le tarif est le même entre l'Alaska et n'importe quel autre vol long-courrier beaucoup plus standard. Donc aller en Floride coûte le même nombre de points que d'aller en Alaska. 

Hôtels: Environ 800$ au lieu de 2500$ (pour des hôtels de bonne qualité, mais même ce qui est d'assez ordinaire qualité coûte très cher en Alaska). Avec deux cartes Amex SPG, on peut aller chercher 5 nuits gratuites dans des hotels Marriott contre des frais de 120$ par carte de crédit. C'est pas gratuit, mais 240$ contre 300$ la nuit (donc 1500$ au total), ça vaut la peine. Et deux cartes Mastercard Best Western permettent d'avoir des points pour une nuit gratuite (environ 250$ la nuit en Alaska). Ça fait qu'on est à 2000$ d'économie avec ces hôtels. 

Évidemment, l'économie est relative à une dépense. C'est pas de l'argent gagné en faisant l'épicerie. Donc, il faut dépenser quand même substantiellement pour s'en tirer avec une économie intéressante. 

Mais je réalise que j'irais probablement jamais en Alaska sans ces économies. On parle au bas mot d'un voyage à 8000$ pour 4 personnes si tout était payé au plein prix. Donc, ces promotions de cartes de crédit permettent d'avoir accès à des endroits où on irait pas autrement. 

Notons en conclusion que j'ai un petit côté excessif qui fait que je suis rendu avec 6 cartes de crédit. S'agit de faire un peu de ménage après quelques mois. 


Hypocondrie

Plus le temps avance, plus je deviens hypocondriaque. Chaque petit symptôme inhabituel me fait habituellement penser que je suis en train de développer un cancer. Faut dire qu’en cherchant à peu près n’importe quel symptôme sur Internet, on trouve habituellement quelque chose qui nous mène au cancer.
Récemment, j’avais des crampes qui me semblaient musculo-squelettiques. Ça n’avait pas l’air de venir d’un organe en particulier parce que je sentais pas de douleur en un point précis. Mais c’était pas mal tannant, surtout en position assise.
Ça fait que je me suis présenté à l’urgence un jour de tempête et, après m’être fait semi-chicaner par la médecin qui m’a pris en charge (je la dérangeais avec un problème pas urgent lors d’une tempête alors qu’ils n’étaient que 3 médecins de garde… mais il n’y avait que 5 patients dans l’urgence), j’ai eu droit aux questions habituelles pour écarter tout risque de cancer colo-rectal. J’ai eu des prises de sang et des rayons X. Pis tout était beau.
La médecin m’a dit d’essayer de couper les produits laitiers pendant 2 semaines. Et si ça faisait rien, d’essayer de couper le gluten pendant 2 semaines.
J’y croyais pas, parce que du gluten et des produits laitiers (surtout les produits laitiers), j’en mange allègrement depuis la tendre enfance.
Mais, contre toute attente, après 4-5 jours d’arrêt de consommation de produits laitiers, je n’avais plus aucun symptôme. Peut-être était-ce simplement psycho-somatique, mais peut-être ai-je vraiment développé une intolérance tardive aux produits laitiers.
Donc, me voilà soulagé de voir que mon cancer est parti. Par contre, je trouve que ma vie est vraiment rendue plate, car mes plottées de yogourt et mon bol de céréales le matin étaient des incontournables, comme le paquet de cigarettes l'est pour l'amateur de loto-poker. 

jeudi 10 janvier 2019

No regrets

Quelqu'un m'a récemment écrit que je dégageais l'allure d'un gars qui cherche constamment à avoir le moins de regrets possible dans sa vie.

Ça me semble une excellente description de ma personne. Tout comme le qualificatif "spécial" qu'on m'a déjà attribué à quelques reprises.

J'essaie de vivre ma vie de façon à écarter tout regret possible depuis des années. Je pense que c'est ainsi que tout le monde devrait vivre sa vie, parce que la vie est courte. Malheureusement, peu de gens savent ou veulent saisir les occasions qui se présentent à eux. Et, bien que les possibilités soient rarement infinies pour complètement réinventer sa vie, il y a toujours un angle d'attaque particulier qui peut être exploité, à tout moment.

Par exemple, si notre boulot nous emmerde, il faut simplement chercher ailleurs (ce que peu de gens font, car ils ont peur de l'inconnu). Si on est assez "game" pour regarder ailleurs mais que rien ne se présente à nous, on peut essayer de compenser temporairement la platitude de cette facette de notre vie par autre chose. Par exemple, en commencant à faire du parachute ou en partant explorer le Sahara. Si on a moins d'argent, on peut simplement s'inscrire dans une troupe de théâtre ou une chorale.  

C'est complètement fou de faire la proportion du temps dont on profite vraiment. Partons du fait qu'on dort en moyenne 33% du temps (8 heures sur 24 heures), qu'on passe probablement 2 heures à se déplacer aller-retour jusqu'au travail, qu'on fait le souper, le lavage, le ménage, les devoirs, les lunchs, le pelletage, la tonte de pelouse et ainsi de suite, il nous reste peut -être 10 ou 15% de notre temps dont on profite vraiment… pour écouter la télé, couché sur le divan.

Et, éventuellement, on a une blonde, des enfants, des parents vieillissants et tout ce monde a besoin de soutien ou d'écoute. Ce qui fait qu'on est moins libre de notre peu de temps disponible.
Les occasions ne repassent pas souvent. La plupart du temps, elles ne repassent jamais. Donc, si j'ai envie d'aller voir l'Antarctique et que je suis en mesure de le faire (côté temps et budget), je dois le faire. Si je vois un deal sur la maison de mes rêves après avoir cherché depuis des années quelque chose à la mesure de mon budget, il faut que je l'achète. Si j'ai une possibilité de promotion intéressante après avoir eu le même poste depuis 10 ans, faut que je saute sur l'occasion.

C'est comme ça que je vois la vie et c'est comme ça que j'encouragerais tout le monde à vivre sa vie. Sinon, tout n'est qu'un long fleuve tranquille dépourvu de moments forts. Et plus tard, on se rend compte que rien n'a distingué notre vie à 25 ans de notre vie à 40 ans.

Il faut que notre vie soit une histoire qui se raconte de façon intéressante. Je plains tous ces gens qui n'ont jamais rien fait de spécial. Peut-être qu'ils sont heureux comme ça, mais pour moi, c'est comme de se contenter de manger du spaghetti à tous les jours parce qu'on aime bien ça alors qu'il y a plein d'autres trucs qu'on aurait pu aimer si on avait essayé d'y goûter.

La vie est courte. Les gens vont et viennent dans notre vie. Ce qui implique qu’ultimement, on doit se prendre en main soi-même sans attendre après quiconque et quoi que ce soit.

vendredi 26 octobre 2018

De l’Alaska vers la création

J’ai une théorie personnelle selon laquelle l’évolution d’une société se fait selon deux critères principaux:

1- La place occupée par la religion dans la dite société;
2- Le fait que la société soit près d’une étendue d’eau (ce qui implique des échanges plus fréquents avec l’extérieur).

Selon ces critères, le Canada et plusieurs pays occidentaux devraient faire bonne figure.

Pourtant, on est parfois surpris de mieux connaître des gens autour de nous, comme en fait foi cette récente discussion à un transfert d’autobus:

Gars: Ouin il fait plus froid cette année en octobre hein!
Moi: Oui, c’est pas chaud.
Gars: Quand on regarde ça, c’est évident qu’il y a un réchauffement climatique.
Moi: Oui, pis ici c’est pas si pire mais y’a des endroits comme l’Alaska où la banquise fond en malade mental.
Gars: Ça appartient aux États-Unis ça l’Alaska hein?
Moi: Oui. Ils ont acheté ça du Canada ou de la Russie, je me rappelle plus trop. En fait, je pense que c’était à la Russie parce que me semble qu’il y a un peu de Russes en Alaska.
Gars: Ça se touche, la Russie pis l’Alaska.
Moi: Non, mais ça se traversait à pied y’a des milliers d’années pis peut-être même que c’était collé ensemble, y’a des millions d’années, dans le temps des dinosaures.
Gars: Non, la terre était toute collée il y a seulement quelques milliers d’années. La terre est pas si vieille que ça.
Moi: Ben la terre a 4,6 milliards d’années...
Gars: Pfff! Tu crois à des stupidi... (il se rend pas au bout du mot) Non non non. Les dinosaures ont existé en même temps que les humains. Pis la terre est pas si vieille que ça. La terre a pas plus que 10 ou 15 mille ans.
Moi: ...
Gars: Moi quand j’entends les évolutionnistes, le poil me retrousse sur le corps. Tu peux pas en arriver à quelque chose d’organisé à partir de rien du tout. Ça se peut pas que le singe se soit transformé en homme pis qu’il y ait encore des singes. Ça me fait rire les pseudo-scientifiques.
Moi: ...
Gars: Je crois que la terre a été créée. Une structure ne peut pas se monter toute seule par elle-même. De toute façon la science explique la bible aujourd’hui. Et la bible explique la science.
Moi: ...

Pour une rare fois dans ma vie, j’ai fermé ma gueule devant de pareilles âneries. Principalement parce que j’étais dans une file qui attend pour l’autobus et que ce n’était pas le moment pour ça.

Même si ce type a 25 ans de plus que moi et qu’il appartient à une autre génération, je ne m’attendais pas à un discours anti-Darwinien au transfert d’autobus.

Faut croire qu’il y a pas assez d’eau qui touche au Canada.

samedi 20 octobre 2018

Gauche / Droite

En revenant d'Europe du Nord, où j'ai passé quelques jours en voyage, je suis revenu à la maison avec plusieurs réflexions et questionnements.

C'est vrai: les habitants de ces pays paient beaucoup de taxes et d'impôts, mais les gens sont plus civilisés, plus beaux et plus en santé que partout ailleurs (de ce que j'ai vu, du moins).

Les habitants de ces pays ont souvent des voitures dispendieuses ou pas de voiture du tout. On dirait que les gens riches ont des voitures qui vont avec leur niveau de vie et les gens de classe moyenne ou plus basse n'ont pas de voiture et optent plutôt pour la marche ou le vélo.

Ce qui me mène à la santé et l'environnement.

À Copenhague, des marées de cyclistes envahissent la chaussée, le matin et le soir. Des centaines de gens laissent leur vélo à l'entrée des stations de métro et continuent leur route de façon sous-terraine jusqu'à leur boulot.

Évidemment, les gens de Scandinavie n'ont pas notre climat, même s'ils vivent plus au Nord que nous. C'est surprenant, mais la ville de Bergen (en Norvège) est à la latitude du nord du Québec (Kuujuaq genre) mais le climat y est beaucoup plus doux. Ça permet aux gens d'avoir des moyens de transport peu impactés par la neige pour la plus grande partie de l'année (ce qui n'est pas notre cas).

Bien que tout ce qui s'y passe ne soit pas importable, j'admire ces sociétés. Et quand je suis revenu au Québec, plus précisément à l'aéroport de Montréal et que je suis entré dans le métro, j'ai vu autour de moi plein de pauvres types et de gens laids. Sans que tous les scandinaves soient beaux, ils ont nettement plus d'allure que le québécois moyen.

Les taxes et l'économie, c'est important. Je ne me réjouis pas à l'idée de payer plus de taxes et d'impôt. Je ne me réjouis pas à ce que 25 ou 50% de la population ne verse aucun impôt. Mais il y a plus que ça et la santé d'un pays ou d'une province est liée à plein d'autres choses. Bref, à choisir entre un pays assez fortement taxé ou les gens sont en santé, en sécurité et où la population est bien traitée et un pays déréglementé où la croissance économique est comparable à la Chine mais où tout le monde porte des masques pour ne pas respirer la pollution liée à une industrialisation débridée, je choisis sans hésiter la Scandinavie.

Tout le monde devrait aller là-bas. En revenant, on ne voit plus les choses de la même façon et tous ceux qui se réclament de droite ou de centre-droite s'adouciraient dans leur position. C'est mon cas.

samedi 25 août 2018

Facebook

Quand je regarde ma liste d’amis sur Facebook, je me demande pourquoi j’en flushe pas la moitié ou même les deux tiers. Probablement parce que d’avoir seulement 20 ou 30 amis me ferait sentir comme un loser. Je suis pas si indépendant d’esprit que ça, faut croire.

Non mais, des amis d’une autre époque, à qui j’ai pas parlé depuis 5 ou 10 ans, des anciens compagnons de classe ou voisins fréquentés pour la dernière fois en 1996, du monde qui se sacre de moi et/ou dont je me sacre... ça fait beaucoup de monde. J’imagine que la plupart des amis de l’utilisateur typique de Facebook sont d’un profil similaire. Ce qui m’incite à croire qu’une belle liste d’amis bien garnie est l’équivalent d’un trophée de chasse.

Parfois, pendant un trajet d’autobus quelconque, je regarde par la fenêtre et je suis subjugué par la quantité de gens qui m'importent peu (dans la vie comme sur Facebook). Et ce qui est paradoxal, c’est que ça m’arrive de temps en temps d’être déçu d’être peu considéré par beaucoup de gens. En d’autres termes, j’aimerais que davantage de gens spéciaux s’intéressent à moi. Et dans la plupart des cas, ces gens spéciaux ne se retrouvent pas dans ma liste d’amis Facebook.

lundi 9 juillet 2018

Se faire haïr

Depuis quelques jours, je me dis que j'ai le goût de recommencer à écrire. J'ai relu quelques vieux textes et ça m'a amusé. Pourquoi pas réessayer? De toute façon, personne n'a de grandes attentes à mon sujet.

J'ai commencé à bloguer en 2005. À peu près 10 ans plus tard, j'ai drastiquement slaqué. Et là, après un 3 ans de quasi totale absence, on dirait que j'ai un peu de jus à donner.

Je ne sais pas où en sont tous ces blogueurs de jadis. Je sais que certains ont stagné dans leur vie mais la plupart ont sans doute changé beaucoup. J'imagine qu'un grand nombre ont des enfants, comme moi. Certains sont peut-être même morts? Il semblait y avoir pas mal de dépressifs dans le temps...

Pour ma part, certaines choses ont stagné (je suis le même gars, avec la même personnalité et les mêmes défauts, par contre, j'ai probablement développé UN PEU ma diplomatie, mais pas plus que "un peu"). Au niveau familial et au niveau professionnel, les choses ont beaucoup changé et j'ai beaucoup plus à perdre aujourd'hui qu'il y a 5 ou 10 ans.

Comme j'ai atteint un niveau professionnel plus élevé que ce que j'aurais jamais pensé atteindre dans ma vie, j'ai des responsabilités qui vont avec. Et ça implique que je doive casser des oeufs pour faire des omelettes.

Certaines personnes accèdent à la gestion en visant constamment à faire le moins de vagues possible. Ils vont tolérer des employés désagréables, qui offrent un mauvais rendement, qui ne respectent pas les règles élémentaires, qui manquent de savoir-vivre... Pas moi. Moi, je prends les choses en main et je tiens mon bout jusqu'au bout. Évidemment, qui dit employé difficile dit employé qui se remet peu ou pas en question. Donc, quand tu prends en charge cet employé là qui est constamment négatif ou hargneux dans ses propos et ses actions, dans sa tête à lui/elle, c'est toi le problème (ou le harceleur, mot de plus en plus à la mode).

Donc, tu te fais haïr par quelques personnes. Quelques personnes connues par tout le monde comme étant des cas à problème, mais tu te fais haïr quand même. Haïr dans le genre que tu te demandes s'ils vont pas payer quelqu'un pour te flinguer.

Ça fait que ça use. C'est pas un objectif de vie de se faire haïr. Pis tu te dis qu'en contre-partie, t'as intérêt à profiter de tes temps libres et du confort que tu procures ton salaire.

C'est là que j'en suis actuellement.

mardi 15 mai 2018

Date anniversaire

Je suis toujours vivant. Pis j'ai pas changé. J'ai juste vieilli. J'ai la face plus maganée. Une année de plus à la fin trentaine, c'est probablement comme 5 années de plus dans la vingtaine en terme de pourcentage de changements. Sibole, j'ai jamais fumé pis j'ai pas abusé du soleil mais je commence à avoir des petites taches de vieillesse pis des rides.

Ceci étant dit, ça serait le fun de réapparaitre après un an en disant que je suis complètement différent. Ça serait surprenant. Pis dans le livre de ma vie, l'année 2018 pourrait être qualifiée de "il y a eu un avant et un après 2018". Mais non, malheureusement, c'est pas applicable. J'ai le regret d'affirmer qu'il n'y a pas vraiment eu d'année charnière dans ma vie. Plusieurs années ont été spéciales, mais aucune n'a été un tournant.

Si on veut qu'il se passe quelque chose dans notre vie, faut s'imposer une épreuve ou un défi hors norme.

Je le recommande à tout le monde. Mais je ne l'applique pas nécessairement.

lundi 15 mai 2017

On the top of the world

Parfois, je me dis que je suis rendu "on the top of the world".

L'expression est nettement exagérée, parce qu'elle était utilisée par les grands groupes de musique des années 70 et 80 lorsque ces derniers ont été brièvement les groupes les plus populaires de la planète.

Je ne suis pas une superstar et je ne suis pas riche. Mais quand je regarde les statistiques salariales, je vois que je suis pas loin d'être dans le 5% le plus riche de la province.

J'ai une blonde, deux enfants, une maison, pas vraiment de soucis hormis des soucis de riche non liés à la survie. Mes parents sont encore vivants. J'ai quelques amis avec qui j'aime bien passer du temps.

Je regarde autour de moi pis je vois des gars et des filles dans la trentaine, avec une petite job, en appart, célibataires pis je me dis que je déprimerais en maudit d'être à ce niveau là, dans la trentaine.

Et malgré tout, je déprime parfois de ma vie, sans raison majeure. Pourtant, si on dressait le diagramme de ma vie, ça donnerait une courbe constamment ascendante, si on exclue bien entendu le fait que je sois maintenant un adulte et que ça implique un déclin à divers autres niveaux.

Je peux pas me plaindre, mais je fredonne régulièrement "I still haven't found what I'm looking for".

mardi 28 mars 2017

Bilan

Voilà presque 7 mois que je n'ai rien écrit. Et pis ça m'a rien fait. Je suis tombé dans l'oubli de moi-même et sans doute de tout le monde. C'est dans ce temps là qu'on voit si on a vraiment le goût d'écrire ou non.

Ai-je le goût d'écrire? Un peu. J'ai le goût de faire un bilan, d'abord et avant tout.

C'est une très bonne période pour moi ces temps-ci.

Travail: Ça a probablement jamais si bien allé pour moi au niveau du boulot depuis... depuis toujours je dirais. Je suis dans une situation où j'ai plein de possibilités de progression de carrière. Mais je me dis aussi que je n'ai jamais été aussi discret à propos de ma job que depuis quelques années et il y a peut-être un lien à faire. Faque je ferme ma yeule pis j'apprécie le moment. On verra si ça se concrétise, mais même si ça se concrétise pas, j'ai la paix. J'ai une bonne job, un bon salaire, je me sens respecté pis je sers à quelque chose. C'est déjà mieux que la majorité des gens et mieux que tout ce que j'ai connu avant.

Famille: On s'est trouvés une place en CPE pour le bébé pis ça m'égaie allègrement. Je pensais qu'on allait être pognés pour retourner dans le système des ostis de milieux familiaux de marde gérés par des idiotes qui ont lâché l'école en secondaire 3. On a été chanceux et je loue Allah pour cette bénédiction. Outre cet élément, tout va bien, à tous les niveaux de la famille: couple, enfants, soeur, parents... Mon gars en arrache un peu à l'école et on lui a diagnostiqué un léger syndrome d'asperger. Mais bon, aujourd'hui, tout le monde a un putain de diagnostic pour expliquer son état. Ça me stresse pas ben ben, en autant qu'il réussisse ses études.

Temps libres: Je traverse une passe de travail intense combiné à des responsabilités familiales assez importantes (j'arrive du travail à 18h, je mange, pis je fais un peu de devoirs avec mon gars, ou je donne le bain au bébé, ou autre chose). Je me ramasse à 21h, effoiré sur un divan ou dans mon autre lieu de prédilection à relaxer en regardant des vidéos de Jimmy Fallon ou d'un de mes groupes de musique préféré sur Youtube. Le temps passe très vite. Demain j'aurai 65 ans.

Amis: Les amis vont et viennent. Ça a toujours été comme ça et ça va continuer à être comme ça au moins jusqu'à demain (mes 65 ans). Les gens ne donnent pas beaucoup de nouvelles. J'en donne assez peu moi aussi. Je me fais des nouveaux amis au boulot. Ils changent de job: je ne les vois plus trop. J'ai toujours trouvé ça plate de voir que des relations s'estompent sans raison, mais c'est la vie. "Qui a piqué mon fromage" m'a enseigné la perte. Quel incroyable bouquin. Certains définissent leur vie comme un avant et un après l'arrivée des enfants. Dans ma vie, il y a eu un avant et un après "Qui a piqué mon fromage".

Justice: Le voisin de chalet de mes parents est mort récemment. Ce type était la pire charogne que j'aie connue dans ma vie. Des dizaines de personnes ont dû célébrer sa mort après avoir attendu ce moment depuis des années (ça a probablement l'air vraiment sale de dire ça comme ça pour un oeil externe). Il n'en demeure pas moins que le monde est vraiment un endroit meilleur maintenant. On va avoir un osti de break, bien mérité. Et j'espère vraiment que Dieu n'existe pas car cette pourriture ne mérite pas la vie éternelle.

Ça me semble faire le tour. Ça m'a fait du bien.

dimanche 4 septembre 2016

Éclair d'inspiration

Ça fait des années qu'on me dit assez régulièrement que des gens croisés au hasard me disent que je leur fais penser à telle personne (généralement un acteur) ou à un allemand ou à un australien. Bien entendu, dans 80% des cas, quand on me dit que je ressemble à quelqu'un, la personne à laquelle on fait référence, c'est Jean-Thomas Jobin. J'en parle depuis plus de 10 ans.

Ça fait que, des fois, je suis un peu tanné pis j'aimerais ça que la tournure de la discussion soit différente. Pour ça, faut avoir un éclair d'inspiration soudain, ce qui n'arrive pas si souvent. 

En fin de semaine, j'étais dans un bar et j'ai croisé un gars avec qui j'avais travaillé par le passé. Après avoir engagé la conversation avec lui, une fille qui le connaissait est venue nous voir et s'est adressée à moi:

Fille: "Hey, tu me dis quelque chose toi!"
Moi: "Ben oui, j'ai déjà joué dans Watatatow"
Fille: "Ah oui?"
Moi: "Oui, je jouais la blonde de Michel Couillard. Tsé, elle qui avait le Sida."
Fille: "C'était qui?"
Moi: "Prends ton cellulaire pis cherches "Watatatow Sida" pis tu vas trouver".

Et la fille a pris son cellulaire et a défilé tous les personnages de Watatatow pour trouver de qui je parlais. On n'a jamais trouvé, mais c'est pas grave.

Mention spéciale à la fille pour avoir embarqué dans l'histoire. 

vendredi 12 août 2016

Le bonheur

J'approche de la quarantaine et j'ai toujours pas trouvé le bonheur. Je l'ai trouvé nulle part, pis j'ai essayé quand même pas mal d'affaires dans ma vie. En tout cas, pas mal d'affaires dans mon cercle d'intérêts.

Une image circule sur Facebook. Un bonhomme dessiné sur un tableau demande à un autre, à propos de sa cruche de bonheur: "Où tu l'as trouvé?" et l'autre lui répond: "je l'ai fait moi-même".

C'est ça le bonheur. C'est dans tes gênes ou ben dans ta tête dès le départ ou pas. Cherches d'autres niveaux de la pyramide de Maslow si le bonheur est pas dans ton code génétique. Cherches la sécurité, l'accomplissement, le confort, l'aventure, la nourriture...

Dans les premiers jours de ma vie de papa renouvelée, j'ai découvert quelque chose par la simple observation: après un biberon, ma fillette dormait, l'estomac complètement rempli, le visage relâché, comme quelqu'un qui ne cherche plus rien dans la vie.

Et c'est alors que j'ai réalisé qu'on cherche le bonheur toute notre vie mais que des bébés naissants l'ont eux-même trouvé.

Le bonheur, c'est un bébé qui vient de finir son biberon.

Après, le bonheur, ça devient mal plus compliqué. 

jeudi 14 juillet 2016

Suivi post accouchement

Voilà deux semaines et demi que j'ai eu ma fillette. Voilà donc deux semaines et demi que j'ai un étrange beat de vie et des nuits entrecoupées.

Voici quelques observations que j'ai faites jusqu'à maintenant:

1- Comment un bébé fille peut-il se pisser dessus (sur le ventre et même jusque sur le menton) quand je lui change sa couche? Aussi, comment se fait-il qu'elle se pisse dessus environ une fois sur trois quand je lui change sa couche? Pourtant, je fais ça très vite. L'air frais sur les parties génitales stimulerait les mictions?
2- Une vulve de petite fille, ça ramasse le caca. Y'a donc ben des plis là-dedans! C'était pas mal moins compliqué avec mon garçon (qui ne se pissait pas dessus autant, également);
3- Un biberon de bébé naissant, ça a vraiment un faible débit. Un biberon de 120 ml de lait est parfois bu en une heure. Notez ici qu'un petit jus oasis contient 200 ml et que n'importe quel adulte peut boire ces petits jus en 15 secondes. Précisons également que malgré le faible débit des biberons, le bébé est bien capable de s'étouffer avec une gorgée de 2-3 ml de lait;
4- Je précise que si le précédent biberon de 120 ml est bu en une heure, c'est que le breuvage est interrompu par des cacas, rots et surtout, nombreuses siestes. Bébé boit 5-10 ml puis s'endort 10 minutes. Le rot est parfois long à venir donc ça peut prendre 10 minutes de plus avant de recommencer à boire (si le rot n'est pas fait, le régurgi n'est jamais loin);
5- Un bébé, ça sent toujours bon (le corps et la bouche). C'est merveilleux que la mauvaise haleine arrive plus tard.

Donc voilà, tout se passe bien pour moi, même si je traine continuellement un fond de fatigue. Ma belle petite fille est en forme. Le soutien à sa survie, c'est parfois pénible (surtout à 4h du matin) mais c'est temporaire.

Anyway, quand cette étape sera terminée, y'aura autre chose.

Y'a toujours autre chose. 

dimanche 12 juin 2016

La version

Jusqu'à tout récemment, je ne savais pas que ça existait, mais on peut faire une "version" à une femme enceinte. Ça consiste à prendre le bébé au travers du ventre et le revirer pour qu'il se présente dans le bon sens pour l'accouchement.

Il y a des vidéos de l'intervention sur Youtube. C'est rapide et pas compliqué. Mais ça marche pas tout le temps.

On avait une version de planifiée il y a deux jours. On nous avait demandé de nous rendre à l'hôpital à 8h. Ça ne me semblait qu'une formalité. Rapide, efficace et suivie d'un retour aux occupations habituelles.

Eh bien, on a tout d'abord eu une échographie pour voir si la version était toujours nécessaire. Tout d'un coup que le bébé serait maintenant dans le bon sens, tsé. Mais l'échographie était négative: le bébé était en position assise. Un parfait exemple de siège.

Donc on retourne dans notre minuscule pièce isolée par un rideau. On se fait dire que le médecin a deux césariennes à faire avant de nous voir. On brette là toute la matinée. Vers midi, on se fait emmener au salon d'attente (salon avec des divans et une télé). Vers 12h30, on se fait emmener dans la salle des césariennes pour que la version soit tentée.

Le médecin aidée d'une externe essaie pendant environ 10 secondes de tourner le bébé, mais ça ne marche pas à son goût. Donc il arrête tout.

Par la suite, une prise de sang doit être faite pour voir si le sang du bébé et de la maman ne se sont pas mélangés. On est encore à jeun. En fait, on est à jeun depuis qu'on s'est couchés la veille. Vers 2h30 de l'après-midi, on se fait dire qu'on peut manger enfin.

On attend encore 2-3 heures avant de se faire voir par deux externes qui nous annoncent l'air grave qu'ils ont trouvé quelque chose dans la prise de sang. C'est-à-dire du sang du bébé et de la maman et non pas seulement le sang de la maman. Qu'est-ce que ça veut dire? Que les choses vont mal ou qu'on va faire une césarienne d'urgence pour intervenir? On sait pas.

On reste sous observation encore un bout. Puis, finalement, vers 17h30, après s'être fait dire que tout était correct, on peut quitter l'hôpital mais il faut rester vigilant au cas où il y aurait eu un décollement placentaire (événement un peu ennuyeux qui peut entrainer la mort du foetus).

Pour moi, c'est ça une version: 10 secondes d'intervention pour 10 heures de présence à l'hôpital.

mercredi 1 juin 2016

30 jours

Je reviens après une longue absence. Reviens-je pour le long terme? J’en doute, mais je vais essayer.

Ça a été ma première longue période sans écriture depuis 10 ans. Et je ne peux pas vraiment dire que le blog m'a manqué. Mais je me suis quand même dit que ce pourrait être une bonne idée d'écrire quelques nouvelles traces de ma vie.



Je reviens dans une salle vide et je suis parfaitement conscient que ça va pas se remplir après un, deux ou trois textes. Ça se remplira probablement même pas avec 25 textes. Mais bon, il faut écrire pour soi, pas pour les autres.



La raison principale de ce retour est que dans 30 jours, à moins d’une bad luck incroyable de la vie, je serai père une deuxième fois. J’ai hâte. C’est long, une grossesse. Avec ce deuxième enfant, je vais avoir atteint mon but principal dans la vie (attention au punch) : avoir deux enfants.



C’est dur de prendre de la distance par rapport à soi-même, par rapport à ce qui nous manque vraiment et ce dont on est satisfait. Au quotidien, tout est comme une grosse bouillie abstraite. Un mélange d’émotions dont on est pas certain de la couleur dominante: de l’ennui, à la fatigue, au dégoût, à la satisfaction, à la rigolade, etc. On sait jamais trop trop pourquoi on se sent comme on se sent. On sent juste un vague malaise, ou une vague satisfaction. Et presque tous les jours sont comme ça.



C'est tellement une habitude de pas exactement connaitre notre niveau de satisfaction qu'il faut se concentrer pour l'évaluer. Et quand je le fais, je réalise que j'ai jamais rien voulu de plus qu'une famille avec deux enfants. 

Faque c'est ça sti. Je suis à 30 jours d'atteindre l'objectif de ma vie.